Ce que j’ai lu
« Nous nous entretenons de singeries réciproques », écrit Montaigne à propos de sa chatte. Plusieurs siècles plus tard, Frans de Waal, étudiant les chimpanzés, prouve qu’en effet les animaux et nous sommes plus liés qu’on ne le pense, qu’il y a entre nous ce qu’il appelle de l’empathie et la question de Montaigne reste fascinante : « Quand je me joue à ma chatte, qui sait, si elle passe son temps de moi plus que je ne le fais d’elle ? » L’empathie, la faculté de se mettre à la place de l’autre, de voir en lui un miroir de soi-même (grâce à ce qu’on nomme les neurones miroirs), est donc une faculté profondément inscrite en nous. Et pourtant…
Ce que j’ai vu et entendu
Le Liban : l’empathie qui se limiterait aux siens, à son seul petit groupe, et le rejet de ceux qui n’en sont pas hors de l’humanité, hors même du vivant, puisque leur mort n’est que dégât collatéral. Que dire, que faire face à tant d’insensibilité ? Dire l’indicible, ne pas se taire, simplement dire. Voilà ce qu’ose Gracia Bejjani, dire khallass, ça suffit, seulement dire ça, khallass, ça suffit.
Ce que j’ai fait
Je chante, j’écris (un peu), je parle de livres, je m’esquinte les doigts sur la guitare et la clarinette. Ce n’est pas grand-chose mais ça suffit pour me rassurer sur moi-même. Ce que je fais ne tue personne.