Yves Swolfs : Durango

Le western à l’état pur, avec des personnages qu’on dirait tout droit sortis des films de Sergio Leone, voilà Durango, textes et dessins d’Yves Swolfs (puis dessins d’Yves Girod et Iko) :

  1. Les chiens meurent en hiver, édition des Archers, 1981.
  2. Les forces de la colère, édition des Archers, 1982.
  3. Piège pour un tueur, édition des Archers, 1983.
  4. “Amos”, édition des Archers, 1984.
  5. Sierra sauvage, édition des Archers, 1985.
  6. Le destin d’un desperado, édition des Archers, 1986.
  7. “Loneville”, édition des Archers, 1987.
  8. Une raison pour mourir, Dargaud, 1988.
  9. L’or de Duncan, Alpen Publishers, 1990.
  10. La Proie des chacals, Alpen Publishers, 1991.
  11. Colorado, Alpen Publishers, 1992.
  12. L’Héritière, Alpen Publishers, 1994.
  13. Sans pitié, Alpen Publishers, 1998.
  14. Un pas vers l’enfer, dessin d’Yves Girod, Soleil, 2006.
  15. El Cobra, dessin d’Yves Girod, Soleil, 2008.
  16. Le Crépuscule du vautour, dessin d’Yves Girod, Soleil, 2012.
  17. Jessie, dessin d’Iko, Soleil, 2016.

Mais d’où vient Durango ? C’est ce qu’on découvre dans les trois albums de Durango, La jeunesse, scénario d’Yves Swolfs, dessin de Roman Surzhenko et couleur de Jackie de Gennaro, publiés aux éditions Soleil :

  1. Le premier homme que tu tueras (2022)
  2. De feu et de sang (2023)
  3. Captain Owens (2024)

Journal du 18 au 20 juillet 2024

Ce que j’ai lu

Il fait chaud. On s’enferme un peu dans Silo origines mais on a besoin de grand air (pourtant on est à la piscine, le ciel est bleu, on a la chance de vivre dehors, l’air n’est pas (encore) totalement empoisonné), alors on feuillette des bandes dessinées, la jeunesse de Durango, le Far West (on n’en sort pas, de cette fascination, comme l’enfant de Grange), des coups de pistolet en veux-tu en voilà et de l’aventure quand tout ici est si calme.

Ce que j’ai vu et entendu

(il y a du visuel dans l’auditif et de l’auditif dans le visuel, c’est pourquoi nous ne distinguerons plus les deux, ou pas systématiquement, on verra bien, bien entendu)

Dans la moiteur étouffante d’une salle de gymnastique, les enfants (et les grands enfants) du camp de l’EJIB présentent le résultat d’une semaine de travail (et de plaisir, et d’amitié). Ils sont tantôt chapeautés, tantôt vêtus de toges à la romaine, à la grecque, à la viking, à l’égyptienne, à l’australopithèque, à la caraïbe, et nous voyageons avec eux dans le temps, de l’Orient à l’Amérique, avec pour finir un retour vers le futur que malgré la torpeur d’un soir torride le public redemande. Musique amateur, dit-on. Aimer la musique, dès l’enfance, pense-t-on. La musique adoucit les mœurs. Espérons que ces enfants continueront à diffuser l’enthousiasme qui fut le leur durant une semaine.

Ce que j’ai fait

Blues pour les nuls, ça s’appellerait, puisque c’est tiré tout droit de La guitare pour les nuls, qui avec les accords E7, A7, B7 (touché coulé), propose de préférer des chansons sur la trahison, l’infidélité, le fric plutôt que sur les taux d’intérêt en hausse (pourtant c’est aussi une histoire de fric, non ?) et de dire « ma meuf s’est fait la malle » plutôt que « ma partenaire a été insensible à mes besoins » (l’histoire devant se passer à Fleury-Mérogis, mais je n’en ai aucune idée où c’est). Bref, ma dernière chanson s’appelle Ma meuf s’est fait la malle (ou Blues pour les nuls) et comme je ne suis pas en plein chagrin d’amour, ça donne un blues pas sérieux (comme le fameux Blues de Neuilly de Gilbert Laffaille) (fameux, c’est peut-être exagéré) (mais écoutez quand même, ça vaut le coup) (où se trouve Fleury-Mérogis par rapport à Neuilly ?).

