Notes d’écoute : passant(e)s

Capucine Ollivier – Les passantes

Brassens jazz, féminin, tranquille, trompette, guitare, voix-contrebasse, je veux dédier ce poème à toutes les femmes qu’on aime pendant quelques instants secrets (elle s’en tient là, ne dresse pas la liste) (elle remplace les femmes par les hommes, ceux qu’on connaît à peine, qu’un destin différent entraîne et qu’on ne retrouve jamais).

Ils sont nombreux, elles sont nombreuses, ces femmes, ces hommes, qu’on aime pendant quelques instants secrets. Souvent, eux-mêmes, elles-mêmes, ne sont pas dans le secret. On ne le retrouve jamais. On ne les trouve même pas. Ils passent, elles passent. Les jours s’en vont, je demeure, pleurait l’autre, penché sur l’eau et nos amours, où faut-il qu’ils s’en aillent ?

Notes d’écoute : index, répertoires et fables

LVME #07 #08 | répertoire des noms, index des histoires

Toujours pas écrire ou peut-être si, mais d’abord prendre note (c’est déjà écrire) :

  • 100 ans (j’écris aussi sur 100 ans)
  • Pérec ne parle pas des banlieues, mais ouvre des représentations des immeubles, des lotissements (comme Simenon, La nuit du carrefour) (j’ai une dizaine de Simenon trouvés dans une cabine, pas celui-là je crois)
  • On fait émerger une galaxie d’écriture-lieux.
  • Sujet collectif, galaxie humaine chez Dostoïevski
  • Forer nos tunnels plus loin
  • Passage à l’échelle du collectif
  • Fin, mais après plan de l’immeuble, nom des personnes qui l’habitent et des occupants précédents : point de départ.
  • Deux pistes (il ne les dit pas tout de suite)
  • 100 pages d’index (liste, chez Pérec, toujours) (où est Bourvil dans LVME ?) (l’envie de reprendre mon bouquin, pour voir) (rue de Paris, y retourner ce printemps ?)

La grâce de cette rue industrielle située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l’avenue des Ternes, écrivait Guillaume, ce pourrait être le commencement de cet index, une piste à suivre, une déambulation, avec Apollinaire, Pérec, Dostoïevski, Bon, tous les autres, une déambulation collective dans l’écriture de tous, dans les rues de tous, dans les noms propres qui surgissent de partout, mais ce n’était pas cela la consigne, celle-ci m’a échappé, je n’ai pas écrit, j’ai seulement rêvé, aperçu de loin une galaxie qui tourne autour de l’univers, à des millions d’années-lumière. Retourner à Paris ce printemps ? Pour y écrire quel index ? Pour tenter d’y épuiser quel lieu ? Pour y forer quel tunnel ? Imaginer Paris dans 100 ans (une dystopie, sans doute, partout, le monde, dans 100 ans) (déjà aujourd’hui, la dystopie).

CD Les Frères Jacques chantent La Fontaine

La cigale et la fourmi : à coup sûr, ils sont cigales, les Frères Jacques, mais derrière, pour danser l’été, l’hiver il y a un travail de fourmis (en collants).

Le singe et le léopard : fanfare avec cuivres grinçants, clarinette (le singe, c’est la clarinette), mais le léopard, c’est quel instrument ? L’orchestre entier. Morale : la clarinette suffit (la clarinette, c’est l’esprit) (les autres n’ont que l’habit pour tout talent).

Le corbeau et le renard : mes élèves, l’an passé, n’avaient jamais entendu cette fable (sans mentir) (j’ouvris mon large bec pour la leur déclamer à la vaudoise, à la bernoise) (je fus flatté) (à mes dépens) (de toute façon, les corbeaux ne mangent pas de fromage).

Le héron : musique bucolique, puis le héron au long bec emmanché d’un long cou, ma commère la carpe, mais le héron n’en veut pas, ni des tanches (failli la lire avec mes élèves, cette fable, en complément des Précieuses ridicules), ni du goujon, mais la faim le prit et il fut tout heureux et tout aise de rencontrer un limaçon (comme les Précieuses ?).

À la clarinette, j’ai joué, il y a fort longtemps, Le secret du limaçon. Ce n’est pas une fable. C’était, je crois, une musique bucolique, mais elle fut, en ce temps-là, laborieuse. Quant aux fables de La Fontaine, elles ont bien besoin du génie des Frères Jacques pour devenir supportables, tant l’école les a cucufiées, tant elles ont servi de moraline aux médiocres, tant on les a utilisées pour punir les récalcitrants et ceux (ça m’est arrivé) qui avaient oublié de poser leurs chaussons sur la bonne tablette. Certes, l’adulte y trouve de jolies expressions, des tournures originales, des personnages pittoresques, mais rien à faire, elles me gavent, comme on gave les oies. Titre de fable nouvelle : l’entonnoir et le gallinacé.