Notes d’écoute : IA qu’à !

Un ingénieur IA lance l’alerte ! Maxime Fournes | LIMIT

But : créer une super-intelligence : résoudre tous les problèmes du monde (réchauffement, pauvreté) : possible sur le papier, mais implique qu’on soit capable de le contrôler, prise de risques énormes pour une utopie : lancent les dés pour tout le monde. IA : pas que du texte, de plus en plus d’infos sur le monde ; info biaisée mais la nôtre l’est aussi, peut-être plus. Persuasion : GPT4 peut persuader 80% plus de gens que des humains, on peut créer des super-persuadeurs qui vont se répandre dans la société, utilisés par des gens malintentionnés. Applis de rencontres : beaucoup d’IA se font passer pour des humains, on peut contrôler des humains comme on veut (idem réseaux sociaux qui renforcent notre vision du monde, bulle où l’on s’enferme).

Vases communicants : plus la machine pense à notre place, moins nous pensons par nous-mêmes. Problème : la machine ne pense pas, elle nous fait croire que. Derrière elle, des humains nous manipulent. Nous sommes le produit, l’IA nous façonne à son image, sans pensée. Quel monde sera (est déjà) un monde où l’IA pensera (mais en fait non) à notre place ? Nous serons peut-être persuadés que tout va bien, que nous n’avons plus à nous soucier des problèmes qui s’accumulent, puisqu’elle sait, elle, comment nous en débarrasser. Puis elle s’arrêtera (on n’arrivera plus à l’alimenter tellement elle est vorace) et nous serons démunis face à tout ce qu’elle s’est mise à faire à notre place et que nous aurons oublié. La bulle éclatera (nous serons dedans).

Journal du 29 novembre au 1er décembre 2024

Ce que j’ai lu

Lire et dire, est-ce c’est kif-kif ? Je lis, dans les Proférations de François Bon, ce qu’il a dit, ce que j’avais, mais je m’en souviens rarement, entendu, dans ses vidéos brèves. Le texte seul et la vidéo me semblent deux objets presque sans lien, mais pourquoi ? Le texte absorbe l’image et la voix, il les transforme, et ce n’est pas la voix de François, ce n’est plus sa tronche, c’est la mienne, et lisant François Bon c’est un peu comme si je devenais François Bon, à l’instar de ceci, qu’il écrit (ou qu’il dit ou qu’il fait) :

… | la ville tous les jours t’entends qu’on t’appelle eh toi | et puis hop c’est toi qui es devenu le toi | tu reconnais quelqu’un tu sais que tu l’as vu | t’étais qui quand tu l’as vu | et quand il te voit et qu’il dit eh toi | t’es grand t’es petit tu cours lent tu cours vite | tu sautes tu sautes pas t’attends ou tu t’en vas | eh toi et hop le toi c’est toi | homme femme tu changes quoi ça change quoi | …

Ce que j’ai vu et entendu

Peut-être la différence entre l’écrit et le vu-entendu se trouve-t-elle dans la mémoire. Je me souviens mieux de ce que je lis que de ce que je vois-entends. Mais aussi, c’est que je regarde des horreurs sur la montée de l’extrême droite et cette série, House of Cards, remplie de politiciens salopards (sous une de mes vidéos sur Céline, un commentateur s’offusque que je traite Louis-Ferdinand de salopard, mais lui ne se serait pas gêné, pas plus que Bonnie & Clyde Underwood).

Ce que j’ai fait

Ce calendrier de l’Avent uniquement pour mes amis, je m’amuse beaucoup à le confectionner : un texte bref (ces fenêtres qu’ouvre Baudelaire pour ce premier jour de décembre), un peu de musique (de la clarinette, encore et toujours, même si je ne joue pas assez et que mes gammes sont laborieuses, alors autant laisser jouer les pros) et une illustration que l’IA a l’amabilité de me donner en à peine quelques secondes. Et comme les lectrices de ce journal sont un peu mes amies, voici pour elles un peu de Baudelaire :

