L’avez-vous croisé, ce Fou de Paris que nous raconte Eugène Savitzkaya dans son roman publié en 2023 aux éditions de Minuit ?
Étiquette : Paris
Journal du 17 au 23 février
Retour à la vie ordinaire, aux lectures (jamais tout à fait) ordinaires, à la musique, au fatras.
Ce que j’ai lu
Terminé Locus Solus : on lit, on essaie d’imaginer, on décroche, on relit, on est fasciné, on décroche, on a le sentiment à la fois que c’est génial et qu’on passe à côté (sentiment très fréquent à la lecture des œuvres véritablement originales). Me rabattre sur Le petit Nicolas et les copains, pour le contraste et pour la simplicité, pour la nostalgie et l’humour aussi.
Ce que j’ai vu
Rien de bien marquant, avouons-le. Toujours cette série, Les 100 (ce moment au cœur d’une série où l’on n’est plus dans la découverte mais pas encore dans le suspense du dénouement). Des voix et des images amicales (même si ce sont des gens que je n’ai jamais croisés dans la vraie vie) (mais qu’est-ce que la vraie vie ?) sur YouTube : Stewen Corvez, Marine Riguet, Michel Brosseau. Rien de bien marquant ? Certes, mais ces petits objets sont une respiration nécessaire, des voix qu’on retrouve avec joie, des parenthèses enchantées.
Ce que j’ai entendu
Des voix. Des interviews d’hommes remarquables : Jacques Genin le fondeur de chocolat ; John Nollet le narrateur capillaire ; deux hommes que la passion et la sensibilité ont fait devenir des maîtres en des arts trop souvent rabaissés, la pâtisserie (la douceur pour aider à supporter un terrible passé) et la coiffure (le cheveu fou qui me manque tant).
Ce que j’ai fait
Après ce petit livre sur Paris, retour à de l’ordinaire (mais l’ordinaire ne l’est jamais tout à fait) : des cours à préparer puis à donner, le concert annuel de la fanfare et jouer les mêmes traits mille fois en se disant que mille fois ce n’est pas assez, parler livres devant la caméra, prendre quelques notes par-ci par-là, histoire de ne pas perdre la main.
Journal du 12 au 16 février : Paris
Quatre jours à Paris valaient bien un livre. Ce que j’y ai lu, vu, entendu et fait, si vous voulez le découvrir, voici comment : il suffit de commander le livre sur Amazon.

Journal du 6 au 10 février 2024
Ce que j’ai lu
La littérature du dernier dix-neuvième siècle et celle du premier vingtième siècle, des noms qui sonnent démodés désormais, Paul Valéry, Jean Giraudoux, Georges Bataille, des œuvres que le temps a peut-être dévêtues de leur force d’évocation : Valéry pétant dans l’azur (Monsieur Teste), Giraudoux alignant les clichés teutons (Siegfried et le Limousin), Bataille poussant le vice jusqu’à le rendre lourd (Histoire de l’œil). Reste Céline, le plus ignoble de tous, le plus génial aussi, et se plonger dans des œuvres plus anciennes mais que le vieillissement ne touche pas, ce début du second livre de Don Quichotte, si moderne (la bêtise de Sancho Pansa, tellement plus réjouissante que l’intelligence de Monsieur Teste).
Ce que j’ai vu
Pour défendre Valéry (et c’est pour cela que je l’ai lu), William Marx exhume le cours du maître au Collège de France et répond aux critiques (Nathalie Sarraute délicieusement cruelle), mais avouons que Paul Valéry, on peine, trop abstrait, trop philosophe, trop bien élevé ; alors on regarde Les 100, ça se massacre à tout va, ça torture, ça tente des approches de paix qui foirent, ça expérimente sur des humains, ça crée des démons, ça se regarde avec ce plaisir coupable de l’intello qui voudrait n’aimer que les azureries foireuses et les freudiennes débauches mais qui souvent préfère les histoires d’adolescents qui veulent sauver le monde et s’entretuent à tout va quand ils ne baisent pas en toute chasteté de série télévisée, c’est-à-dire hors écran.
Ce que j’ai entendu
De la musique classique plus que classique, les grands succès du genre, ceux qu’on connaît par cœur et aussi des chanteuses (Marie-Paule Belle, Françoise Hardy), écoutes assez banales que celles récentes, envie de revenir aux bases, trêve dans la découverte, on ressort les vieux CD.
Ce que j’ai fait
Toujours papillonnantes, mes créations et mes réalisations, quelques accords de guitare, le même trait de clarinette mille fois, une écriture qui ressasse, des cours repris des années précédentes (la phase créative, le projet inédit, on s’y remet dès demain, voyage à Paris, quatre jours, un livre à écrire, à Paris, en quatre jour, écrire pour créer un objet, voilà peut-être un moyen de relancer la machine, et surtout : l’offrir, cet objet, aux gens qui compte, pour faire semblant de ne pas voyager seul).