Il est des lectures éphémères et il est des lectures au long cours. Me voici donc arriver au terme d’un de ces marathons de lecture, d’une de ces immersions en eau profonde, et il est temps de refermer (provisoirement) les Rougon-Macquart, Histoire naturelle et social d’une famille sous le Second Empire d’Émile Zola, avec le vingtième et dernier roman de la série, Le Docteur Pascal, publié en 1893 :
L’avant-dernier roman des Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire d’Émile Zola, publié en 1892, c’est celui de la guerre et de la chute de l’Empire, un roman qui montre (une fois de plus) à quel point la guerre est une horreur :
Antépénultième roman des Rougon-Macquart, L’Argent, publié en 1891, explore le monde de la bourse, un monde à la fois opaque et passionné, dont je vous parle ici :
Roman du meurtre, roman du chemin de fer, roman noir, roman passionné, La Bête humaine est assurément l’un des sommets cette histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire qu’est la série des Rougon-Macquart, dont ce roman, le dix-septième, a été publié en 1890. En voici quelques passages qui m’ont marqué :
Zola aime le contraste. Il vient de mettre en scène la sauvagerie des paysans dans La Terre et s’apprête à réveiller La bête humaine, mais entre ces horreurs, le seizième roman des Rougon-Macquart, Le Rêve, publié en 1888, s’avère pour le moins angélique. Voici ce que j’en ai pensé :
Dans ma lecture suivie des Rougon-Macquart, La Terre est une étape importante, parce que le monde paysan, c’est le monde d’où je viens, et que ce roman, mon frère, mon père et ma mère l’ont lu avant moi (ils n’en pouvaient plus de ne pas me révéler comment finissait le vieux Fouan). Voici quelques réflexions à propos de ce roman majeur :
La Terre est le quinzième roman des Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire. Il a été publié en 1887.
Lire la terre. Lire La Terre de Zola comme un paysan lit sa terre, ma terre. Fils de paysan, lire La Terre après mon père, y retrouver, malgré le siècle, malgré la machine, malgré l’arrachement, la chaleur des moissons, la sueur, la soif, le corps douloureux, l’homme qui se cogne à la terre, à sa terre, à sa mère. Le paysan est marin de terre. Et le désir, ces corps brûlés des femmes qu’on possède sans y penser, les retrouver ou les perdre ? C’est le chapitre quatre de la troisième partie. Françoise se donne à Jean, se refuse à Buteau, le désire. La terre, la fécondation, le blé en herbe, quelque chose d’une nature à jamais souillée, désertée, quand à la fin du chapitre surgit la mort : en assassinant la paysannerie, c’est la terre qu’on assassine.
Terre où je suis né, terre pauvre et nue,
Ton sol est pierreux et tes champs ingrats.
Mais, quand je conduis ma vieille charrue,
Je sens ton doux cœur battre dans mes bras.
Et penser que cette année, c’est le centième anniversaire de mon grand-père et que plus personne ne chante La Chanson d’Aliénor.
Mais il reste la voix de Charles Jauquier dans Paysan, que ton chant s’élève, avec la Chanson de Fribourg et l’abbé Kaelin.
Ce Zola-là, à la première lecture, m’avait touché. J’étais en ce temps-là un jeune homme exalté, un romantique attardé, un poète maudit. Je m’étais identifié à Claude Lantier, à son jusqu’au-boutisme, à sa passion, à la folie qui le ronge. Qu’en est-il à la deuxième lecture, dans le flux des autres romans, juste après Germinal ? Lecture émoussée, semble-t-il, mais lecture dont voici quelques aperçus :
L’Œuvre est le quatorzième roman des Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire, d’Émile Zola. Il a été publié en 1886.
Émile Zola, peint par son ami Paul Cézanne, en 1864.