Retrouver San-Antonio est un plaisir inépuisable. Preuve en est le roman En long, en large et en travers de Frédéric Dard, publié en 1958 chez Fleuve noir et repris en 2010 dans le tome 4 de l’intégrale San-Antonio de la collection Bouquins des éditions Robert Laffont.
Moment de transition, on achève des lectures au long cours, on en entame de nouvelles. Le San-Antonio des vacances s’achève sur des révélations fracassantes, forcément (pourtant, les vacances semblent déjà bien loin). On ouvre avec le joie le Journal d’un mot d’Emmanuelle Cordoliani et on se pose des questions sur la (prétendue) crise de la masculinité (cette incessante manie des mecs dès qu’ils se sentent un tant soit peu menacés de s’enfoncer dans la violence pour compenser une perte imaginaire de leur virilité).
Ce que j’ai vu et entendu
Cette vidéo, sur Blast, comme piqûre de rappel : le dérèglement climatique (on l’avait presque oublié, on passe son temps à presque l’oublier) s’accélère, il est urgent d’agir, tout le monde s’en fiche sauf ceux qui ressassent sans cesse qu’il est urgent d’agir et qui se fatiguent de crier dans un désert que le dérèglement climatique amplifie, désert physique et désert mental, mais il ne faut pas faire peur aux gens, disent les autres, il faut être réalistes, mentent-ils, il ne faut pas exagérer. Protéger la biodiversité ? C’est extrême, hurlent-ils, sans comprendre que c’est la situation qui est extrême et qu’on ne pourra y faire face qu’en prenant des décisions extrêmes (écrit-il sans faire grand-chose, comme tout le monde).
Ce que j’ai fait
Faire la bénichon, c’est-à-dire manger à s’en péter la panse, n’empêche pas de continuer à tenter des choses. J’ai ouvert un espace encore secret, mon compte Patreon, où je passe en revue mes lectures en cours (celles que j’ai maintenant terminées, ou presque) et où je concocte des surprises qui attireront peut-être quelques amis. Reprise aussi des répétitions de la Concorde et plongée dans les archives pour préparer le spectacle du 100ème anniversaire. Ceci, dans une lettre écrite au conseil de paroisse le 25 décembre 1937 :
À neuf heures vingt nous étions tous à l’église à notre place habituelle. Alors monsieur le curé vient chez notre directeur pour lui donner l’ordre de descendre de la tribune et de jouer nos morceaux dehors. Aussi notre directeur, à l’approbation de tous, n’a pas obtempéré à ces ordres. Monsieur le curé en se retirant a dit : vous pouvez jouer mais je vous reverrai.
Retour aux lectures éparpillées, un Stephen King à peine entamé, un San-Antonio dont je n’ai savouré que l’amuse-bouche, l’histoire d’une bibliomule dans le califat de Cordoue. On s’humecte les lèvres à des livres en ribambelle. Bientôt l’un d’entre eux nous attrapera.
Ce que j’ai vu et entendu
Picorer sur l’Internet des podcasts, des vidéos, de la musique. Anne Savelli parle d’écriture, de ce quotidien étrange de celles et ceux qui se consacrent d’abord à écrire, la promenade du matin, l’écriture qui peine à venir, la charge mentale qui l’empêche. Je me suis abonné à son Patreon (en attendant de proposer le mien).
Ce que j’ai fait
Je me suis enfin mis à l’écriture du spectacle pour le centième anniversaire de la Concorde. Les pièces musicales ont été choisies. Il faut que je surfe autour d’elles sans que cela semble trop artificiel. Comment sortir des sentiers battus sans battre la campagne ?
Quand San-Antonio débarque aux States, les Yankees n’ont qu’à bien se tenir, comme on peut le constater dans Tu vas trinquer San-Antonio, un roman publié par Frédéric Dard en 1958 chez Fleuve noir.