Journal du 23 au 28 novembre 2024

Ce que j’ai lu

La langue de François Bon dans ses Proférations forme et déforme la ville. La langue reste au plus proche de l’oralité, du surgissement, du rêve. Elle invente des univers familiers. On lit cela comme on écoute de la musique parce que c’est de la musique, de celle qui emporte ailleurs sans qu’on bouge, de celle qui la nuit vient nous déboulonner le cerveau.

ce que j’ai vu et entendu

L’Ensemble d’Harmonie de la Broye m’emmène le soir de mon anniversaire en Egypte. Des pyramides et des jardins d’IA, puis un arbre en feu devenant phénix, illustrent une musique mystérieuse où les clarinettes sont reines (j’ai tendance à n’écouter que les clarinettes, à les admirer, à regarder leurs doigts courant sur les clefs). Puis surgit le petit prince et décidément, Saint-Ex, je peine (tout cela, surtout quand le micro sature, est tellement nunuche) (c’est moi qui sature et je ne devrais pas) (l’essentiel est invisible… tu parles… ça pue le vieux catéchisme…) (pourtant, c’est écrit en 1943, et connaître le contexte sauve le texte) (puis il y a eu cette photo d’une Rose avec une rose et nunuche je le deviens aussi).

Ce que j’ai fait

Je prépare un calendrier de l’Avent pour mes amis, lecture en musique (des clarinettes, encore et toujours) de brefs textes en prose (Baudelaire, Rimbaud, puis des détours plus inattendus, sans doute y aura-t-il aussi une de ces proférations de François Bon). Y ajouter une illustration IA (au concert, ça donnait du relief à la musique et les ponts de Rimbaud, je suis bluffé).

Journal du 22 au 23 octobre 2024

Ce que j’ai lu

Bouquins que l’on referme, bouquins qu’on n’a pas encore tout à fait ouverts (on lit la préface, on a hâte d’entrer pour de bon dans le livre, à l’instar de ce manoir dont je n’ai pas encore retenu le nom, un petit bouquin à la tranche dorée trouvé dans une cabine, avec une dame dans ce manoir, un petit bouquin de six cents pages d’une des trois sœurs dont je découvre l’existence du frère dans la préface, les sœurs Brontë, Anne, je crois, la plus sage, dit-on, avant de préciser que le bouquin avait fait scandale en son temps).

Ce que j’ai vu et entendu

Des contenus entièrement conçus par l’IA, voilà ce que l’on trouve si l’on cherche sur YouTube des infos sur le stoïcisme, contenus qui n’ont en général rien à voir avec cette philosophie que d’aucuns (masculinistes bodybuildés en mal de justification à la leur brutalité indifférente) mettent en avant pour se faire, avouent-ils, un pognon de dingue. Mais Monsieur Phi veille au grain et ce qu’il dévoile est vertigineux : des milliers de chaînes avec le même contenu absurde et les mêmes images pourries. Il y a de quoi perdre son sang froid mais mieux vaut rester stoïque.

Ce que j’ai fait

Lire Derborence en commentant ce que je lis, un plaisir que je m’offre, mais écrire aussi et me donner un rôle : le professeur Vincenzo Francescolino fait son grand retour. Et aussi : me durcir le bout des doigts à la guitare (je peine terriblement). Sinon ? Me rendre compte que les vacances, ça avance bien trop vite.

journal du 26 juin au 1er juillet 2024

Patatraque, patraque, ralenti, effrayé (le monde autour), mais malgré tout lire, voir, écouter, faire. On s’accroche.

Ce que j’ai lu

Un monde sans travail ? Bouquin d’économie d’un certain Daniel Susskind, à propos de l’impact de l’IA sur le monde du travail. Fin du travail ? Peut-être. De plus en plus de tâches, écrit-il, n’auront – n’ont déjà – plus besoin d’humains pour être effectuées, les machines devenant beaucoup plus performantes que nous. Je lis avec intérêt puis tombe sur cette phrase : « […] l’empiètement sur les tâches se révèle aussi sûr que n’importe quel phénomène historique. À moins d’une catastrophe – guerre nucléaire, peut-être, ou effondrement écologique général –, il est certain qu’il se poursuivra. » Il n’est jamais question, dans ce livre, d’écologie. Or l’effondrement écologique général, présenté ici comme une hypothèse, est en cours, ce qui rend sans doute obsolète la démonstration de Daniel Susskind. Quant à la guerre nucléaire, les gens qui arrivent ou qui sont au pouvoir n’incitent pas à la confiance. Quand on parle d’IA et de robotisation, on ne dit jamais combien d’énergie ça nécessite et quels en sont les effets sur le climat. Or, la question fondamentale de notre temps est bien celle de l’effondrement écologique général, qui rend toutes les autres questions secondaires (même si visiblement tout le monde s’en fiche, du climat).

