Notes d’écoute : pauvre Jean-Jacques

Livre Audio | Discours sur les sciences et les arts, de Jean-Jacques Rousseau

D’où naissent tous ces abus … inégalité … talents … livre utile (non : bien écrit) … le sage ne court point après la fortune mais il est sensible à la gloire … nous avons des physiciens, etc., nous n’avons plus de citoyens … le mal n’est pas aussi grand qu’il aurait pu le devenir … voilà les sages maximes … monuments honteux que lui ont préparés l’imprimerie … les dangereuses rêveries des Hobbes et des Spinoza resteront à jamais … dans l’amertume de leur cœur … délivre-nous des Lumières … et donne-nous l’ignorance … (tant d’éloquence pour dénoncer l’éloquence) … arts utiles à la société … il n’a point fallu de maître … c’est par les premiers obstacles … permettre à quelques hommes … petit nombre … rien ne soit au-dessus de leurs espérances … le plus grand des philosophes : chancelier d’Angleterre … l’art de conduire les peuples … seule récompense : contribuer au bonheur des peuples à qui ils auront enseigné la sagesse … les peuples continueront d’être vils, corrompus et malheureux … laissons à d’autres le soin d’instruire les peuples … vertu, science sublime des âmes simples … voilà la véritable philosophie … bien dire … bien faire.

Rousseau s’écoute penser, il s’admire pensant. C’est du moins ainsi que je le lis ou l’écoute. Et ça m’est pénible. Les auteurs qui m’insupportent sont rares. Certains m’indiffèrent mais de là à m’énerver il faut y aller fort. Mais Rousseau, pas moyen. Je trouve ça d’un pompeux, d’un sérieux, d’un ennuyeux achevé, même si je sais que ses idées ne sont pas toutes à jeter, j’écoute sans écouter et je note sans noter, des mots qui en disent trop ou pas assez. Et encore, là, ce n’est pas le pire, il n’est pas en train de chouiner… Le seul plaisir à lire Rousseau, c’est d’imaginer quelles saillies pourra bien lui opposer Voltaire. On m’a dit, mais je n’y crois pas, que Les Confessions, c’est très drôle. Le livre est sur l’étagère. Il attend. Moi pas.

Notes d’écoute : l’horreur de Gaza

Palestine : non-assistance à peuple en danger (Pascal Boniface)

Ministre : les gens vont partir volontairement de Gaza (parce qu’on bombarde tout le temps). On parle d’annexion de la Cisjordanie. Liban aussi : cessez-le-feu violé + Syrie : on grignote du terrain sur le Golan. Netanyahou : sentiment de toute-puissance à catastrophe annoncée : de + en + de massacres à Gaza ; non-assistance à peuple en danger ; nous serons comptables devant l’Histoire d’avoir laisser faire cela. La communauté internationale va-t-elle réagir ? Personne ne pourra dire : nous ne savions pas.

Et pourtant, ils le diront, puisqu’ils disent n’importe quoi et que la réalité n’existe pas pour eux, alors massacrer un peuple entier, il ne faut pas exagérer, c’est juste qu’ils n’ont pas profité du deal. Au fond, c’est leur faute. Le cynisme règne en maître. Les voleurs piqués en flagrant délit se révoltent contre le démantèlement de l’État de droit, les violeurs s’insurgent contre leurs victimes, les assassins ne tuent que des terroristes, que ce soit des gamins n’y change rien, il n’y pas d’âge pour être un terroriste, c’est une question de sécurité nationale, pas question d’empathie pour ces gens-là. Ou plutôt : ayez de l’empathie pour nous, voleurs, violeurs, assassins, mais surtout pas pour ceux (celles surtout) qu’on vole, qu’on viole et qu’on assassine.

Notes d’écoute : ranger son bureau

Je range mon bureau °°°121°°°

Guillaume Cingal : lit beaucoup en français.

Virginia Woolf, Une esquisse du passé ; traduction chez Rivage Poche ; début de la 2GM, toute fin pour VW, texte inachevé. Première version du texte. Questions de traduction :

  1. Quand je pense… (je n’ai pas réussi à suivre) (très belle phrase en français)
  2. Elle me faisait toujours penser à ces grandes fleurs blanches… (dans un portrait de Stella, personne réelle). GC y lit VW totalement : imaginaire de VW, les mots passent au second plan.

Death of the author, Knedi Okorafor, diaspora (j’ai déjà oublié le pays : Kenya ?) aux USA ; livre très décevant (grand tapage autour du livre) ; futurisme africain ; titre originel : African futurism : abandonné pour faire référence à Barthes ; « The future of story telling is here », caution de George H.H. Martin ; Lagoon, livre important, mais celui-ci ? Extraordinairement déçu : 430 pages, trop long, tout est en excès, récit qui interroge le validisme, personnage handicapé en fauteuil devient auteur à succès ; écriture peu tenue.

