Mademoiselle Sane, L’oignon
Le sens du devoir tout au fond du gousset… comptera le temps qui passe avec obstination… (ostinato) (la pendule au salon) (non).
Les chansons sur le temps qui passe rendent souvent mélancolique. Celle-ci, ça va, le pizzicato est plutôt rigolo et le temps passe sans qu’on ait le temps de désespérer. Ce n’est pas encore la pendule de Brel, qui dit oui qui dit non, qui nous attend, le tiroir reste fermé et on fait semblant d’oublier qu’on a beau faire, le ressort de l’amour ne remonte pas toujours jusqu’à 18h30 (écris-je à 16h30, j’ai le temps, deux heures encore…)
Jean Hegland : pas intéressée de prédire l’avenir mais d’analyser ce qui compte le plus pour les gens ; la tragédie, c’est qu’on n’a rien fait ; l’effondrement se passe en coulisses (pandémie, guerre, incendie) mais deux jeunes femmes cherchent où trouver ce qui compte, à repenser la relation au monde naturel.
Question : ce que l’on prend (mot illisible) est fragile ; le roman aide-t-il à nous préparer à ce qui arrive ?
JH : nous cherchons des histoires en permanence ; trop de gens ont adhéré à un récit erroné à l’élection de Trump.
Q. : Se préparer à moins d’abondance ? (exemple du gaspillage du thé)
JH : Quels sont nos besoins réels ? Tim Jackson, La prospérité sans croissance (≠ capitalisme tardif : on se préfère une paire de chaussure à une amitié)
C’est grâce à cette interview que je lis Jean Hegland, en commençant par Dans la forêt, dont il est peut-être question dans ces notes, à moins qu’elle ne parle déjà de la suite, qui vient de paraître, mais il faut d’abord que je termine le premier roman. Prolongeons les questions (auxquelles je répondrai moi-même, faute de mieux) :
Q. : Pensez-vous que la fiction peut sauver le monde ?
VF : Le monde, je ne sais pas, mais elle peut me sauver du monde, et elle peut donner des pistes pour vivre mieux dans ce monde en déperdition.
Q. : L’effondrement, pour vous, où se passe-t-il ?
VF : Il est intérieur, d’abord, l’effondrement, il a lieu partout où ça cesse de penser, et ça s’étend.
Q. : Le roman nous aide-t-il à nous préparer à ce qui arrive ?
VF : Il aide à étendre la gamme des possibles. Ce qui arrive, il est difficile de le décrire, mais ce qui pourrait arriver, le roman, la fiction, peuvent l’appréhender de mille manières, et c’est en multipliant les romans qu’on se prépare à cette diversité des effondrements possibles.
Cléo Rager : peste à Troyes, 10’000, 9’000, 6’000 h. ; rôle précis de la peste difficile à voir, plein d’autres causes possibles ; une seule mention de la peste (un type tousse dans l’assistance) (le colloque a lieu en plein Covid).
1470 : mentions et mesures se multiplient dans la documentation ; le traitement des maladies devient un enjeu explicite ; mesures : rester chez soi, partir pendant 40 jours, brûler les biens des morts.
Début du 16e : nomination d’un agent spécialisé dans les épidémies ; acteurs municipaux se démarquent, parce que le traitement des épidémies devient une compétence des échevins, liée à l’entretien des routes et des cours d’eau ; peuple malcontent, manque d’implication des habitants : pourquoi ? décisions toujours prises avec les habitants (assemblée générale des habitants) (voyer, voyeur à Troyes, voierie gérée par les habitants).
Durant le Covid aussi, les décisions unilatérales des autorités ont rendu le peuple malcontent, mais pouvait-il en être autrement ? Tout cela, dit tout le monde, semble si loin, la peste, le Covid, les différentes mesures, le monde d’après a fait renaître des pestes d’un autre genre mais au moins on peut sortir de chez soi, voir du monde, vivre (sauf si on est migrant). Le monde d’après ? Ce colloque a servi de préambule au cours du professeur Patrick Boucheron intitulé précisément Après la peste, mais je n’ai pas encore eu le courage d’écouter ce qu’il raconte à ce propos, le monde d’après le Covid accaparant trop mon esprit inquiet. Les historiens de demain se demanderont quel aura été l’impact de la pandémie sur la catastrophe globale qui s’en est ensuivie (je sais, ce n’est pas très optimiste, mais être optimiste aujourd’hui est devenu criminel).
Le 24 novembre, 15°, on va à la messe, pas à la piscine, Elisabeth oublie son bonnet. Le bonnet est sur le dossier du bonnet de l’agente. Le ton monte, part en couille, comme on dit à l’épiscopat. Affaire réglée (contrairement à d’autres) par la gendarmerie française : affaire sensible.
Je ne comprends rien à cette histoire. François Morel a sans doute voulu raconter une anecdote comique mais les notes que j’ai prises la rendent absconse. Tous les bonnets s’entremêlent, on ne sait pas si on est à la messe, à la piscine ou à la gendarmerie et l’épiscopat, de quoi se mêle-t-il ? Affaire sensible ? Si tu veux. Le 24 novembre, je ne suis allé ni à la piscine ni à la messe, encore moins à la gendarmerie. J’étais à la maison et je fêtais mon anniversaire. Sans bonnet.