Journal de lecture – 2025, semaine 1

Dans ce premier journal de lecture de l’année 2025, je passe en revue les livres lus ou en cours de lecture récemment :

2:22 Montaigne, Essais

5:56 Milène Tournier, Se coltiner grandir

8:54 Charles-Ferdinand Ramuz, Derborence

9:55 Blaise Cendrars, Moravagine

13:58 Albert Camus, L’Exil et le Royaume

19:20 Albert Camus, L’Envers et l’Endroit

21:48 Jacques de Coulon, Les enfants du Veau d’or, Résister à l’ordre marchand par l’éducation

25:58 Louise Labé, Oeuvres

27:11 Joachim du Bellay, Les Antiquités de Rome

28:25 Lang & Poinsot, Le donjon de Naheulbeuk

31:11 San-Antonio, La vérité en salade

33:22 Alex, Heureux celui qui roule, Dessins de presse 2023-2024

37:04 Olivier Mannoni, Coulée brune, Comment le fascisme inonde notre langue

44:50 Armistead Maupin, Chroniques de San Francisco

Journal du 1er au 4 septembre 2024

Ce que j’ai lu

Stephen King et Louise Labé, grand écart que seule la lecture permet. Un tueur à gages, Billy Summers, une belle cordière, Louise Labé, quelque chose en commun ? Ne cherchons pas à croiser des destins si divers, mais ce saut spatial et temporel que permet la lecture est fascinant. Je suis dans une ville paumée des Etats-Unis à guetter l’arrivée d’un malfrat tout en évoquant des souvenirs de guerre d’Irak et soudain voilà Amour et Folie qui débattent avant que le désir aveugle s’empare d’une femme (une femelle, écrit-elle) réclamant mille baisers comme je réclame, par la lecture, mille vies, moi qui ne réclame pas de baisers et n’ai personne à tuer, sinon le temps.

Ce que j’ai vu et entendu

Sherlock, relecture contemporaine de Conan Doyle, série qui comme souvent tient d’abord par son personnage principal, Sherlock Holmes bien sûr, asocial et génial, brillant emmerdeur qui me fait penser (l’anachronisme est à assumer quand on lit Stephen King en même temps que Louise Labé) irrésistiblement au Docteur House (vérification faite, House semble être directement inspiré de Holmes, comment ai-je fait pour ne pas le voir, Watson, Wilson, tout d’un coup ça saute aux yeux).

Ce que j’ai fait

Ce que je vais faire… Un frémissement… Du nouveau arrive… Il y a ces archives à consulter, cette nouvelle manière d’écrire mon carnet, ces chansons qui sont désormais quinze, la reprise des cours de clarinette, tout cela percutant de plein fouet une rentrée scolaire qui repousse la création à demain ou à après-demain.

Journal du 22 au 31 août 2024

Ce que j’ai lu

Textes d’un temps lointain en une langue oubliée, poésies renaissantes, Maurice Scève, Louise Labé, débat d’amour et de folie, objet de haute vertu, on a quitté ces mondes éthérés pour de plus terre à terre considérations. Puis texte trop proche, L’Inconsolable, Adèle van Reeth, un père meurt à petit feu d’une tumeur au cerveau. Ce n’est pas mon père, c’est le sien, mais mon père, en même temps que le sien, mourait à petit feu (plus rapide que le sien) d’une tumeur au cerveau. Suis-je moi aussi inconsolable ? La vie passe, on renaît de ses cendres, on se jette dans des tourments plus doux, on pétrarquise, on revit. Il reste une voix, qui s’estompe.

Ce que j’ai entendu

À voix nue, j’écoute un homme de parfums alors que je suis encore imprégné de Ryoko Sekiguchi. Il s’appelle Jean-Claude Ellena et invente des senteurs poétiques que je tente d’imaginer en l’écoutant, comme je le tentais en lisant L’Appel des odeurs.  Cela s’appelle Un jardin après la mousson ou La haie fleurie du hameau et ça sent bon, dans l’imagination.

Ce que j’ai vu et entendu

Dans la pénombre de la maison de ville, Jacques a invité quelques amis. Elisa et Soraya, au fond de la salle, donnent le ton, au basson et à la clarinette. Puis on se suspend aux lèvres des deux comédiennes qui lisent les mots de Jacques, des histoires de grande orange, de montagne, de chasse au chamois, d’opéra (la musique est de Jacques mais elle se souvient de Rossini et des quatre-vingts chasseurs que Trolley à l’accordéon jouait du temps où il sortait encore de sa maison) et d’amitié. C’est écrit et c’est dit avec gourmandise (Jacques est un fin gourmet), avec humour et avec sensibilité (Jacques est un chasseur sensible, un sauvage civilisé, un séducteur attachant) et c’est suivi d’un verre qu’on déguste (la veille déjà, Jacques nous en avait raconté de belles).

Ce que j’ai fait

Préparation de la rentrée (ça accapare l’esprit) mais on continue à noter au quotidien des presque-rien, à pianoter des truites trop lentes, à chanter une mélancolique solitude d’été qui s’achève et on se prépare à ouvrir de nouveaux chantiers qui resteront longtemps à l’état de chantiers.

Journal du 27 au 31 mai 2024

Ce que j’ai lu

Des dissertations à n’en plus finir… Reprendre parfois son souffle dans ces récits enchâssés de Cervantes, dans cette exploration d’un silo à l’abandon, dans le stupre des Borgia. Lire entre deux lectures n’aide pas à lire (écrit le correcteur fatigué).

Ce que j’ai vu

Les 100, toujours : épisodes de fin de saison, sang qui gicle, batailles, choses définitives qu’on se dit avant de mourir (les débuts de saison sont toujours plus intéressants que les fins, même si ce début de printemps commence à s’éterniser).

Ce que j’ai entendu

Il était question d’humanisme, d’émancipation des femmes, de poésie (Louise Labé, tellement femme qu’on est allé jusqu’à imaginer qu’elle n’avait jamais existé), puis ceci, qu’on m’envoie pour me détendre entre deux dissertations (et qui ne me détend pas, qui m’afflige et me fait honte) : les jeunes hommes (génération Z comme Zéro) sont de plus en plus misogynes, conservateurs et adeptes de la violence pour se faire respecter, bref sont de plus en plus cons. Au secours, Louise Labé !

Ce que j’ai fait

Entre deux copies, gratter un peu la guitare, souffler un peu dans la clarinette, écrire un ou deux mots et surtout tenter enfin de faire quelque chose de mes photos de 17h17, en rassembler 17, parler d’elles pendant 17 secondes, en faire une vidéo longue et hypnotique (m’écrit-on), idéale pour s’endormir quand on a passé sa journée à lire des dissertations.