J’aime écouter des gens parler de livres. Guillaume Cingal range son bureau (moi, j’ai de la peine). Il parle des livres lus, se pose des questions de traduction (c’est son métier, je crois, ou du moins l’une de ses occupations) et explore des contrées littéraires si loin des miennes qu’il est rare que nos lectures se rencontrent. De Virginia Woolf, pas d’esquisse du passé pour moi, pas même une promenade vers le phare ou au phare, je ne maîtrise pas les questions de traduction, seulement m’être perdu avec délice dans les vagues et avoir rencontrer une certaine dame qui préparait une réception pendant que Londres grouillait dans la tête des personnages. La mort de l’auteur ? Depuis longtemps ressuscités, les auteurs. Faut-il le regretter ? (Et ce n’est pas le Kenya, c’est le Nigéria).

Notes d’écoute : amour et effondrement

Jacques Brel, La Chanson des vieux amants

De piège en piège … passer le temps … le corps exulte … être vieux sans être adultes … merveilleux … tu sais … je t’aime … cortège … le temps nous fait tourment … le pire piège … tu pleures un peu moins tôt … faire le hasard … la tendre guerre … la fin du jour … je t’aime (ça dégouline de violons, de pianos, d’amour) (Gérard Jouannest, je crois).

Oui, Gérard Jouannest, qui fut l’amant de Juliette Gréco, je crois, après Miles Davis, Michel Piccoli, d’autres encore, il fallait bien passer le temps. Brel aussi passait le temps. Puis le temps a passé sur Brel et les vieux amants ne furent plus que des vieux, puis l’amour est mort, ils n’eurent plus rien à se maudire et ne virent plus dans leurs enfants que les défauts que l’autre y laisse. Je n’ai rien connu de cette force-là, mais je ne suis pas encore vieux. Vivement que vienne l’âge des vieux amants (mais la pendule du salon ne s’arrête jamais et le piano menace toujours de n’être plus qu’un meuble). Juliette Gréco a survécu à Gérard Jouannest mais la fête était morte.

Le monde s’effondre (mais un autre est déjà là !) – Olivier Hamant | LIMIT

Michel Serres : la loi de l’offre et de la demande n’a aucun sens. Vraie loi : besoins et ressources.

Etat des lieux : le monde ? ça tangue de plus en plus fort, selon tous les rapports scientifiques. Dans les médias : le monde sort de la continuité pour la rupture. Ce qu’on vit : crise culturelle ; monde de l’hyperperformance très fragile : burn-out, bullshit jobs au service du monde de la performance ; fermes où l’on court pour avoir le maximum de fraises.

Certes, mais comment le faire advenir, cet autre monde déjà là ? Comment le rendre désirable quand on nous pousse à désirer des fraises dégueulasses gorgées d’eau, sans goût mais abondantes dès février ? On court, on va de l’avant (c’est le slogan des gens de droite, dans la ville juste à côté, quand la gauche prétend que tout est possible, même le pire). On performe. Il faut être efficace. Pire : efficient. C’est le même mot mais ça fait plus savant. Pendant ce temps, ça tangue, et plus ça tangue, plus ça court. Olivier Hamant est optimiste. Je l’envie pour cela.

Notes d’écoute : mythes, violence, esclavage

Claude Lévi-Strauss et les mythes de société dites « primitives » | INA Culture

Derrière les mythes, astronomie primitive, légende de rois, amour, souffrance, mort : on cherche une clé. Mythe = super-langage, super-phrase avec des phrases : le moindre détail a une importance.

Structures : Martien débarque, tombe sur une partition d’orchestre et ne saura pas la lire ; il verra des récurrences et ne lira pas de manière linéaire mais en superposant les lignes.

Cuisine : passage de la nature à la culture (aucun animal ne cuit ses aliments, tous les humains oui). Mythe : les hommes faisaient cuir leur viande en l’exposant est au soleil ; tête-à-tête risqué entre le ciel et la terre : monde brûlé ou monde pourri ; feu de cuisine : tient à distance le soleil ; cru et cuit se trouvent aussi dans notre société dans le langage : monter à cheval à cru (pas d’intermédiaire, la selle).

On est toujours le primitif de quelqu’un. Lévi-Strauss aurait très bien pu (il s’y essaie un peu à la fin de l’interview) étudier nos propres mythes, mais la partition d’orchestre est trop facile à déchiffrer (en apparence). Cette question du cru et du cuit, on la double aujourd’hui (et ce n’est pas nouveau) de celle de l’animal et du végétal : quel sens ça a de manger de la viande ? Si on y réfléchit rationnellement, la réponse est évidente. Cela n’en a pas, donc abandonnons la viande. Mais notre culture, nos mythes, sont trop puissants, ils nous structurent trop en profondeur pour que nous y parvenions (écris-je en mangeur de viande qui cherche à se modérer et qui, tout en étant convaincu par les arguments des végans, ne parvient pas une seconde à s’imaginer totalement végétarien).

