Notes d’écoute : malouinière

Olivier Roellinger, du vent, des étoiles et des épices 1/5 : une enfance blessée

Père médecin, vit dans une malouinière ; médecin-miracle arrive avec la pénicilline et la sécu ; généraliste : la porte reste toujours ouverte pour soigner (malades, blessés revenant de guerre) ; les médecins faisaient des accouchements … tout … enfance merveilleuse, élevé par 2 bonnes, Ghislaine et Marcelle ; les parents adoraient sortir, nouvelle vague, Françoise Sagan ; engagement total ; dimanche matin, le père l’emmène avec lui ; du mal de parler en bien de mon père, modèle jusqu’à mes 13 ans ; quelqu’un qui aimait les gens ; dimanche : pas à la messe, pâtisserie, cliniques religieuses (offre des religieuses aux religieuses) ; avant Noël, collecte (huitres, volaille…) emmenée dans des familles de gens dans le besoin. Monde s’écroule quand le père est parti (bleu à l’âme) (bobo qui peut paraître anodin aux autres) (d’autres vivent pire). École : on l’appelle gueule cassée à cause d’une attaque de chien.

Si le père est parti, c’est pour une autre femme que la mère, mais ce faisant il abandonne le fils. Anodin, un tel départ ? Jamais. Le fils, plus tard, subira une autre agression, à coup de barres de fer. Il meurt presque puis devient chef étoilé et créateur d’épices. Tomber sept fois, se relever huit. L’enfance reste, souvenirs heureux puis brisure, mais la vie rebondit. Si le père n’était pas parti, la suite aurait-elle eu lieu ? Nul ne le sait. Peut-être aurais-je écouté l’interview d’un grand médecin et aurais-je sans doute aussi eu la chance d’écrire le mot malouinière.

Notes d’écoute : a priori négatifs

Clément Viktorovitch, François Bayrou, déjà la cata ?

François Bayrou : on s’en fout de qui il est, à juger sur ses décisions.

Elu local qui fait son déplacement en jet : maire de Pau alors que son devoir l’appelle à Mayotte (l’art de passer à côté de la réalité, art des politiques). Bidonvilles à Mayotte (pas à Pau). Com politique : pas le fort des politiques.

Qui prendra les décisions ? Bayrou (mais c’est Macron qui fait le déplacement, il n’a que ça à faire)

Bayrou : un dinosaure (déjà à côté de la plaque il y a vingt ans).

Émotions nécessaires pour prendre conscience de ce qui se passe loin de nous : une photo a suffi pour qu’on arrête de s’en ficher (pendant 6 mois).

Pas se rendre à Mayotte = autres décisions s’il s’y était rendu ; pas qu’une question de symbole, question de décision : faute politique profonde de ne pas y être allé (être informé = être allé voir)

Bayrou, en Suisse, serait comme un poisson dans l’eau. Il ne risquerait pas la censure et personne ne voyage en jet à travers la Suisse. Quand Alain Berset prend l’avion, il le pilote lui-même, et plus on est au centre, plus on est mou, plus on cherche le compromis, plus on devient papable pour le Conseil fédéral, même si personne, au Centre, ne semble plus avoir envie de gouverner. Quant à aller voir sur place pour se rendre compte des dégâts et prendre ainsi de meilleures décisions, il semble que même Trump en soit capable. Le problème, c’est que Mayotte, ce n’est pas Los Angeles, où ce ne sont pas des bidonvilles qui ont pris feu. Il est toujours plus facile de sauver les riches que les pauvres (en Suisse comme en France comme en Californie).

Françoise Sagan s’entretient avec André Halimi 1/5

Elle ne se promène pas dans le jardin, sauf pour aller voir un match de pétanque.

Dans les pièces (Duras, Pinget), il y a des dialogues de vieux. En vrai, les conversations sans génie ; ils parlent de leurs chaussures.

L’hiver, c’est beaucoup moins gai (étrange conversation).

Les gens viennent là parce qu’ils aiment ce banc parce qu’il n’est pas payant.

Françoise Sagan a écrit 8 romans ou 9 ; ils ne sont pas d’accord. D’autres ? Elle espère (en vrai, combien ? 21, selon Wikipédia) (l’entretien date de 1973, environ, peut-être) (j’ai lu 2 romans de Sagan, le premier et le dixième, celui qu’elle écrivait à ce moment-là).

On lui pose toujours les mêmes questions. Elle pourrait enregistrer les réponses sur des mini-cassettes (on disait comme ça en 1973, environ, peut-être).

Ils parlent des questions que les autres posent. Elle pose des questions au journalisme. Des bleus à l’âme, sincérité (on en a marre, de la sincérité), pas de grosses voitures, de whisky, simplement le fait qu’elle parle directement de ce qu’elle pense. Critique étonnée ? « Un truc un peu sadique de ma part. » Un jet, son écriture, pas très travailleuse.

Elle plaint les critiques qui passent à côté des bons livres et aiment les mauvais. Ils ont des a priori négatifs.

Moi aussi, j’ai un a priori négatif sur Françoise Sagan. Pourquoi ? Ce que j’ai lu d’elle ne m’a pas déplu mais il me semble que cela reste planté dans une époque, la sienne, les trente qu’on prétend glorieuses, et que certes on y perçoit l’époque, on la touche du doigt, mais peut-être justement est-ce une époque qui aujourd’hui nous gène aux entournures. Sagan, c’est (en apparence) l’écrivain qui réussit, la femme qui s’émancipe sans penser à émanciper les autres, la femme qui parle saccadé sous l’effet d’on devine quelle substance et le personnage public vient saturer ses livres d’attentes vagues qui sont déçues par une réalité loin du mythe (même si le mythe Sagan, on peine à le formuler), mais peut-être que je passe moi aussi à côté des bons livres.