Ce que j’ai vu

Fascination morbide pour l’effondrement des voisins (en Suisse, on a toujours l’impression, fausse, d’être à l’abri des remous du monde). La réalité n’a plus aucun impact sur ce que pensent et ce que votent les gens, la rhétorique non plus. Voilà ce que montre Clément Viktorovitch en observant l’un des débats des élections françaises. Le candidat de gauche développe son point de vue de manière rationnelle et argumentée à propos de l’immigration (on peut ne pas être d’accord mais de fait il y a des arguments qui sont énoncés). Que lui répond le candidat d’extrême droite ? « Jean Moulin est de retour » puis « ben voyons ». C’est tout ? C’est tout. Il se moque d’une figure majeure de la Résistance, prouvant ainsi sa totale ignorance (ou manipulation) de l’Histoire, puis il pique à Zemmour ses tics, mais aucun argument n’est donné. Bref, d’un point de vue rhétorique, il se vautre complètement, prouvant son incompétence, sa bêtise et son mépris. Pourtant, cette attitude pitoyable n’entame en rien son succès, le réveil de la bête étant d’ordre pulsionnel, instinctif, en-deçà du langage. Que faire face à un tel effondrement des valeurs fondamentales ? Résister, tant qu’on peut (mais déjà certains louvoient).

Ce que j’ai entendu

Peut-on encore entendre quelque chose dans une telle cacophonie ? J’écoute des podcasts d’une oreille, n’en retiens rien. Il y est question d’histoire, d’éducation, d’ouverture au monde, mais à quoi bon ? Justement : résister.

Ce que j’ai fait

La voix part en vrille, alors je chante Renaud, sans savoir qu’on m’écoute. On m’applaudit depuis le trampoline. Sinon, malade, je transpire et je dors. Écrire ? J’essaie de ne pas décrocher du train des 40 jours d’écriture mais prends du retard. On relancera la machine quand on aura retrouvé un peu d’énergie.

Journal du 5 au 6 mai 2024

Ce que j’ai lu

Deux Nouvelles exemplaires de Cervantes : La petite gitane et L’amant libéral. Qu’entend-il par exemplaires ? Doit-on prendre en exemple cette gitane et cet amant ? Leurs aventures rocambolesques sont pourtant bien éloignées de notre quotidien. Nous ne sommes ni sur les routes d’Espagne ni esclaves des Turcs sur l’île de Chypre et surtout ces histoires de fascinations amoureuses qui transcendent toute réalité, on les lit avec un scepticisme de vieux garçon qui se garde bien de se laisser happer par des Précieuse, des Léonise ou des Dulcinée dès le premier regard au point de devenir soi-même gitan ou esclave. Il y a néanmoins une fraicheur, une naïveté et un sens de l’aventure dans ces nouvelles que nous lisons non pas finalement comme des exemples mais comme des contes dont peu importe la morale.

Ce que j’ai vu

Toujours Les 100. La planète devenue inhabitable, l’espoir que la technologie nous sauve et la déception quand on s’aperçoit que les progrès mirifiques de la science ne peuvent tirer d’embarras que quelques privilégiés qu’il s’agit de choisir en évitant qu’eux-mêmes s’entretuent. Un conte dont la morale importe.

Ce que j’ai entendu

Un humoriste de gauche viré pour antisémitisme à l’heure où la parole d’extrême droite a pignon sur rue, qu’est-ce que ça raconte de notre monde ? Guillaume Meurice, que pourtant la justice a blanchi, n’a pas le droit d’insulter un facho comme Netanyahu alors que se pavanent partout les Le Pen et autres Zemmour, qu’est-ce que ça insinue dans la tête des gens ? Assurément de la confusion (par exemple sur le sens du mot antisémitisme), peut-être pire.