Être et savoir | De la délinquance des quartiers à la radicalisation identitaire : comment prévenir les violences chez les jeunes

Couteau : usage pas nouveau, bcp d’affaires, récurent. Arme disparue : le fusil à pompe. Couteau : pour agresser et tuer, très rare ; pour faire peur, très courant ; bcp de jeunes se protègent (3 façons de se protéger : ne pas sortir, sortir à plusieurs, s’armer).

Certains endroits ont réussi à inverser la tendance. Cela demande des moyens : aucun policier n’est parvenu à inverser la tendance sur le terrain ; les acteurs de l’intervention sociale sont plus efficaces sur le long terme.

Posture à adopter vis-à-vis des jeunes pour être accepté ? Comprendre leur langage et leur apprendre les mots du savoir ; disponibilité et prendre le temps de les écouter ; les médiateurs n’ont pas de pouvoir de sanction : les jeunes leur disent des choses, ont moins peur d’être sanctionnés. Travail complémentaire : prévention et judiciaire, essentiel mais en synergie.

Remplacer le couteau par les mots du savoir, belle idée. Peupler les rues de mots, parler aux jeunes plutôt que leur taper dessus. Il fallait y penser… Mais penser n’est pas toujours le réflexe sur des tels sujets. Ça éructe, ça s’indigne, ça n’écoute pas mais ça cause, sûr de savoir alors que non, taper sur les jeunes ne les rend pas plus sages. Cette réflexion-là semble basique, évidente, mais non, il y a toujours des gens qui se croient plus malins que les autres et qui disent n’importe quoi. Le problème, c’est que ces gens-là sont au pouvoir.

Jennifer Pitts | Les Lumières et l’esclavage : Cugoano, Condorcet et les débats sur l’abolition à la veille de la Révolution

Texte anti-esclavagiste : attention terme nègre pas péjoratif. Condorcet (1789) utilise noir plutôt que nègre et barre ce mot.

1787 : Ottobah Cugoano, Réflexion et sentiment sur le mal de l’esclavage. Arrive à Londres au moment où l’esclavage est aboli sur le sol anglais. Travaille comme domestique chez des peintre. Livre novateur : avant, quelques livres publiés ; mais son livre s’appuie sur la Bible, le droit naturel, pour la suppression de l’esclavage ; pas de promotion et aucune apparition dans la presse : livre trop radical pour les abolitionistes anglais, pour l’abolition immédiate de l’esclavage.

Très vite publié en français, grand investissement culturel et matériel, un exemplaire envoyé au roi ; traducteur inconnu mais Condorcet y est lié : l’esclavage est un crime public, Réflexions sur l’esclavage des nègres (pseudo : M. Schwartz).

Certains noms sont oubliés parce qu’ils ne sonnent pas d’ici. Ottobah Cugoano était contre l’esclavage, certes, mais c’est un n*. Condorcet aussi est contre ? Alors ça devient acceptable. L’histoire s’écrit depuis l’Europe. Ou s’écrivait. Le voilà étudié, cet auteur anti-esclavagiste, le voilà nommé autrement que John Stuart, parce que les esclaves, on leur enlevait jusqu’à leur nom. Est-ce qu’on peut le trouver, ce livre, si on n’est pas spécialiste ? Je n’ai pas cherché. C’est sans doute hélas une rareté. Tant de livres néfastes pullulent, mais celui-ci, nécessaire, dort dans la poussière avec son auteur pendant qu’un peu partout les Lumières s’éteignent.

Notes d’écoute : histoires d’Afrique

Introduction aux mondes africains médiévaux (4) | François-Xavier Fauvelle

Un moteur extérieur aux sociétés enclencherait leur histoire : rien n’est plus faux. Sources écrites arabes présentent un tableau dissymétrique des relations commerciales. Exemple : selon Al-Bakri, ville de Ghâna, 2 villes dont une habitée par des musulmans, l’autre est la ville du roi, où il y a une mosquée pour les musulmans venus à la cour, mais où il y a des sorciers. Les sources arabes donnent l’impression que l’agentivité est islamique. Quasi-absence de récits venus de l’autre côté : ne signifie pas qu’il n’y ait pas eu d’initiatives allant dans l’autre sens.

Sempiternelle problème de l’historien : comment raconter l’histoire d’un point de vue qui ne soit pas celui des dominants uniquement ? Comment ne pas se fier qu’aux sources les plus abondantes ? Comment ne pas se faire avoir par les trous de la documentation si aisés à remplir par des stéréotypes ? L’Afrique, pour cela, est une terre particulièrement dangereuse, au point que d’aucuns ont pu prétendre que tout un continent n’était pas entré dans l’Histoire, affirmation certes absurde mais que notre méconnaissance rend crédible. Je vais donc continuer d’écouter ce que raconte François-Xavier Fauvelle, histoire de n’être pas tout à fait ignorant à propos de l’Afrique.

