Journal de lecture – 2025, semaine 1

Dans ce premier journal de lecture de l’année 2025, je passe en revue les livres lus ou en cours de lecture récemment :

2:22 Montaigne, Essais

5:56 Milène Tournier, Se coltiner grandir

8:54 Charles-Ferdinand Ramuz, Derborence

9:55 Blaise Cendrars, Moravagine

13:58 Albert Camus, L’Exil et le Royaume

19:20 Albert Camus, L’Envers et l’Endroit

21:48 Jacques de Coulon, Les enfants du Veau d’or, Résister à l’ordre marchand par l’éducation

25:58 Louise Labé, Oeuvres

27:11 Joachim du Bellay, Les Antiquités de Rome

28:25 Lang & Poinsot, Le donjon de Naheulbeuk

31:11 San-Antonio, La vérité en salade

33:22 Alex, Heureux celui qui roule, Dessins de presse 2023-2024

37:04 Olivier Mannoni, Coulée brune, Comment le fascisme inonde notre langue

44:50 Armistead Maupin, Chroniques de San Francisco

Journal du 4 au 8 décembre 2024

Ce que j’ai lu

Fascination de notre temps pour la dystopie, l’écroulement, l’enfermement, la catastrophe, le totalitarisme, le fascisme, la religion, et lecture commencée de La servante écarlate, un monde de femmes entravées, de honte du corps, de libération impossible (les femmes, en Afghanistan, en Iran, ailleurs, pense-t-on). Lire pour se révolter à l’intérieur contre le rétrécissement du monde, contre la fin de ce que Jacques de Coulon appelle l’esprit, l’intelligence quand elle refuse l’artifice et le veau d’or du profit, lire de plus en plus perçu comme un acte de résistance.

Ce que j’ai vu et entendu

Le flamenco dansé par Los Bailes Robados, ces corps si loin et si proches des corps entravés de La servante écarlate, corps que la musique transcende, corps qui entrent en transe et en les regardant, en les écoutant taper du pied, assis dans ce fauteuil étroit, les jalouser, ces corps tout de muscles, ces corps jubilants, ces corps aimants (d’amour et de magnétisme), et la voix du chanteur elle aussi prise dans le feu qui brûle tout et qui nous cloue, nous les sans-corps, nous les sans-voix, qui, seul geste humain, nous levons pour applaudir.

Ce que j’ai fait

Les doigts peinent sur la clarinette mais parfois se baladent. Nous jouons devant un public qui boit, qui mange, qui s’en fiche, mais parfois ils lèvent l’œil, tendent une oreille, pendant que le père fouettard agite sa clochette. Concert de circonstance, quelques marches qu’on envoie vite fait bien fait, de la musique malgré tout, du plaisir, de l’espoir que cela continue (dans les dystopies, la musique est interdite).