Notes d’écoute : l’horreur de Gaza

Palestine : non-assistance à peuple en danger (Pascal Boniface)

Ministre : les gens vont partir volontairement de Gaza (parce qu’on bombarde tout le temps). On parle d’annexion de la Cisjordanie. Liban aussi : cessez-le-feu violé + Syrie : on grignote du terrain sur le Golan. Netanyahou : sentiment de toute-puissance à catastrophe annoncée : de + en + de massacres à Gaza ; non-assistance à peuple en danger ; nous serons comptables devant l’Histoire d’avoir laisser faire cela. La communauté internationale va-t-elle réagir ? Personne ne pourra dire : nous ne savions pas.

Et pourtant, ils le diront, puisqu’ils disent n’importe quoi et que la réalité n’existe pas pour eux, alors massacrer un peuple entier, il ne faut pas exagérer, c’est juste qu’ils n’ont pas profité du deal. Au fond, c’est leur faute. Le cynisme règne en maître. Les voleurs piqués en flagrant délit se révoltent contre le démantèlement de l’État de droit, les violeurs s’insurgent contre leurs victimes, les assassins ne tuent que des terroristes, que ce soit des gamins n’y change rien, il n’y pas d’âge pour être un terroriste, c’est une question de sécurité nationale, pas question d’empathie pour ces gens-là. Ou plutôt : ayez de l’empathie pour nous, voleurs, violeurs, assassins, mais surtout pas pour ceux (celles surtout) qu’on vole, qu’on viole et qu’on assassine.

Notes d’écoute : géopolitique et géopoétique

L’Iran à l’heure de l’incertitude, les mardis de l’IRIS (17.12.24)

Israël bombarde l’Iran ? Trump et ses sbires très anti-iraniens mais pas opposés à des discussions avec l’Iran (leur envoie Musk)

Revirement ? Ça ne paraît pas très rationnel (c’est Trump), torpille l’accord mais déplore que l’Iran n’ait pas l’arme nucléaire.

Rapprochement avec l’Arabie Saoudite ? Trump (on revient toujours à lui) a réfléchi et peut utiliser une stratégie de négociation.

Contestation intérieure ? « On n’en peut plus de la République islamique. » 20% soutiennent le pouvoir. Refus de porter le voile partout en Iran : comment faire face à soi ? Ils ne sont pas à l’aise… (mais continuent à sévir).

La crise interne affaiblit la sécurité du pays.

Femmes très éduquées que leur formation conduit à se révolter contre le régime (les Talibans, eux, ont compris : pas d’éducation pour les femmes).

Géopolitique à petite dose tant l’état du monde effraie. Il faut néanmoins s’y confronter : l’Iran est un enfer pour les femmes mais elles luttent. Le pouvoir est-il sur le point de s’effondrer, comme en Syrie ? Ma dose de géopolitique est trop infime pour répondre et l’effondrement des mollahs, s’il est éminemment souhaitable, risque de déstabiliser encore plus une région qui vacille de partout. La guerre, unique horizon possible ? On le craint et ce n’est pas Trump qui rassure. Bref, la géopolitique, si je la prends une petite dose à la fois, c’est qu’elle ouvre à un monde de terreur dont on sent bien qu’il advient. Un espoir ? Les femmes.  

#LVME #05 | vue extérieure, le paradoxe Perec

Je n’écrirai pas mais j’écoute : 69 occurrences du mot photographie dans La vie mode d’emploi (il les passe en revue), intuition : les intérieurs, jusque-là, mais sans vision générale.

Ne pas entrer soi dans une description, sinon on est foutu (sauf Balzac).

Se servir de l’idée de photographie d’extérieur : pas dans LVME mais dans Un cabinet d’amateur, diffraction permanente

Cabinet de curiosités, centaine de tableaux, on peut lire ce qu’il y a sur les tableaux représentés sur un tableau

Une seule occurrence de photographie, 130 occurrences du mot tableau

Fragments de réalité (en trouve peu)

Ekphrasis : comment Perec s’y prend pour représenter des lieux

Paysage : on y arrive, à ce qu’on cherche (paysage à manivelle) (tambour sur lequel s’enroulait la toile peinte) (fonction panorama du téléphone) (Perec : en avance, toujours)

Et pourtant j’écris. Même si ces notes donnent un aperçu fort décousu de la consigne (le mot est à bannir), de la proposition d’écriture, elles donnent envie d’aller y voir de plus près, de les retrouver, ces photographies, de les peindre, ces tableaux, ces extérieurs mis en boîte, l’infinité des paysages qu’on photographie à heure double, même si trop souvent ce sont des paysages intérieurs. Constituer son propre cabinet de curiosités, mais de curiosités volées à ce monde si fragile, si mouvant, si dangereux qui sans cesse s’approche puis s’éloigne. Construire sa géopolitique personnelle, qu’on appellerait géopoétique.