Introduction aux mondes africains médiévaux (5) | François-Xavier Fauvelle

Pourquoi offrir une girafe ? Cadeau diplomatique.

Borno, Nigéria : an 655 de l’hégire, cadeau envoyé à Tunis ; problème : le même auteur parle de 1206, 50 ans d’écart ; pas de raison de douter de l’info. Pacte de 652 : une girafe complète la livraison annuelle de Lybie au khalife égyptien. 1276 : Nubie vassalisée à qui on demande de livrer chaque année 3 girafes. 1286 : Al-Abwab offre une girafe (et un éléphant). Éthiopie en crise religieuse, royaume affaibli : une femme règne pendant 30 ans, offre un zèbre au Yémen qui l’offre en Irak. Sources chinoises : rhinocéros offert (d’Abyssinie ?) ; girafe présentée à la cour en 1414, venant du Bengale, accompagnant une ambassade, depuis Malindi (côte est africaine) (expéditions chinoises forcent la main des villes visitées) mais pourquoi des girafes ?

Licorne = accord parfait entre l’ordre terrestre et l’ordre cosmique.

La girafe, si j’ai bien compris, serait une sorte de licorne, un animal presque mythologique, mystérieux, exotique, mais pas dangereux, moins en tout cas que le lion, l’éléphant, le rhinocéros, etc. On s’offre des girafes pour se monter le cou. Mais cela ne veut rien dire, se monter le cou. On s’offre des girafes parce que ça impressionne mais que ça ne bouffe que des feuilles d’arbre. La girafe est précieuse parce que rare dans les terres loin d’Afrique. La girafe est notre amie. Plus tard dans le cours, Fauvelle (c’est un nom d’oiseau et de léopard) parlera (on retient ce qu’on peut) de girafe en caoutchouc, mais Sophie ne nous apprend pas grand-chose sur l’histoire de l’Afrique sinon que les échanges étaient, dès le Moyen-Âge, nombreux.

Introduction aux mondes africains médiévaux (6) | François-Xavier Fauvelle

Routes représentées en réseaux traversant le Sahara. Lignes tirées à travers le Sahara ne nous apprennent pas grand-chose : dissemblance. Effet visuel : cherche à nous convaincre de l’interconnexion (mais nous sommes déjà convaincus).

Défauts : lignes reliant des localités = géographie précise, mais en fait tracé abstrait entre les points de départ des caravanes ; absence de hiérarchie entre les traces ; illusion de contemporanéité. Faux savoirs : précision géographique et chronologique. Être moins précis, c’est être plus juste.

D’où vient le problème de la représentation des routes ? Le Sahara n’est pas facilitateur de connexion. Le Sahara contraint les circulations et restreint les échanges. On ne peut traverser le Sahara nulle part facilement, on peut le traverser partout difficilement. Voies de traverse parfois improvisées.

Trouver une route dans un désert, c’est un peu comme trouver une aiguille dans une botte de foin, mission sinon impossible du moins très délicate, d’autant plus, ai-je cru comprendre, que les routes changent sans cesse d’emplacement, que les aléas du voyage créent des routes nouvelles qui n’effacent pas les anciennes. Bref, on risque fort, si on cherche à traverser le Sahara de se retrouver dans la position des Dupondt au pays de l’or noir, mais l’or transporté dans ce désert-là n’est pas noir, il brille, mais avant de faire fortune en le vendant, il faut affronter les routes sans route du Sahara. Certains sans doute s’y sont perdus et hantent les dunes encore aujourd’hui. L’historien n’a retrouvé aucune trace de ceux-ci mais il a senti leur présence.  

Notes d’écoute : oignon, dystopie, peste et piscine

Mademoiselle Sane, L’oignon

Le sens du devoir tout au fond du gousset… comptera le temps qui passe avec obstination… (ostinato) (la pendule au salon) (non).

Les chansons sur le temps qui passe rendent souvent mélancolique. Celle-ci, ça va, le pizzicato est plutôt rigolo et le temps passe sans qu’on ait le temps de désespérer. Ce n’est pas encore la pendule de Brel, qui dit oui qui dit non, qui nous attend, le tiroir reste fermé et on fait semblant d’oublier qu’on a beau faire, le ressort de l’amour ne remonte pas toujours jusqu’à 18h30 (écris-je à 16h30, j’ai le temps, deux heures encore…)

Face à la dystopie actuelle, « il nous faut des fictions qui nous aident à réinventer nos avenir » (Blast)

Jean Hegland : pas intéressée de prédire l’avenir mais d’analyser ce qui compte le plus pour les gens ; la tragédie, c’est qu’on n’a rien fait ; l’effondrement se passe en coulisses (pandémie, guerre, incendie) mais deux jeunes femmes cherchent où trouver ce qui compte, à repenser la relation au monde naturel.

