Journal du 5 au 7 septembre 2024

Ce que j’ai lu

D’où vient le succès de Stephen King ? Je lis avec grand intérêt Billy Summers, un polar palpitant, me souviens de L’Institut, un roman de science-fiction fascinant, et je ne peux que constater que dans deux genres fort différents (je n’ai presque rien lu d’autre de Stephen King), on se retrouve dans le même état d’esprit : on veut savoir le fin mot de l’histoire, on va de surprise en surprise, on s’attache à des personnages ambigus, on découvre cette Amérique des périphéries et des motels (il y a dans Billy Summers un souvenir du Lolita de Nabokov mais Billy le tueur à gage est néanmoins beaucoup plus fréquentable que monsieur le professeur Humbert Humbert).

Ce que j’ai vu et entendu

Il est curieux de constater à quel point le vu et l’entendu s’effacent plus vite que le lu. Je me suis endormi devant la fin d’un épisode de Sherlock et la radio a évoqué Franz Kafka mais aussi l’état du monde (l’adjectif kafkaïen n’a aucun sens, le monde de Kafka étant beaucoup plus intéressant que le triste monde de ceux qui se tapent dessus sur fond de montée un peu partout d’une peste brune devenue désormais fréquentable).

Ce que j’ai fait

Enseigner est un art, une création collective (une caricature vue je ne sais où : le prof porte tout le poids de l’éducation pendant que l’Etat et les parents font semblant ; l’image est fausse : l’essentiel du poids, dans l’éducation, c’est l’élève qui le porte ; comment peut-on parler d’éducation sans penser à celles et ceux qui en sont le cœur ?) Entre deux cours, je retouche deux ou trois textes, puis c’est reparti.

Journal du 1er au 4 septembre 2024

Ce que j’ai lu

Stephen King et Louise Labé, grand écart que seule la lecture permet. Un tueur à gages, Billy Summers, une belle cordière, Louise Labé, quelque chose en commun ? Ne cherchons pas à croiser des destins si divers, mais ce saut spatial et temporel que permet la lecture est fascinant. Je suis dans une ville paumée des Etats-Unis à guetter l’arrivée d’un malfrat tout en évoquant des souvenirs de guerre d’Irak et soudain voilà Amour et Folie qui débattent avant que le désir aveugle s’empare d’une femme (une femelle, écrit-elle) réclamant mille baisers comme je réclame, par la lecture, mille vies, moi qui ne réclame pas de baisers et n’ai personne à tuer, sinon le temps.

Ce que j’ai vu et entendu

Sherlock, relecture contemporaine de Conan Doyle, série qui comme souvent tient d’abord par son personnage principal, Sherlock Holmes bien sûr, asocial et génial, brillant emmerdeur qui me fait penser (l’anachronisme est à assumer quand on lit Stephen King en même temps que Louise Labé) irrésistiblement au Docteur House (vérification faite, House semble être directement inspiré de Holmes, comment ai-je fait pour ne pas le voir, Watson, Wilson, tout d’un coup ça saute aux yeux).

Ce que j’ai fait

Ce que je vais faire… Un frémissement… Du nouveau arrive… Il y a ces archives à consulter, cette nouvelle manière d’écrire mon carnet, ces chansons qui sont désormais quinze, la reprise des cours de clarinette, tout cela percutant de plein fouet une rentrée scolaire qui repousse la création à demain ou à après-demain.