Ce que j’ai fait

Cette chanson sur l’IA, j’y insère bien des grossièretés, mais ce n’est pas vraiment une chanson sur l’IA, c’est une chanson sur le fatras numérique, le grand tout et n’importe quoi des réseaux, la dématérialisation de la vie. On ouvre certes des espaces sur Internet où l’intelligence tente de supplanter la bêtise mais la bêtise détient la force du nombre et c’est bien là le problème : intelligence artificielle mais connerie naturelle.

Journal du 30 avril au 2 mai 2024

Ce que j’ai lu

Michel Desmurget, La fabrique du crétin digital : écrivant ici, est-ce que j’y participe ? Osons espérer que non. La démonstration est pourtant convaincante : les écrans envahissent nos vies et ce n’est pas pour notre bien. Ce n’est surtout pas, selon Desmurget, pour le bien des digital natives, parce que malheureusement ce n’est pas sur ce blog qu’ils tombent, et que les écrans empêchent, à l’âge où c’est crucial (avant six ans, martèle-t-il, tout écran est à proscrire), l’interaction avec d’autres humains. Après, ça continue de nuire, ça entrave l’apprentissage de la langue et la réussite scolaire, ça favorise le tabagisme, l’alcoolisme, l’obésité et la dépression. Alors que faire ? Tout couper ? Sans doute pas, mais continuer à lire des livres en vrai, et en parler ici dans le but de donner envie aux accros de l’écran de parfois y échapper, à ces satanés écrans.

Ce que j’ai vu

Les séries, c’est du temps d’écran néfaste, si j’en crois Michel Desmurget. Les 100 n’échappe pas à la règle : violence à outrance et corps humains monstrueux (femmes anorexiques sauf de la poitrine et hommes aux torses de taureau qu’on ne croise que dans les salles de sport, et encore, une petite piquouze est bien souvent nécessaire pour gonfler de la sorte). Pourtant, je continue à consommer cette série et à y trouver mon compte (histoire de dopamine sans doute mais peut-être aussi allégorie de notre monde).

Ce que j’ai entendu

Very good trip : de la musique rock ou actuelle, histoire de ne pas être trop largué, même si j’oublie à mesure le nom des groupes (sauf Nirvana qui me ramène à mon adolescence : c’était la musique que mes copains écoutaient, mais pas moi) (trop décadent pour le sage môme que j’étais) (pourtant le désespoir de Kurt Cobain, son mal de vivre, ça aurait pu me parler) (sauf que je n’y pigeais rien, à ce romantisme-là).

Ce que j’ai fait

Cette chanson sur l’intelligence artificielle, je l’aimerais très bête mais pas trop cliché, tout en en étant bourrée, de clichés. Quadrature du cercle. Il ne s’agit pas de mettre le livre de Desmurget en musique mais pas non plus de faire l’apologie de ChatGPT (à qui je pourrais faire écrire un couplet, mais je crains que l’intelligence artificielle ne comprenne pas la consigne sois le plus con possible).

Journal du 27 au 29 avril 2024

Ce que j’ai lu

Lire avec empathie : Muriel Barbery, Une seule rose ; le début de Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre. Cette femme qui découvre le Japon, son père, l’amour d’un homme, les fleurs (la rose bien sûr, c’est-à-dire elle-même ; une seule rose, c’est toutes les roses, écrivait Rainer Maria Rilke ; Rose is a rose is a rose, ajoutait Gertrud Stein ; et rose elle a vécu ce que vivent les roses, on pourrait effeuiller la rose encore longtemps) ; cet enfant qui en tue un autre par accident (je n’ai lu que deux chapitres, je ne sais pas la suite) ; je les lis, la femme et l’enfant, avec une sorte de solidarité, je me sens concerné par ce qui leur arrive (je sais que ce n’est qu’un effet de l’écriture, un truc de point de vue, un subterfuge de romancière), et je me dis que ça m’aide, dans la vie avec les vraies gens, à aussi me sentir concerné par leur vie (on peut si facilement se tromper). Lire des romans (c’est un truc que j’ai retenu de Faites-les lire ! de Michel Desmurget) ça développe l’empathie (le cours d’empathie n’est pas nécessaire, celui de littérature suffit).