Question : ce que l’on prend (mot illisible) est fragile ; le roman aide-t-il à nous préparer à ce qui arrive ?

JH : nous cherchons des histoires en permanence ; trop de gens ont adhéré à un récit erroné à l’élection de Trump.

Q. : Se préparer à moins d’abondance ? (exemple du gaspillage du thé)

JH : Quels sont nos besoins réels ? Tim Jackson, La prospérité sans croissance (≠ capitalisme tardif : on se préfère une paire de chaussure à une amitié)

C’est grâce à cette interview que je lis Jean Hegland, en commençant par Dans la forêt, dont il est peut-être question dans ces notes, à moins qu’elle ne parle déjà de la suite, qui vient de paraître, mais il faut d’abord que je termine le premier roman. Prolongeons les questions (auxquelles je répondrai moi-même, faute de mieux) :

Q. : Pensez-vous que la fiction peut sauver le monde ?

VF : Le monde, je ne sais pas, mais elle peut me sauver du monde, et elle peut donner des pistes pour vivre mieux dans ce monde en déperdition.

Q. : L’effondrement, pour vous, où se passe-t-il ?

VF : Il est intérieur, d’abord, l’effondrement, il a lieu partout où ça cesse de penser, et ça s’étend.

Q. : Le roman nous aide-t-il à nous préparer à ce qui arrive ?

VF : Il aide à étendre la gamme des possibles. Ce qui arrive, il est difficile de le décrire, mais ce qui pourrait arriver, le roman, la fiction, peuvent l’appréhender de mille manières, et c’est en multipliant les romans qu’on se prépare à cette diversité des effondrements possibles.

Nouvelles recherches sur la peste noire III, événement, causalité, temporalité | Table ronde : la peste, contextes sociaux et conjoncture politique

Cléo Rager : peste à Troyes, 10’000, 9’000, 6’000 h. ; rôle précis de la peste difficile à voir, plein d’autres causes possibles ; une seule mention de la peste (un type tousse dans l’assistance) (le colloque a lieu en plein Covid).

1470 : mentions et mesures se multiplient dans la documentation ; le traitement des maladies devient un enjeu explicite ; mesures : rester chez soi, partir pendant 40 jours, brûler les biens des morts.

Début du 16: nomination d’un agent spécialisé dans les épidémies ; acteurs municipaux se démarquent, parce que le traitement des épidémies devient une compétence des échevins, liée à l’entretien des routes et des cours d’eau ; peuple malcontent, manque d’implication des habitants : pourquoi ? décisions toujours prises avec les habitants (assemblée générale des habitants) (voyer, voyeur à Troyes, voierie gérée par les habitants).

Durant le Covid aussi, les décisions unilatérales des autorités ont rendu le peuple malcontent, mais pouvait-il en être autrement ? Tout cela, dit tout le monde, semble si loin, la peste, le Covid, les différentes mesures, le monde d’après a fait renaître des pestes d’un autre genre mais au moins on peut sortir de chez soi, voir du monde, vivre (sauf si on est migrant). Le monde d’après ? Ce colloque a servi de préambule au cours du professeur Patrick Boucheron intitulé précisément Après la peste, mais je n’ai pas encore eu le courage d’écouter ce qu’il raconte à ce propos, le monde d’après le Covid accaparant trop mon esprit inquiet. Les historiens de demain se demanderont quel aura été l’impact de la pandémie sur la catastrophe globale qui s’en est ensuivie (je sais, ce n’est pas très optimiste, mais être optimiste aujourd’hui est devenu criminel).

Le billet de François Morel | L’affaire du bonnet de piscine

Le 24 novembre, 15°, on va à la messe, pas à la piscine, Elisabeth oublie son bonnet. Le bonnet est sur le dossier du bonnet de l’agente. Le ton monte, part en couille, comme on dit à l’épiscopat. Affaire réglée (contrairement à d’autres) par la gendarmerie française : affaire sensible.

Je ne comprends rien à cette histoire. François Morel a sans doute voulu raconter une anecdote comique mais les notes que j’ai prises la rendent absconse. Tous les bonnets s’entremêlent, on ne sait pas si on est à la messe, à la piscine ou à la gendarmerie et l’épiscopat, de quoi se mêle-t-il ? Affaire sensible ? Si tu veux. Le 24 novembre, je ne suis allé ni à la piscine ni à la messe, encore moins à la gendarmerie. J’étais à la maison et je fêtais mon anniversaire. Sans bonnet.