Journal du 28 au 29 décembre 2023

Ce que j’ai lu

Picorer dans les livres et les revues. Ouvert à peine ce livre de philo, La rencontre, par Charles Pépin, livre qu’on peine à lire seul (comment s’ouvrir à la rencontre, voilà ma question, une question de plus en plus difficile à résoudre, avec le temps), puis les aventures d’Isaac le pirate, par Christophe Blain, un livre où les rencontres fourmillent, pas toujours agréables, puis L’auteur ! l’auteur !, ce personnage-auteur dont on suit les premiers pas au théâtre (le titre, c’est le cri des spectateurs à la fin de la pièce), encore une histoire de rencontre, celle d’un homme seul avec une troupe puis avec un public (lire, c’est toujours une rencontre), puis Don Quichotte, les amours croisées de Cardénio, Dorothée, Lucinde, Dulcinée, rencontres fulgurantes et fuites tragiques, et l’ouverture du Journal d’un mot d’Emmanuelle Cordoliani (la rencontre avec les mots, essentielle elle aussi), et encore un autre bouquin, Pourquoi nous ne faisons rien pendant que la maison brûle ?, le terrible bilan que font Lydia et Claude Bourguignon de l’état du sol, de l’eau, de l’air, et ce silence (la rencontre ici ne se fait pas, celle entre les hommes et la terre).

Ce que j’ai vu

Le génie, qu’est-ce que c’est ? Je suis avec intérêt ce qu’en raconte Ann Jefferson, entre littérature et pathologie, puis savoure des voix lisant, des paysages, des visages, Michel Brosseau avec Jacques Dupin, Juliette Cortese avec Laurent Stratos (des rencontres, encore, mais le génie est-il capable de rencontrer ?) et me vautre devant Breaking Bad, dernière saison, tout pète entre Walter et Jessie (la rencontre, quand ça va trop loin…) comme tout pète entre Bibi (c’est le surnom sympathique qu’on donnait à cette ordure dont je ne vais pas citer le nom) et le peuple d’Israël.

Ce que j’ai entendu

Laurent Gerra, c’était plus drôle il y a dix ans (il ne passait pas son temps à taper sur les écolos) et Pierre Desproges, c’était encore plus drôle (c’est un peu mon quart d’heure humour de droite), mais écoutons plutôt Anne Sofie von Otter chanter en français (c’est du moins ce qui est écrit sur le disque parce je n’y comprends rien et lire des noms comme Stéphane Mallarmé et n’y pas piger un mot peut-être bien que c’est hermétique mais j’ai de la peine : s’il y a un texte, c’est qu’il doit être entendu, non ? alors tant pis pour Mallarmé, je lis Don Quichotte par-dessus son épaule). Quant à ces conférences sur les fixeurs au Moyen Âge, je ne les écoute que d’une oreille (parce que je crois que je n’ai pas vraiment compris de quoi il en retournait, le mot fixeur restant un mystère pour moi, est-ce qu’il y a une entrée fixeur dans le journal d’Emmanuelle Cordoliani ? il y a fixer mais pas fixeur).

Ce que j’ai fait

Pas grand-chose (on a toujours l’impression de ne pas faire grand-chose puis on regarde la liste et elle n’est pas si courte). Je joue un peu de clarinette (toujours pas de nouvelles anches mais je déchiffre ce duo — encore une rencontre qu’un duo, même si là, je joue seul, d’abord la voix du haut puis la voix du bas — et ce Mozart, pas si difficile mais consolider et accélérer le tempo, dira-t-elle si je ne bosse pas plus). Je cause devant la caméra (le tas de livre à commenter est épuisé, celui de ceux à monter puis diffuser augmente, même si Durango et Stöld, c’est dans la boîte). Et écrire, est-ce que j’écris ? Le journal du corps, j’ai promis que je n’en parlerais pas ici (mais le corps a besoin d’écrire, surtout dans ce creux des entre-fêtes) ; le carnet, je fais toujours dans le très (le trop ?) court ; le livre, ça ne décolle pas ; les dix-sept minutes de dix-sept heures dix-sept (intensifier cette écriture-là ?), retour sur le jour de Pâques 2021, une promenade en forêt, la voix de papa (pour encore un peu le rencontrer, papa).