Notes d’écoute : histoires d’Afrique

Introduction aux mondes africains médiévaux (4) | François-Xavier Fauvelle

Un moteur extérieur aux sociétés enclencherait leur histoire : rien n’est plus faux. Sources écrites arabes présentent un tableau dissymétrique des relations commerciales. Exemple : selon Al-Bakri, ville de Ghâna, 2 villes dont une habitée par des musulmans, l’autre est la ville du roi, où il y a une mosquée pour les musulmans venus à la cour, mais où il y a des sorciers. Les sources arabes donnent l’impression que l’agentivité est islamique. Quasi-absence de récits venus de l’autre côté : ne signifie pas qu’il n’y ait pas eu d’initiatives allant dans l’autre sens.

Sempiternelle problème de l’historien : comment raconter l’histoire d’un point de vue qui ne soit pas celui des dominants uniquement ? Comment ne pas se fier qu’aux sources les plus abondantes ? Comment ne pas se faire avoir par les trous de la documentation si aisés à remplir par des stéréotypes ? L’Afrique, pour cela, est une terre particulièrement dangereuse, au point que d’aucuns ont pu prétendre que tout un continent n’était pas entré dans l’Histoire, affirmation certes absurde mais que notre méconnaissance rend crédible. Je vais donc continuer d’écouter ce que raconte François-Xavier Fauvelle, histoire de n’être pas tout à fait ignorant à propos de l’Afrique.

Introduction aux mondes africains médiévaux (5) | François-Xavier Fauvelle

Pourquoi offrir une girafe ? Cadeau diplomatique.

Borno, Nigéria : an 655 de l’hégire, cadeau envoyé à Tunis ; problème : le même auteur parle de 1206, 50 ans d’écart ; pas de raison de douter de l’info. Pacte de 652 : une girafe complète la livraison annuelle de Lybie au khalife égyptien. 1276 : Nubie vassalisée à qui on demande de livrer chaque année 3 girafes. 1286 : Al-Abwab offre une girafe (et un éléphant). Éthiopie en crise religieuse, royaume affaibli : une femme règne pendant 30 ans, offre un zèbre au Yémen qui l’offre en Irak. Sources chinoises : rhinocéros offert (d’Abyssinie ?) ; girafe présentée à la cour en 1414, venant du Bengale, accompagnant une ambassade, depuis Malindi (côte est africaine) (expéditions chinoises forcent la main des villes visitées) mais pourquoi des girafes ?

Licorne = accord parfait entre l’ordre terrestre et l’ordre cosmique.

La girafe, si j’ai bien compris, serait une sorte de licorne, un animal presque mythologique, mystérieux, exotique, mais pas dangereux, moins en tout cas que le lion, l’éléphant, le rhinocéros, etc. On s’offre des girafes pour se monter le cou. Mais cela ne veut rien dire, se monter le cou. On s’offre des girafes parce que ça impressionne mais que ça ne bouffe que des feuilles d’arbre. La girafe est précieuse parce que rare dans les terres loin d’Afrique. La girafe est notre amie. Plus tard dans le cours, Fauvelle (c’est un nom d’oiseau et de léopard) parlera (on retient ce qu’on peut) de girafe en caoutchouc, mais Sophie ne nous apprend pas grand-chose sur l’histoire de l’Afrique sinon que les échanges étaient, dès le Moyen-Âge, nombreux.

Introduction aux mondes africains médiévaux (6) | François-Xavier Fauvelle

Routes représentées en réseaux traversant le Sahara. Lignes tirées à travers le Sahara ne nous apprennent pas grand-chose : dissemblance. Effet visuel : cherche à nous convaincre de l’interconnexion (mais nous sommes déjà convaincus).

Défauts : lignes reliant des localités = géographie précise, mais en fait tracé abstrait entre les points de départ des caravanes ; absence de hiérarchie entre les traces ; illusion de contemporanéité. Faux savoirs : précision géographique et chronologique. Être moins précis, c’est être plus juste.

D’où vient le problème de la représentation des routes ? Le Sahara n’est pas facilitateur de connexion. Le Sahara contraint les circulations et restreint les échanges. On ne peut traverser le Sahara nulle part facilement, on peut le traverser partout difficilement. Voies de traverse parfois improvisées.

Trouver une route dans un désert, c’est un peu comme trouver une aiguille dans une botte de foin, mission sinon impossible du moins très délicate, d’autant plus, ai-je cru comprendre, que les routes changent sans cesse d’emplacement, que les aléas du voyage créent des routes nouvelles qui n’effacent pas les anciennes. Bref, on risque fort, si on cherche à traverser le Sahara de se retrouver dans la position des Dupondt au pays de l’or noir, mais l’or transporté dans ce désert-là n’est pas noir, il brille, mais avant de faire fortune en le vendant, il faut affronter les routes sans route du Sahara. Certains sans doute s’y sont perdus et hantent les dunes encore aujourd’hui. L’historien n’a retrouvé aucune trace de ceux-ci mais il a senti leur présence.  

Nury & Vallée : Katanga

L’histoire du Katanga, éphémère État indépendant d’Afrique, m’était inconnue. J’en ai découvert la face sombre à travers la série de bandes dessinées Katanga, scénarisée par Fabien Nury, dessinée par Sylvain Vallée, colorisée par Jean Bastide avec la collaboration de Luc Perdriset et publiée en trois albums, Diamants (2017), Diplomatie (2017) et Dispersion (2019), aux éditions Dargaud.