Notes d’écoute : Survivre et laisser mourir

Le cours de l’histoire | Terres de glace, histoires d’explorations polaires 2/4, De la Terra Australis à la Terre Adélie, explorer l’Antarctique

Notion pivot : nombre, sens de formule d’une harmonie du monde (pythagoriciens) ; hypothèse d’une terre ronde, 2 hémisphères qui doivent s’équilibrer (Philolaos de Crotone) : idée qui bénéficie d’un consensus. Bilan : Ptolémée, créateur du langage géographique moderne, dans la carte, l’Océan Indien est fermée.

Ptolémée : terre au centre de monde (voix ancienne et lancinante) ; observateur du centre de la terre voit au ciel la réalité (c’est la voix d’un philosophe suisse, il me semblait bien) (pas compris le nom, mathématicien aussi)

1575 : mythe d’une terre riche anime les explorateurs jusqu’au 18e s. Carte des terres australes en 2 parties : idée de balancement. 1754 : carte de Buache plus détaillée ; des certitudes et tant et tant d’espaces à compléter. Les marins sont les seuls à pouvoir peupler le blanc des cartes (James Cook, La Pérouse) vers l’Australie.

Certains aujourd’hui cherchent à gommer les trop blancs des cartes gribouillées. Cette planète est trop complexe, aplatissons-la : nous vivons sur un disque plat comme l’intelligence d’un milliardaire américain et on se demande bien pour qui ils se prennent, ces Grecs, ces Suisses, ces Anglais, ces Français, ces Arabes, ces Chinois, ces Indiens, ces Canadiens, ces Australiens, pour ne serait-ce que parler. La science ? Il suffit de chercher ce qu’on a déjà trouvé. L’exploration ? Mon nombril suffira. Je lui planterai une IA qui m’apprendra que je suis un génie et je resterai au chaud chez moi à me regarder dans mon miroir-écran tout en insultant les rêveurs de jadis que motivait cette imbécillité : la quête de la connaissance.

Je te survivrai

C’est quoi, son nom ? Jean-Pierre-François-Mickaël ; c’est un footballeur converti, je crois, un pro de l’anaphore… dans… dans… dans… (je te survivrai, d’un amour vivant) (et tu m’entendras) (je ne suis pas ancien footballeur) (ou à peine) (tu me survivras).

A-t-il chanté autre chose ? Des nuits : il est torse nu crinière au vent et s’adonne en toute impunité à son vice de l’anaphore tout en tapotant son jeans avec son micro devant les yeux énamourés de groupies qui se demandent si vraiment il a été footballeur et en compagnie de musiciens qui regrettent qu’il ait abandonné le sport pour se mettre à chanter ; puis le voilà qui sort d’une monstre bagnole ultrapolluante les pecs moulés dans un débardeur noir en affirmant qu’il n’est pas rangé des voitures. Encore une pour la route ? Il a neigé sur les lacs, un slow d’anthologie (ou de bêtisier) (que j’ai fredonné toute la soirée après l’avoir découvert).

Cd Vincent

Il y avait juste écrit mon nom sur le cd. Je l’ai glissé dans l’appareil pour voir (pendant qu’il en existe encore, des appareils qui avalent les cd).

Le plus fort, c’est Gaston : une petite poire… (un pur mascu à la Musk et con-pagnie) le plus beau… le plus costaud… un caïd qu’a du chien et des manières… le plus chouette… un corps d’Apollon du plomb dans la tête (on assiste à leur grand retour) ça c’est pas du biceps en papier… je suis vraiment très doué en expectoration… c’est toi le champion… (elle lui préfère la bête).

Le bougalou du loup-garou : Carlos… j’suis chanteur comique… j’fais dans la musique… Languedoc, Tombouctou, Orénoque… les ruisseaux s’arrêtent de gargouiller… les bébés mangent leur soupe… Lux… les Charpentiers… Drucker.

Ce cd, je l’avais préparé (ou on me l’avait préparé, puisque ce n’est pas mon écriture) pour ma filleule quand elle venait passer la journée chez moi. Elle voulait toujours la même chanson, celle où le boucher coupe en petits morceaux les trois petits enfants qui s’en allaient glaner aux champs. Par la suite, elle a eu sa période zombie puis vampire puis gore. À part ça, elle va bien, sauf à la pleine lune où elle part en tournée avec Carlos ou plutôt son fantôme. Elle aussi, elle préfère la bête à Gaston.

Notes d’écoute : esclavage et chansons

La suite dans les idées | L’esclavage retracé

Artiste : hip-hop, graff, l’un des premiers à Paris, peinture, installations.

Inspiré des artistes (n’avait lu que La case de l’oncle Tom) (liste de noms que j’ignore).

Racines, série télévisée des années 70 (pas la réf) (très peu de réf en écoutant cela) ; lecture de Black boy, mémoire de l’esclavage un peu taboue ; à l’école, on n’apprend pas grand-chose.

James Baldwin (encore un nom sans visage), Malcolm X (le nom effacé) ; retour en Gambie dans son village.