Ce que j’ai vu

Dilemme moral : sacrifier une personne pour sauver l’humanité entière, est-ce faire le bien ? Dans Les 100, c’est permanent, cette question de qui sauver qui sacrifier, mais est-ce la question qui nous est posée en cette période de fin d’un monde ? Peut-être pas. Ce qu’il faudrait sacrifier, c’est un mode de vie, mais même ça, nous n’y arrivons pas, alors le martyre pour la survie de l’humanité, on dirait bien que c’est foutu : chacun pour sa gueule (sauf si on lit des romans et qu’on chope l’empathie).

Ce que j’ai entendu

De la musique de messe qui se veut moderne, avec chanteuses sourdes, guitare basse et batterie : quand on songe à tous les chefs-d’œuvre de la musique sacrée, on comprend que Dieu se soit barré, en entendant ce qu’est devenue la pseudo-musique de messe.

Ce que j’ai fait

Le curé a parlé d’élaguer, au début de son sermon (après, je n’ai plus écouté). Je me suis mis à réfléchir (j’ai eu le temps, la messe a duré plus de deux heures). J’ai décidé d’élaguer mes écritures. Quatre : c’est le nombre de projets d’écriture que je retiens. Celui-ci, le carnet, l’écriture de 17h17 et les chansons (IA, c’est le titre de la nouvelle, il y est question d’intelligence artificielle et de connerie naturelle, j’aimerais y être particulièrement con).

Journal du 8 au 9 avril 2024

Ce que j’ai lu

Phase de lecture tous azimuts, rien qui accroche au point de s’y plonger à fond (fini cette bande dessinée, Animan, loufoque au possible, mais grapillé aussi quelques mots dans Flaubert, son projet d’un roman qui se serait appelé La Spirale, dans Franck Thilliez, mais je me lasse, dans La fabrique du crétin digital de Michel Desmurget, dans Montaigne, dans Dante, dans L’Histoire, un article sur les nouveaux manuels d’histoire en Russie ou comment en effet fabriquer des crétins et de bons petits soldats prêts au massacre).

Ce que j’ai vu

Toujours Les 100, barbarie geek, les hommes manipulés par l’IA, les pires horreurs commises au nom de la lutte contre la souffrance (faire souffrir parce qu’on ne sait pas souffrir soi-même) (un mélange de propagande poutinienne et de crétinisme digital sur fond de lutte des clans) (ce paradoxe au cœur de nos obsessions : le progrès technique facteur de régression humaine) (cette impression : on y vit déjà un peu, dans ce monde-là).

Ce que j’ai entendu

Le cours de l’histoire n’est pas un long fleuve tranquille, ce n’est pas le Nil des pharaons et des bâtisseurs de pyramides, qui n’étaient, apprends-je, pas tous des esclaves, et d’esclavage il est aussi question quand il s’agit des africains-américains, de ces cow-boys noirs, apprends-je aussi, et de ces camps militaires où les soldats étaient noirs et les officiers blancs et où on formait mal les futurs combattants pour mieux affirmer par la suite qu’ils n’avaient pas l’étoffe de héros (cela a lieu pendant la Deuxième Guerre mondiale, pendant qu’on disait se battre contre les affreux racistes nazis, comme quoi il n’y a pas qu’en Russie poutinienne qu’on manipule l’histoire).

Ce que j’ai fait

La corne au bout des doigts se forme. Pourtant, je m’acharne toujours sur les mêmes accords et ne parviens pas à passer de l’un à l’autre sans moultes hésitations, alors qu’à la clarinette il faut tricher malgré la peine qu’on prend à répéter sans cesse les mêmes traits : impression d’être en musique un éternel débutant. En écriture ? Impossible de me concentrer longtemps sur un même texte (comme pour la lecture, il y a un temps pour tout).