Journal du 10 au 15 août 2024

Ce que j’ai lu

Baumgartner, Paul Auster (attendre la mort des auteurs pour s’y plonger) : un homme laisse entrer les souvenirs, les pensées, les élucubrations en lui, sa femme morte il y a dix ans, ses parents, la vie universitaire, les juifs d’Ukraine, le type qui vient relever le compteur d’électricité. Écriture libre qui glisse d’un sujet à l’autre, qui creuse de plus en plus profond un homme (et ce nom, Auster, celui de la mère, pour semer le doute : quelle est la part d’autobiographie dans tout cela ?). Un cas intéressant, Dino Buzzati : un homme se retrouve à l’hôpital, il se croit en bonne santé, les médecins le rassurent, il descend les étages, croit qu’on va le libérer, entend une étrange voix. Tout cela est absurde et pourtant nos vies sont ainsi (la traduction est d’Albert Camus).

Ce que j’ai vu

Blacklist, la dernière saison (celle de trop ?). Les personnages des saisons précédentes reviennent pour un dernier tour de piste. Reddington est fidèle à lui-même. On attend le grand final.

Ce que j’ai entendu

Des choses sur l’éducation, pour me remettre dans le bain, même si on repousse sans cesse la préparation des cours.

Ce que j’ai fait

Les quarante jours d’écriture ont duré un peu plus que quarante jours. Ils ont accouché de textes qu’il s’agira de reprendre, mais d’autres projets m’attendent. Une chanson, encore, imaginée depuis longtemps : Chanson d’amour (au cas où) (au kazoo). Joindre l’utile à l’agréable (on sait jamais).

Journal du 28 au 31 juillet

Ce que j’ai lu

Il est question de Faire sécession avec Éric Sadin et aussi, en filigrane, avec Silo Origines. Mais fait-on sécession seulement en lisant ? Certes non, mais c’est par la sécession intérieure que commence l’action (même si je dois avouer que j’en reste à la sécession intérieure, sécession d’avec soi-même aussi, en pensée avec Charles Juliet, pour qui il est essentiel de se délivrer du moi). Lire, c’est déjà un peu faire sécession, oui.

Ce que j’ai vu

Début de la dernière saison de Blacklist. S’il y a un homme qui a fait sécession avec tous et avec lui-même en particulier, c’est bien Raymond Reddington, qui à lui seul fait l’intérêt de cette série. Un homme bon qui commet des atrocités sans le moindre remords ou un homme mauvais qui soudain devient généreux, un être complexe, voilà ce qui manque bien souvent dans les histoires qu’on nous raconte (malheureusement, les autres personnages de la série sont un peu trop des gentils ou des méchants comme on les connaît).

Ce que j’ai entendu

On écoute en lisant des airs d’armaillis, ceux de la Roche, en patois fribourgeois. Ça colle assez mal avec les enfermés du silo.

Ce que j’ai fait

On n’est jamais satisfait de ce qu’on fait, on a toujours l’impression de ne pas faire grand-chose, mais par une telle chaleur, l’appel de la piscine est trop fort (comme Kafka, le jour du déclenchement de la Première Guerre mondiale). J’ai écrit un peu, une chanson sur la solitude estivale, où j’exagère et où il est question d’écrire.