Rapport à la mémoire différente entre la France et les États-Unis, découverts par la musique : premier voyage à New York (c’est pas les États-Unis).

Funk précède le hip-hop : histoire noire plus consciente mais pas pour le jeune artiste qui veut refaire le monde dans un prisme plus global ; se fait plus tard ; éducation artistique par l’école des murs, transmission directe, à l’africaine.

Je ne sais pas qui parle. Ça parle et ça part d’un lieu qui m’est étranger. Je ne sais pas ce qui parle en celui qui parle. J’aimerais l’entendre, j’aimerais comprendre ce qu’il me dit mais la distance est trop grande. Il fait un pas, j’en fais un, mais il reste tant de pas à faire. Je n’écoute ni funk ni hip-hop (ou si peu, sans rien savoir de ce que j’écoute), je ne vois pas les graffitis, je n’ai de l’Afrique d’une expérience pittoresque d’une semaine, et ce n’était pas en Gambie. Pourtant j’écoute, j’essaie, et c’est déjà infiniment plus que tous ceux qui se bouchent les oreilles.

Michel Sardou, Les Grands Moments (disque 1)

Petit : va-t’en jouer dans le jardin (le père fait pleurer la mère) tant pis tu ne comprends pas très bien (les grands non plus ne comprennent pas mieux).

Un enfant : (slow) un enfant de toi sans être mariés… si j’en fais un (pas nous : je) … comme un Dieu oublié du ciel (est-ce l’homme ou l’enfant ?) (la voix de la femme ne fait que répéter ce qu’il dit) … je … je … (pas question que l’enfant soit une fille) … un enfant de toi … un petit … si tu m’en fais un, tu pourras retourner avec tes copains.

J’habite en France : … vivent d’amour et de vin frais … on se balade la culotte en l’air … quand même pas 50 millions d’abrutis … deux-trois cafés par habitant … en France, il n’y a pas de musiciens … c’est en France qu’il y a Paris … on les fait mourir de plaisir (il en fera une autre chanson) (Sardou, c’est la France côté bourrin).

Le funk, le hip-hop, le graff, je n’y connais rien. Sardou, je connais. Il y a de quoi désespérer, parce que si on l’écoute vraiment Sardou, on se dit que la connerie, ça se débite (en tranche, ajouterait-il) à une cadence infernale, et que Sardou, ça swingue à côté de ses godasses. Changer de culture ? Il faudrait.

Alain Souchon, écoutez d’où ma peine vient

Les saisons : (sur la pochette, assis avec un âne) c’était l’amour et c’était l’hiver… l’amour et ses revolvers… le 21 mars l’hiver est parti, l’amour aussi (au printemps pareil, le 21 juin) (l’été ?) la jolie maison bourgeoise… d’autres garçons sont venus (rime avec nue) (« tourne court » rime avec « amour ») (l’automne ?) ce n’est jamais la saison (des amours) jamais (je sais) (Souchon, ça fout le moral dans les chaussettes).

Écoutez d’où ma peine vient : elles disent toutes que j’ai l’air fin… mais… le pauvre petit 27 de Janis Joplin (et Jim Morrison, Amy Winehouse, Curt Cobain) le parcours court… les petites Paris Hilton… long et court… con et lourd… l’amour… la vie… la peine…

Elle danse : sous les peuplier mouillés… sa maman et son papa, là-bas…elle danse le Tropique… l’ascenseur (même quand ça danse, chez Souchon, c’est à deux doigts de pleurer) … ne pas oublier les gens… le passeur qui avait dit le mot paradis… elle est folle (danser, pauvre folie) le bétail… petite maison de boue rouge… la mer était démontée… des enfants perdus.

Alain Souchon, c’est le médicament et c’est le poison, ça se prend à petites doses sinon ça tue. On écoute à travers ses chansonnettes d’où notre peine vient. On se dit que ça a été écrit pour moi, l’amour jamais de saison, le long, le court, le con, le lourd, la folie qui guette. On écoute, on chante un peu avec, mais on a passé les 27 ans depuis si longtemps qu’on en viendrait presque à s’y habituer, à ce gâchis (ce mot survenant, c’est le signe qu’on commence à dépasser la dose).

Les Zembarkader, Bienvenue

C’était dans les rues de Fribourg. Ça bougeait. J’avais acheté son cd.

Viens avec moi : dans mon pays voir la mer (on a envie) voir poissons voir la mer (il se répète) (ok j’arrive).

Irma la Ziza : le mélange il est chaud, îles boréales, îles tropicales (on y danse le mieux) (on y chante le mieux) (on y joue de la trompette) enfants de la Palestine ou enfants d’Israël (qu’entendent-ils ?) (et les Zembarkader, que deviennent-ils ?) l’Europe centrale (partout) (c’était quand ? 2008) il faut croire au soleil (mais la nuit semble si profonde) (des airs de bella ciao) (le désir soudain de braquer la banque d’Espagne).

