Survit-on à la mort d’un père ? Oui, mais on en reste inconsolable. Le livre d’Adèle Van Reeth, Inconsolable, publié en 2023 aux éditions Gallimard, entre fortement en écho avec la mort de mon propre père, qui comme celui de l’autrice, s’en est allé à cause d’une tumeur du cerveau.
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Claro : Sous d’autres formes nous reviendrons
Il est des livres qu’on lit avec fascination, hypnotisé par la langue. C’est le cas de Sous d’autres formes nous reviendrons, un livre de Claro publié aux éditions du Seuil dans la collection Fiction & Cie en 2022.
Annie Ernaux : “Je ne suis pas sortie de ma nuit”
“Je ne suis pas sortie de ma nuit”, ce sont les derniers mots écrits par la mère d’Annie Ernaux et c’est aussi le titre de ce livre, qui témoigne au jour le jour de la maladie puis de la mort de cette femme, un livre publié en 1997 aux éditions Gallimard puis repris dans le Quarto Écrire la vie en 2011.
Nicolas Menet : Faire le deuil de soi
Il est des livres qu’on lit avec plus d’émotion que d’autres. Celui-ci, Faire le deuil de soi de Nicolas Menet, publié au cherche midi en 2023, m’a particulièrement touché parce que l’auteur est récemment décédé, comme quelqu’un dont j’ai été très proche, d’un cancer cérébral incurable nommé glioblastome. Ce livre, en affirmant la liberté et la vie jusqu’au bout, aide un peu à supporter l’insupportable.
Mais laissons la parole à l’auteur :
Brigitte Giraud : Vivre vite
Revenir sur l’événement qui a bouleversé une vie, revenir sur l’accident, multiplier les hypothèses : et si ceci n’avait été ainsi. Dans Vivre vite, Prix Goncourt 2022, publié aux éditions Flammarion, Brigitte Giraud revient sur la mort de Claude, son mari, à moto, en 1999.
Lire la terre
Lire la terre. Lire La Terre de Zola comme un paysan lit sa terre, ma terre. Fils de paysan, lire La Terre après mon père, y retrouver, malgré le siècle, malgré la machine, malgré l’arrachement, la chaleur des moissons, la sueur, la soif, le corps douloureux, l’homme qui se cogne à la terre, à sa terre, à sa mère. Le paysan est marin de terre. Et le désir, ces corps brûlés des femmes qu’on possède sans y penser, les retrouver ou les perdre ? C’est le chapitre quatre de la troisième partie. Françoise se donne à Jean, se refuse à Buteau, le désire. La terre, la fécondation, le blé en herbe, quelque chose d’une nature à jamais souillée, désertée, quand à la fin du chapitre surgit la mort : en assassinant la paysannerie, c’est la terre qu’on assassine.

Terre où je suis né, terre pauvre et nue,
Ton sol est pierreux et tes champs ingrats.
Mais, quand je conduis ma vieille charrue,
Je sens ton doux cœur battre dans mes bras.
Et penser que cette année, c’est le centième anniversaire de mon grand-père et que plus personne ne chante La Chanson d’Aliénor.