Un monde femmes qui oppresse les femmes, est-ce cela La servante écarlate ? Un monde oppressant pour les femmes (est-ce nouveau ?). Petit à petit des brèches s’ouvrent, mais peut-être sont-ce des pièges. On est enfermé dans un système, on n’a aucune chance de s’en sortir, on essaie quand même. Est-ce si différent de notre monde ?
Ce que j’ai vu et entendu
Fin de House of cards, mélange de politique et de crimes, dans une Amérique dont la démocratie s’effondre. Toujours la même question : est-ce si différent de notre monde ?
Ce que j’ai fait
Ces fenêtres de l’Avent découpées dans des livres, il faudrait les prolonger, appeler cela Au cœur des livres, ouvrir chaque livre de ma bibliothèque et lire ce que se trouve pile au centre (François Bayrou est premier ministre, le centre est à la mode, dirait-on), y ajouter de l’image et du son, parcourir ainsi toute ma bibliothèque. On essayera (si on trouve le temps).
Lire et dire, est-ce c’est kif-kif ? Je lis, dans les Proférations de François Bon, ce qu’il a dit, ce que j’avais, mais je m’en souviens rarement, entendu, dans ses vidéos brèves. Le texte seul et la vidéo me semblent deux objets presque sans lien, mais pourquoi ? Le texte absorbe l’image et la voix, il les transforme, et ce n’est pas la voix de François, ce n’est plus sa tronche, c’est la mienne, et lisant François Bon c’est un peu comme si je devenais François Bon, à l’instar de ceci, qu’il écrit (ou qu’il dit ou qu’il fait) :
… | la ville tous les jours t’entends qu’on t’appelle eh toi | et puis hop c’est toi qui es devenu le toi | tu reconnais quelqu’un tu sais que tu l’as vu | t’étais qui quand tu l’as vu | et quand il te voit et qu’il dit eh toi | t’es grand t’es petit tu cours lent tu cours vite | tu sautes tu sautes pas t’attends ou tu t’en vas | eh toi et hop le toi c’est toi | homme femme tu changes quoi ça change quoi | …
Ce que j’ai vu et entendu
Peut-être la différence entre l’écrit et le vu-entendu se trouve-t-elle dans la mémoire. Je me souviens mieux de ce que je lis que de ce que je vois-entends. Mais aussi, c’est que je regarde des horreurs sur la montée de l’extrême droite et cette série, House of Cards, remplie de politiciens salopards (sous une de mes vidéos sur Céline, un commentateur s’offusque que je traite Louis-Ferdinand de salopard, mais lui ne se serait pas gêné, pas plus que Bonnie & Clyde Underwood).
Ce que j’ai fait
Ce calendrier de l’Avent uniquement pour mes amis, je m’amuse beaucoup à le confectionner : un texte bref (ces fenêtres qu’ouvre Baudelaire pour ce premier jour de décembre), un peu de musique (de la clarinette, encore et toujours, même si je ne joue pas assez et que mes gammes sont laborieuses, alors autant laisser jouer les pros) et une illustration que l’IA a l’amabilité de me donner en à peine quelques secondes. Et comme les lectrices de ce journal sont un peu mes amies, voici pour elles un peu de Baudelaire :
Lire en temps de brouillard et d’effroi (pas encore de nuit), relire La Peste parce que la voix de Camus redevient d’actualité, qu’il va falloir entrer en résistance, qu’il va falloir remettre la morale au cœur de la pensée, et en parallèle à Camus lire cette Étrange défaite où Didier Fassin lui aussi se place sur le plan moral pour dénoncer les discours (le mot qui vient est négationnistes mais ce n’est pas celui qu’il utilise, il faut se méfier des adjectifs) qui relativisent ou justifient le génocide en cours à Gaza (les faits sont là, semble-t-il). Bref, face à la défaite de la morale la plus élémentaire (ne pas mentir, monsieur Trump, par exemple), il faut nous armer. Certaines lectures le permettent.
Ce que j’ai vu et entendu
L’étrangeté qu’il y a à regarder la série House of Cards, une série où le président des États-Unis est un ignoble individu mais qui semble pourtant inoffensif, si on le compare à celui qui arrive. Et pour se distraire, écouter de la bonne vieille chanson française, même si Charles Aznavour fout le bourdon quand on est seul (hier encore, j’avais vingt ans, le temps passe, mes amours sont mortes avant que d’exister, comment voulez-vous ne pas déprimer ?).