Africa : (pas : j’ai envie de danser) (une Afrique plus dure) Somalie, Nigéria, Sénégal (une Afrique de souffrance) il n’y a plus de politique, Éthiopie, Congolais, Camerounais (l’Afrique sans tams-tams, l’Afrique guitare) finie la famine, il fait chaud, Mozambique, le Kenya, le Mali (loin des pittoresques négritudes, continent à l’abandon, continent oublié, continent loin du cœur).

Ça ira mieux : (on aimerait tant)

C’était il y a 17 ans. On ne peut pas dire que ça va mieux (le monde, je veux dire, moi ça va, mieux je ne sais pas, je ne me souviens plus comment ça allait en 2008, je commençais à enseigner, je me cherchais un peu, je me cherche toujours). Ce chanteur m’avait plu parce qu’il dégageait de la joie, de l’énergie, de la légèreté, et c’est toujours cela qui me plaît chez lui. Il y avait aussi ce désir de partir voir si au soleil… la misère… l’Afrique… (le voyage en Afrique du Sud, ce sera quand ? 2013 peut-être, je ne sais plus. Je ne suis pas allé avec lui voir la mer. Que devient-il ? Sur YouTube, on trouve trois chansons, ça ira mieux, l’univers et le moteur au Kekett’s bar à Monthey en 2018. Rien de plus récent, si ? Encore ça ira mieux et Viens avec moi en 2021 à Yverdon-les-Bains (ça se rapproche, dans le temps et dans l’espace, mais il est déjà parti et on n’est pas parti avec lui).

Notes d’écoute : très grand, très petit

Restructuration des quartiers, construction des villes nouvelles (colloque de rentrée Collège de France 2010)

Michel Lussault (fin) : impact de la numérisation, cité numérique ; réseaux aussi fondamentaux que les rues ; change nos modes de vie et l’organisation collective de ceux-ci ; substrats techniques de plus en plus complexes ; dimension environnementale de l’urbanisation, nouveaux assemblages, biodiversité urbaine ; regret : études urbaines négligées en France ; comment faire exister de véritables études urbaines à la hauteur des défis ?

La question était posée il y a quinze ans. Quant à la réponse, elle se laisse attendre. Les défis s’accumulent, les villes prolifèrent, on se loge où on peut, c’est chacun pour sa gueule et les débats sont sans fin. Vivre en ville ? J’ai donné. Vivre à la campagne ? Pas forcément mieux parce que l’impact des comportements anti-terre y sont moins visibles tout en étant aussi forts. Les techniques, plus personne n’y comprend rien. Changer nos modes de vie ? Tout le monde sait qu’on devrait. Personne n’est prêt.

CD Michel Legrand Master Série

Les grands musiciens : (du Bach on dirait) un clavier des jours anciens (orgue Hammond) ma vie devient sonate ou symphonie lorsque tes yeux se font bleus (blues) animé, enflammé… avec des yeux… bleus… amoureux (hésitation) on dirait… avec les yeux au bord du cœur… mon cœur est un grand musicien.

Celui-là : (qui ?) tenait dans sa main la jeunesse et la gloire et l’amour (qui ?) (pas moi).

Il est pourtant des yeux qui me regardent. Parfois ils sont bleus, parfois pas. Mon cœur n’est pas un grand musicien mais animé, enflammé, il y arrive encore parfois (une chanson, ça vaut bien une symphonie).

La mutualisation des savoirs à l’échelle mondiale (colloque de rentrée Collège de France 2010)

Gabriele Veneziano : physique des particules : 1950 Rochester puis conférence européenne avec les physiciens du monde, Grenoble, Cracovie… Connaissances les plus intimes de la nature poussées à nos limites ; remonter le plus loin en arrière dans le temps ; regarder le tout petit par une énergie très grande (comme celle de l’univers primordial) ; les deux infinis de la physique fondamentale se touchent (vertigineux que tout cela).

Course vers le grand gagnée par le CERN, LHC (non, ce n’est pas à Lausanne) : monstre de 10km de diamètre, 10’000 aimants supraconducteurs, température tout près du 0 absolu, pression 10x inférieure à l’atmosphère de la lune, énergie maximale 7’000x + grande que l’énergie associée à la masse du proton ; permettra des collisions (600 millions pas seconde), impossible de les mesurer toutes.

Et tout ça ne sert à rien (et à tout). Le savoir, c’est la beauté. La beauté du geste. L’humanité unie pour trouver ce qu’est la matière, l’humanité qui dépense des sommes immenses pour savoir, juste savoir ce qu’elle est fondamentalement. Le plus grand et le plus petit alliés pour toucher à l’intouchable, pour pousser toujours plus loin la connaissance. Utile ? Tellement plus que les cris des puissants qui se déchirent le monde.