Grande continuité de la religion mésopotamienne mais il y a des évolutions difficiles à voir, surtout pour les époques anciennes. Deuxième difficulté : civilisation parfaite dès l’origine (selon eux-mêmes) ; le dieu Marduk a créé les différentes catégories de prêtres, mais ceux-ci n’ont pas toujours obéi. Affirmation d’une intangibilité du culte mais dans la réalité ça a changé ; en réalité, grandes différences en 2 millénaires. Religion pas isolée du reste des activités : la vie dépend de forces supérieures qu’il faut rendre favorables. Prêtres = intermédiaires ; responsables du culte et du soin donné aux divinités. Autres catégories de prêtres : devins, portiers, brasseurs, artisans ; statut difficile à établir. Les prêtres n’ont pas l’exclusivité des cultes : les pères ont à faire le culte des ancêtres.
Les savants se penchent sur des pierres. D’étranges signes qu’ils appellent cunéiformes leur révèlent un monde disparu, deux millénaires d’une civilisation qui avait ses dieux, ses temples, ses devins, tout un monde qu’il s’agit de traquer et de comprendre de la manière la plus précise possible, sans y plaquer notre compréhension du monde. Ce que nous appelons prêtres correspond-il à ce qu’ils nomment ainsi ? En partie oui, en partie non. Le balayeur d’église est-il un prêtre ? Il semblerait qu’en ce temps-là, oui. Mais le père de famille qui s’adonne au culte des ancêtres, est-ce qu’on peut le considérer comme un prêtre ? Peut-être. Essayer de comprendre une civilisation disparue et lointaine, c’est constamment remettre en cause ce qui nous semble aller de soi. C’est en cela que cela importe.
Recrutement du clergé : transmission héréditaire + pas de défaut physique + formation adéquate. Parfois désignés prêtres dès leur naissance. Nom d’années : prêtre résulte du choix des dieux ; choisi pour une consultation oraculaire ; installé par le roi. Système tombe en désuétude, mais on demande l’avis des dieux (consultation oraculaire). Eclipse de lune permet de nommer une prêtresse : le dieu désire une religieuse consacrée. Onomastique souligne le choix divin : « désir de la déesse Aya ». Appartenance à un lignage : entrée en fonction à la mort du titulaire, mais parfois pas (nomination royale) ; parfois hérédité fictive, un ancêtre commun. Appartenance à une famille élargie. Formation : dans les écoles ? dans la famille ? Les membres du clergé assuraient l’éducation de leurs propres enfants.
Retrouver les traces d’une religion ancienne pour ne pas rester dupes des nôtres. Ce que nous nommons prêtre ne correspond pas tout à fait à ce qu’ils nommaient ainsi. Et les dieux non seulement étaient plusieurs, mais ils étaient incarnés, ils étaient présents, ils se mouillaient, contrairement à notre Dieu qui se cache (de honte, sans doute). De la Mésopotamie, je ne sais pas grand-chose, ses dieux me sont inconnus, je me perds dans la chronologie, mais il s’agissait d’humains comme nous et rien de ce qui est humain (et donc divin, si j’en crois leur mode vie) ne m’est étranger.
Exorcistes : pas dans les temples ; peuvent se rendre chez les clients. Titres divers : activité complémentaire de celle des devins : présage défavorable, que faire ? l’exorciste va détourner le mauvais sort, détourne le mal de sa cible par un rituel verbal et gestuel (figurine sur laquelle le mauvais sort devra tomber). Découverte de Tell Haddad : textes magiques découverts dans une maison ; bibliothèque professionnelle avec beaucoup de textes sumériens (contexte reste incertain). 1er millénaire : littérature considérable ; on a la totalité de la série de l’exorcisme d’Egasil-kin-apli, découvert en 1908 dans une maison d’exorcistes : incantations, prières, listes de plantes à caractère médical, rattachées au temple d’Aššur. ~ 100 documents administratifs ; les exorcistes s’impliquent dans la gestion du temple.
N’est-il pas dangereux de réveiller des exorcistes ? Peut-être le mauvais sort se détournera-t-il sur les archéologues… Des millénaires se sont passés mais la magie ne trépasse pas et les dieux assyriens ne demandent qu’à renaître pour se venger de leur disparition. On pénètre dans des maisons sacrées, on y prélève des objets sacrés, on élabore à leur sujet mille théories qui feraient se plier de rire les devins babyloniens. Mais c’est à nos risques et périls. Cette terre entre deux fleuves est une terre maudite. On s’y fait la guerre plus souvent qu’on y chante l’amour et Egasil-kin-apli n’est pas une appli ordinaire. Elle distille dans nos vies un poison qui en nous effaçant effacera le sortilège.