Ce que j’ai fait
Mes propres chansons, que je viens d’envoyer à quelques musiciens parmi mes amis, sont-elles déprimantes elles aussi ? Solitude d’été à coup sûr, Vieux garçon aussi mais l’espoir fait vivre, Feuille d’automne un peu, Journal intime peut-être (il y a encore onze chansons que je ne crois pas déprimantes et une idée, Mascu muscu, pour rentrer dans le lards de ces masculinistes dont le rôle est si délétère dans le monde d’aujourd’hui, une chanson plus rock que les autres, mais pas trop testostéronée).
Cette Dame du manoir de Wildfell Hall avale couleuvre sur couleuvre. Son mari boit, la trompe, la séquestre, mais elle reste digne, car la mauvaise réputation lui retombera dessus. Nous sommes dans l’Angleterre du dix-neuvième siècle. On ne disserte pas sur la charge mentale et l’émancipation des femmes mais c’est bien de cela qu’il s’agit, d’hommes qui croient avoir tous les droits et de femmes qui en subissent les conséquences. C’est cette mentalité qu’il a fallu et qu’il faut encore combattre. Anne Brontë a fait figure, peut-être sans le savoir, de pionnière.
Ce que j’ai vu et entendu
J’ai vu des voix (j’ai imaginé les voir), des voix à nu, des voix qui disaient des vies (Yolande Moreau, Maryse Condé, Daniel Cordier) et j’aime cette nudité du témoignage, cette fragilité (Yolande Moreau, en particulier, qui cherche ses mots, se cherche dans ses mots, laisse ses doutes se dire). D’autre, pendant ce temps, hurlent, en Amérique. J’aimerais vivre dans un monde qui ignore le nom du président des États-Unis (tout en regardant House of Cards en me disant que la réalité est pire que la fiction).
Ce que j’ai fait
Reprise du travail. Pour le reste, on boutique, on bricole, on se laisse bercer par le brouillard.
Toujours Jacques Abeille, Le veilleur du jour, lecture hypnotisante, toute de volupté et de vague menace, langue merveilleusement alambiquée, errances en des lieux étranges, grandioses, familiers on ignore pourquoi. On perd parfois le fil de l’écriture funambule, mais on ne tombe jamais. On vole.
Ce que j’ai vu et entendu
J’écris sur fond baroque (Bach, violon, clavecin, musique calme, à quoi succède ce fameux menuet de Boccherini trop entendu) mais je pense aux intrigues politiques, les vraies qui font froid dans le dos, Trump déclarant, viens-je de lire, que l’attaque du Capitole était un jour d’amour, et les fictionnelles, celles de House of Cards, où la quête du pouvoir rend assassin (les électeurs de Trump peut-être croient que ce démocrate dans la série est un personnage réel comme les QAnon croient que leurs adversaires violent des enfants pour en sucer le sang) (mais Giora Feidman joue Shalom Alekhem, qui en hébreu veut dire paix sur vous) (la musique est la seule qui peut nous sauver de la politique).
Ce que j’ai fait
De la musique (jamais assez) et de l’écriture (ces photos de 17h17 dont les textes qui les accompagnent paraîtront un an après) (et le spectacle pour le centième de la fanfare qui piétine mais qu’il faut avancer).
La langue fascinante (au sens propre, on lit halluciné, souvent poussé à la rêverie) du Veilleur du jour de Jacques Abeille : ce matin, les lettres se mélangeaient devant mes yeux quand se fondait une ville au sortir de mon sommeil, ville au cœur de laquelle un homme veille, une étudiante écoute, une foule passe sans savoir les mystères cachés derrière ces murs que les mots érigent. Je suis de cette foule.
Ce que j’ai vu et entendu
Tout toujours est politique, haute et basse politique, plus souvent basse que haute, et la politique est une affaire de mots. Passent Machiavel et des politiciens machiavéliques (House of cards, la politique n’est qu’affaire de pouvoir qu’on cherche à obtenir puis à garder par tous les moyens, le machiavélien frôlant sans cesse le machiavélique) (et les macronistes qui de leur côté s’accrochent, quitte à dire n’importe quoi, pour le plaisir des maîtres en rhétorique humoristique, qui, dans un exercice jouissif mais vain, ont beau jeu de démonter une par une les inepties proférées contre la réalité) (et Trump pendant ce temps parle et il est encore des gens, beaucoup de gens, pour l’écouter) (et les autres, les Poutine et compagnie, tuent pour rester) (Machiavel a de beaux jours devant lui).
Ce que j’ai fait
Commencement de vacances : on aimerait faire beaucoup de choses, mais demain. Aujourd’hui, c’est dimanche, on a le temps (et lundi on repoussera à mardi). L’objectif : ne pas tout garder dans mon coin, trouver des gens avec qui aller plus loin, des musiciens pour mes chansons, et relancer des éditeurs pour Grange, puisque cela fait une année de silence et que je n’ai pas tout tenté.