La suite dans les idées | L’esclavage retracé
Artiste : hip-hop, graff, l’un des premiers à Paris, peinture, installations.
Inspiré des artistes (n’avait lu que La case de l’oncle Tom) (liste de noms que j’ignore).
Racines, série télévisée des années 70 (pas la réf) (très peu de réf en écoutant cela) ; lecture de Black boy, mémoire de l’esclavage un peu taboue ; à l’école, on n’apprend pas grand-chose.
James Baldwin (encore un nom sans visage), Malcolm X (le nom effacé) ; retour en Gambie dans son village.
Rapport à la mémoire différente entre la France et les États-Unis, découverts par la musique : premier voyage à New York (c’est pas les États-Unis).
Funk précède le hip-hop : histoire noire plus consciente mais pas pour le jeune artiste qui veut refaire le monde dans un prisme plus global ; se fait plus tard ; éducation artistique par l’école des murs, transmission directe, à l’africaine.
Je ne sais pas qui parle. Ça parle et ça part d’un lieu qui m’est étranger. Je ne sais pas ce qui parle en celui qui parle. J’aimerais l’entendre, j’aimerais comprendre ce qu’il me dit mais la distance est trop grande. Il fait un pas, j’en fais un, mais il reste tant de pas à faire. Je n’écoute ni funk ni hip-hop (ou si peu, sans rien savoir de ce que j’écoute), je ne vois pas les graffitis, je n’ai de l’Afrique d’une expérience pittoresque d’une semaine, et ce n’était pas en Gambie. Pourtant j’écoute, j’essaie, et c’est déjà infiniment plus que tous ceux qui se bouchent les oreilles.
Michel Sardou, Les Grands Moments (disque 1)
Petit : va-t’en jouer dans le jardin (le père fait pleurer la mère) tant pis tu ne comprends pas très bien (les grands non plus ne comprennent pas mieux).
Un enfant : (slow) un enfant de toi sans être mariés… si j’en fais un (pas nous : je) … comme un Dieu oublié du ciel (est-ce l’homme ou l’enfant ?) (la voix de la femme ne fait que répéter ce qu’il dit) … je … je … (pas question que l’enfant soit une fille) … un enfant de toi … un petit … si tu m’en fais un, tu pourras retourner avec tes copains.
J’habite en France : … vivent d’amour et de vin frais … on se balade la culotte en l’air … quand même pas 50 millions d’abrutis … deux-trois cafés par habitant … en France, il n’y a pas de musiciens … c’est en France qu’il y a Paris … on les fait mourir de plaisir (il en fera une autre chanson) (Sardou, c’est la France côté bourrin).
Le funk, le hip-hop, le graff, je n’y connais rien. Sardou, je connais. Il y a de quoi désespérer, parce que si on l’écoute vraiment Sardou, on se dit que la connerie, ça se débite (en tranche, ajouterait-il) à une cadence infernale, et que Sardou, ça swingue à côté de ses godasses. Changer de culture ? Il faudrait.
Alain Souchon, écoutez d’où ma peine vient
Les saisons : (sur la pochette, assis avec un âne) c’était l’amour et c’était l’hiver… l’amour et ses revolvers… le 21 mars l’hiver est parti, l’amour aussi (au printemps pareil, le 21 juin) (l’été ?) la jolie maison bourgeoise… d’autres garçons sont venus (rime avec nue) (« tourne court » rime avec « amour ») (l’automne ?) ce n’est jamais la saison (des amours) jamais (je sais) (Souchon, ça fout le moral dans les chaussettes).
Écoutez d’où ma peine vient : elles disent toutes que j’ai l’air fin… mais… le pauvre petit 27 de Janis Joplin (et Jim Morrison, Amy Winehouse, Curt Cobain) le parcours court… les petites Paris Hilton… long et court… con et lourd… l’amour… la vie… la peine…
Elle danse : sous les peuplier mouillés… sa maman et son papa, là-bas…elle danse le Tropique… l’ascenseur (même quand ça danse, chez Souchon, c’est à deux doigts de pleurer) … ne pas oublier les gens… le passeur qui avait dit le mot paradis… elle est folle (danser, pauvre folie) le bétail… petite maison de boue rouge… la mer était démontée… des enfants perdus.
Alain Souchon, c’est le médicament et c’est le poison, ça se prend à petites doses sinon ça tue. On écoute à travers ses chansonnettes d’où notre peine vient. On se dit que ça a été écrit pour moi, l’amour jamais de saison, le long, le court, le con, le lourd, la folie qui guette. On écoute, on chante un peu avec, mais on a passé les 27 ans depuis si longtemps qu’on en viendrait presque à s’y habituer, à ce gâchis (ce mot survenant, c’est le signe qu’on commence à dépasser la dose).
Les Zembarkader, Bienvenue
C’était dans les rues de Fribourg. Ça bougeait. J’avais acheté son cd.
Viens avec moi : dans mon pays voir la mer (on a envie) voir poissons voir la mer (il se répète) (ok j’arrive).
Irma la Ziza : le mélange il est chaud, îles boréales, îles tropicales (on y danse le mieux) (on y chante le mieux) (on y joue de la trompette) enfants de la Palestine ou enfants d’Israël (qu’entendent-ils ?) (et les Zembarkader, que deviennent-ils ?) l’Europe centrale (partout) (c’était quand ? 2008) il faut croire au soleil (mais la nuit semble si profonde) (des airs de bella ciao) (le désir soudain de braquer la banque d’Espagne).
Africa : (pas : j’ai envie de danser) (une Afrique plus dure) Somalie, Nigéria, Sénégal (une Afrique de souffrance) il n’y a plus de politique, Éthiopie, Congolais, Camerounais (l’Afrique sans tams-tams, l’Afrique guitare) finie la famine, il fait chaud, Mozambique, le Kenya, le Mali (loin des pittoresques négritudes, continent à l’abandon, continent oublié, continent loin du cœur).
Ça ira mieux : (on aimerait tant)
C’était il y a 17 ans. On ne peut pas dire que ça va mieux (le monde, je veux dire, moi ça va, mieux je ne sais pas, je ne me souviens plus comment ça allait en 2008, je commençais à enseigner, je me cherchais un peu, je me cherche toujours). Ce chanteur m’avait plu parce qu’il dégageait de la joie, de l’énergie, de la légèreté, et c’est toujours cela qui me plaît chez lui. Il y avait aussi ce désir de partir voir si au soleil… la misère… l’Afrique… (le voyage en Afrique du Sud, ce sera quand ? 2013 peut-être, je ne sais plus. Je ne suis pas allé avec lui voir la mer. Que devient-il ? Sur YouTube, on trouve trois chansons, ça ira mieux, l’univers et le moteur au Kekett’s bar à Monthey en 2018. Rien de plus récent, si ? Encore ça ira mieux et Viens avec moi en 2021 à Yverdon-les-Bains (ça se rapproche, dans le temps et dans l’espace, mais il est déjà parti et on n’est pas parti avec lui).