Ce que j’ai lu
Lectures tous azimuts, mais n’évoquer ici que mes lectures de nuit, lectures étranges, rêvées, en suspension, lectures dont on ne sait pas trop ce qu’elles veulent, ce qu’ils veulent, les auteurs, du pauvre lecteur insomniaque, lecture de Claro, Sous d’autres formes nous reviendrons, lecture de Pascal Quignard, Le lecteur, lecture de Peter Handke, Outrage au public, lectures qui poussent à réfléchir et qui empêche en même temps le mouvement, lecture d’annihilation, de mort, de ressassement, memento mori, ne pas oublier de mourir, de mourir en tant que lecteur, de mourir en tant que spectateur, lecture qui s’efface au moment même où elle se lit, lecture qui replonge dans la rêve ou le cauchemar parce qu’on n’en sort pas, du livre, du lit, de la mort, du spectacle • annulé ; coulé très bas ; perdu corps et bien ; tombé au gouffre ; détruit comme au plus simple absorbé par son livre ? • (Pascal Quignard) (cité à la manière de Claro)
Ce que j’ai vu
La fin de Breaking Bad. Les fins de série sont toujours décevantes (pourquoi faut-il toujours qu’elles aient une fin ? est-ce que ce qui déçoit, c’est le fait que ça se termine ? est-ce que j’aurais aimé en voir plus ? non, le problème, c’est peut-être la forme série, le formatage, même quand on dit que c’est la série la plus ceci cela, ça reste une série, mais ne boudons pas notre plaisir, mine de rien on s’accroche, on est en terrain familier, on ne peut pas passer sa vie dans le vertige de l’écriture d’un Pascal Quignard, on a besoin de retomber dans le tout-venant, dans la fiction en série, la pop-culture, sans fausse honte, simplement, mais le vertige, on y revient, j’ai vu aussi ce documentaire d’Arte sur le multivers, ces savants qui affirment qu’il y a une infinité d’univers et que s’il y a une infinité d’univers, nous avons forcément des doubles dans d’autres univers et qu’il y a forcément un singe quelque part qui par hasard a écrit le Hamlet de Shakespeare ou Le lecteur de Quignard ou un dernier épisode de Breaking Bad complétement différent de celui que j’ai vu).
Ce que j’ai entendu
Beaucoup de musique (plus entendue qu’écoutée), musique de fond pour lire ou pour ne rien faire (penser en musique, mais pas vraiment penser, la musique interfère, elle endort) ; des podcasts (me gaver de culture, mais qu’est-ce qu’on retient ? de l’histoire, de la psychologie, de la poésie, le témoignage de cet ancien adepte de l’anthroposophie ou comment l’esprit humain peut être détruit par des élucubrations devenues dogmes).
Ce que j’ai fait
Guitare et chansons, difficile apprentissage, on essaie, on ne sait pas trop si ça tient la route (ces chansons, il faut que je trouve quelqu’un pour les faire avec moi, on m’a proposé un guitariste dont j’ai oublié le nom, et il y a celles et ceux avec qui pourquoi pas, mais me lancer dans le show, je repousse sans cesse) et écrire là aussi tous azimuts, ces écritures de 17h17 (depuis 2021, j’ai enregistré des sons, dix-sept minutes de sons chaque jour, puis, longtemps après, j’écris pendant dix-sept minutes avec ces sons) (depuis le dernier jour l’année passée, les sons sont devenus photos, postées sur Instagram, histoire que cela ait un sens de m’exhiber sur Instagram) (ces photos, quand l’écriture des sons s’achèvera, deviendront supports à écriture, peut-être, bien plus tard). Et une satisfaction : avoir écrit un peu ce livre des Grottes, m’être pendant quelques minutes (c’est peu mais c’est plus que ces derniers temps) perdu dans une longue phrase (trop courte encore mais l’espoir demeure de retrouver l’énergie du temps de l’écriture de Grange, livre lancé dans le multivers de l’édition, peut-être perdu dans un trou noir).