Notes d’écoute : index, répertoires et fables

LVME #07 #08 | répertoire des noms, index des histoires

Toujours pas écrire ou peut-être si, mais d’abord prendre note (c’est déjà écrire) :

  • 100 ans (j’écris aussi sur 100 ans)
  • Pérec ne parle pas des banlieues, mais ouvre des représentations des immeubles, des lotissements (comme Simenon, La nuit du carrefour) (j’ai une dizaine de Simenon trouvés dans une cabine, pas celui-là je crois)
  • On fait émerger une galaxie d’écriture-lieux.
  • Sujet collectif, galaxie humaine chez Dostoïevski
  • Forer nos tunnels plus loin
  • Passage à l’échelle du collectif
  • Fin, mais après plan de l’immeuble, nom des personnes qui l’habitent et des occupants précédents : point de départ.
  • Deux pistes (il ne les dit pas tout de suite)
  • 100 pages d’index (liste, chez Pérec, toujours) (où est Bourvil dans LVME ?) (l’envie de reprendre mon bouquin, pour voir) (rue de Paris, y retourner ce printemps ?)

La grâce de cette rue industrielle située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l’avenue des Ternes, écrivait Guillaume, ce pourrait être le commencement de cet index, une piste à suivre, une déambulation, avec Apollinaire, Pérec, Dostoïevski, Bon, tous les autres, une déambulation collective dans l’écriture de tous, dans les rues de tous, dans les noms propres qui surgissent de partout, mais ce n’était pas cela la consigne, celle-ci m’a échappé, je n’ai pas écrit, j’ai seulement rêvé, aperçu de loin une galaxie qui tourne autour de l’univers, à des millions d’années-lumière. Retourner à Paris ce printemps ? Pour y écrire quel index ? Pour tenter d’y épuiser quel lieu ? Pour y forer quel tunnel ? Imaginer Paris dans 100 ans (une dystopie, sans doute, partout, le monde, dans 100 ans) (déjà aujourd’hui, la dystopie).

CD Les Frères Jacques chantent La Fontaine

La cigale et la fourmi : à coup sûr, ils sont cigales, les Frères Jacques, mais derrière, pour danser l’été, l’hiver il y a un travail de fourmis (en collants).

Le singe et le léopard : fanfare avec cuivres grinçants, clarinette (le singe, c’est la clarinette), mais le léopard, c’est quel instrument ? L’orchestre entier. Morale : la clarinette suffit (la clarinette, c’est l’esprit) (les autres n’ont que l’habit pour tout talent).

Le corbeau et le renard : mes élèves, l’an passé, n’avaient jamais entendu cette fable (sans mentir) (j’ouvris mon large bec pour la leur déclamer à la vaudoise, à la bernoise) (je fus flatté) (à mes dépens) (de toute façon, les corbeaux ne mangent pas de fromage).

Le héron : musique bucolique, puis le héron au long bec emmanché d’un long cou, ma commère la carpe, mais le héron n’en veut pas, ni des tanches (failli la lire avec mes élèves, cette fable, en complément des Précieuses ridicules), ni du goujon, mais la faim le prit et il fut tout heureux et tout aise de rencontrer un limaçon (comme les Précieuses ?).

À la clarinette, j’ai joué, il y a fort longtemps, Le secret du limaçon. Ce n’est pas une fable. C’était, je crois, une musique bucolique, mais elle fut, en ce temps-là, laborieuse. Quant aux fables de La Fontaine, elles ont bien besoin du génie des Frères Jacques pour devenir supportables, tant l’école les a cucufiées, tant elles ont servi de moraline aux médiocres, tant on les a utilisées pour punir les récalcitrants et ceux (ça m’est arrivé) qui avaient oublié de poser leurs chaussons sur la bonne tablette. Certes, l’adulte y trouve de jolies expressions, des tournures originales, des personnages pittoresques, mais rien à faire, elles me gavent, comme on gave les oies. Titre de fable nouvelle : l’entonnoir et le gallinacé.

Notes d’écoute : géopolitique et géopoétique

L’Iran à l’heure de l’incertitude, les mardis de l’IRIS (17.12.24)

Israël bombarde l’Iran ? Trump et ses sbires très anti-iraniens mais pas opposés à des discussions avec l’Iran (leur envoie Musk)

Revirement ? Ça ne paraît pas très rationnel (c’est Trump), torpille l’accord mais déplore que l’Iran n’ait pas l’arme nucléaire.

Rapprochement avec l’Arabie Saoudite ? Trump (on revient toujours à lui) a réfléchi et peut utiliser une stratégie de négociation.

Contestation intérieure ? « On n’en peut plus de la République islamique. » 20% soutiennent le pouvoir. Refus de porter le voile partout en Iran : comment faire face à soi ? Ils ne sont pas à l’aise… (mais continuent à sévir).

La crise interne affaiblit la sécurité du pays.

Femmes très éduquées que leur formation conduit à se révolter contre le régime (les Talibans, eux, ont compris : pas d’éducation pour les femmes).

Géopolitique à petite dose tant l’état du monde effraie. Il faut néanmoins s’y confronter : l’Iran est un enfer pour les femmes mais elles luttent. Le pouvoir est-il sur le point de s’effondrer, comme en Syrie ? Ma dose de géopolitique est trop infime pour répondre et l’effondrement des mollahs, s’il est éminemment souhaitable, risque de déstabiliser encore plus une région qui vacille de partout. La guerre, unique horizon possible ? On le craint et ce n’est pas Trump qui rassure. Bref, la géopolitique, si je la prends une petite dose à la fois, c’est qu’elle ouvre à un monde de terreur dont on sent bien qu’il advient. Un espoir ? Les femmes.  

#LVME #05 | vue extérieure, le paradoxe Perec

Je n’écrirai pas mais j’écoute : 69 occurrences du mot photographie dans La vie mode d’emploi (il les passe en revue), intuition : les intérieurs, jusque-là, mais sans vision générale.

Ne pas entrer soi dans une description, sinon on est foutu (sauf Balzac).

Se servir de l’idée de photographie d’extérieur : pas dans LVME mais dans Un cabinet d’amateur, diffraction permanente

Cabinet de curiosités, centaine de tableaux, on peut lire ce qu’il y a sur les tableaux représentés sur un tableau

Une seule occurrence de photographie, 130 occurrences du mot tableau

Fragments de réalité (en trouve peu)

Ekphrasis : comment Perec s’y prend pour représenter des lieux

Paysage : on y arrive, à ce qu’on cherche (paysage à manivelle) (tambour sur lequel s’enroulait la toile peinte) (fonction panorama du téléphone) (Perec : en avance, toujours)

Et pourtant j’écris. Même si ces notes donnent un aperçu fort décousu de la consigne (le mot est à bannir), de la proposition d’écriture, elles donnent envie d’aller y voir de plus près, de les retrouver, ces photographies, de les peindre, ces tableaux, ces extérieurs mis en boîte, l’infinité des paysages qu’on photographie à heure double, même si trop souvent ce sont des paysages intérieurs. Constituer son propre cabinet de curiosités, mais de curiosités volées à ce monde si fragile, si mouvant, si dangereux qui sans cesse s’approche puis s’éloigne. Construire sa géopolitique personnelle, qu’on appellerait géopoétique.