Pourquoi avoir enfermé l’humanité dans des silos ? Le deuxième volume de la trilogie d’Hugh Howey, Silo Origines, répond en partie à cette question. Ce roman a été publié en 2013 et traduit de l’anglais par Laure Manceau en 2014 pour les éditions Actes Sud.
Étiquette : Silo origines
Journal du 28 au 31 juillet
Ce que j’ai lu
Il est question de Faire sécession avec Éric Sadin et aussi, en filigrane, avec Silo Origines. Mais fait-on sécession seulement en lisant ? Certes non, mais c’est par la sécession intérieure que commence l’action (même si je dois avouer que j’en reste à la sécession intérieure, sécession d’avec soi-même aussi, en pensée avec Charles Juliet, pour qui il est essentiel de se délivrer du moi). Lire, c’est déjà un peu faire sécession, oui.
Ce que j’ai vu
Début de la dernière saison de Blacklist. S’il y a un homme qui a fait sécession avec tous et avec lui-même en particulier, c’est bien Raymond Reddington, qui à lui seul fait l’intérêt de cette série. Un homme bon qui commet des atrocités sans le moindre remords ou un homme mauvais qui soudain devient généreux, un être complexe, voilà ce qui manque bien souvent dans les histoires qu’on nous raconte (malheureusement, les autres personnages de la série sont un peu trop des gentils ou des méchants comme on les connaît).
Ce que j’ai entendu
On écoute en lisant des airs d’armaillis, ceux de la Roche, en patois fribourgeois. Ça colle assez mal avec les enfermés du silo.
Ce que j’ai fait
On n’est jamais satisfait de ce qu’on fait, on a toujours l’impression de ne pas faire grand-chose, mais par une telle chaleur, l’appel de la piscine est trop fort (comme Kafka, le jour du déclenchement de la Première Guerre mondiale). J’ai écrit un peu, une chanson sur la solitude estivale, où j’exagère et où il est question d’écrire.
Journal du 18 au 20 juillet 2024
Ce que j’ai lu
Il fait chaud. On s’enferme un peu dans Silo origines mais on a besoin de grand air (pourtant on est à la piscine, le ciel est bleu, on a la chance de vivre dehors, l’air n’est pas (encore) totalement empoisonné), alors on feuillette des bandes dessinées, la jeunesse de Durango, le Far West (on n’en sort pas, de cette fascination, comme l’enfant de Grange), des coups de pistolet en veux-tu en voilà et de l’aventure quand tout ici est si calme.
Ce que j’ai vu et entendu
(il y a du visuel dans l’auditif et de l’auditif dans le visuel, c’est pourquoi nous ne distinguerons plus les deux, ou pas systématiquement, on verra bien, bien entendu)
Dans la moiteur étouffante d’une salle de gymnastique, les enfants (et les grands enfants) du camp de l’EJIB présentent le résultat d’une semaine de travail (et de plaisir, et d’amitié). Ils sont tantôt chapeautés, tantôt vêtus de toges à la romaine, à la grecque, à la viking, à l’égyptienne, à l’australopithèque, à la caraïbe, et nous voyageons avec eux dans le temps, de l’Orient à l’Amérique, avec pour finir un retour vers le futur que malgré la torpeur d’un soir torride le public redemande. Musique amateur, dit-on. Aimer la musique, dès l’enfance, pense-t-on. La musique adoucit les mœurs. Espérons que ces enfants continueront à diffuser l’enthousiasme qui fut le leur durant une semaine.
Ce que j’ai fait
Blues pour les nuls, ça s’appellerait, puisque c’est tiré tout droit de La guitare pour les nuls, qui avec les accords E7, A7, B7 (touché coulé), propose de préférer des chansons sur la trahison, l’infidélité, le fric plutôt que sur les taux d’intérêt en hausse (pourtant c’est aussi une histoire de fric, non ?) et de dire « ma meuf s’est fait la malle » plutôt que « ma partenaire a été insensible à mes besoins » (l’histoire devant se passer à Fleury-Mérogis, mais je n’en ai aucune idée où c’est). Bref, ma dernière chanson s’appelle Ma meuf s’est fait la malle (ou Blues pour les nuls) et comme je ne suis pas en plein chagrin d’amour, ça donne un blues pas sérieux (comme le fameux Blues de Neuilly de Gilbert Laffaille) (fameux, c’est peut-être exagéré) (mais écoutez quand même, ça vaut le coup) (où se trouve Fleury-Mérogis par rapport à Neuilly ?).