Journal lecture : 2026, semaine 44

Dans ce quarante-quatrième journal de lecture de l’année 2026, je passe en revue mes lectures. En plus de la vidéo ci-dessous, vous trouverez les notes prises après chaque moment de lecture, sur un fond de couleur différent pour chaque livre.

1:20 Damien Marie & Karl Tollet, 300 grammes

6:22 Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques

12:48 Bret Easton Ellis, American Psycho

16:06 Nathalie Sarraute, Enfance


Sur le fauteuil, commencé 300 grammes, BD de Marie et Karl T., sur la naissance d’un mythe : Le Hollandais Volant ! », en noir et blanc, avec bien sûr un naufrage puis les aventures d’une certaine Agnès, accro à l’épicine (une larve et une drogue hallucinatoire) qui se retrouve esclave (on lit aussi des lettres d’un certain Jack Stullman, en 1788, à propos de son arrière-arrière-grand-oncle).

Sur le fauteuil jaune, musique orientale et Enfance, la naissance de l’écriture si cruciale chez les futurs écrivains (je pense aux Mots de Sartre) et ce commentaire assassin qui empêche l’écriture : « Avant de se mettre à écrire un roman, il faut apprendre l’orthographe. »

Sur le fauteuil jaune, terminé 300 grammes, entre marine et mythologie, paradis artificiels et esclavage, la naissance d’un mythe (à continuer d’explorer).

Dans le train Cousset-Zofingen, American psycho, mélange toujours plus inquiétant de snobisme et d’horreur. Bateman : dandy aux pulsions assassines. Au détour d’un catalogue de mode, il torture un chien et se montre outré quand il a affaire à des homos.

Dans le train Zofingen-Cousset, American psycho, toujours le mélange détonnant, la liste des cadeaux pour Noël : 1) un resto chic 2) se faire inviter par Trump sur son yacht 3) en savoir plus sur le portefeuille Fisher 4) « scier la tête d’une petite nana » 5) « m’excuser auprès d’Evelyn ».

Sur le fauteuil jaune, Enfance, à nouveau une de ces phrases qu’on lit sans y penser puis auxquelles on ne cesse de penser : l’enfant trouve sa poupée plus belle que sa maman et que répond la maman ? « Un enfant qui aime sa mère trouve que personne n’est plus beau qu’elle. » Donc… l’enfant n’aime pas sa maman… (cette phrase est d’une violence absolue), puis l’enfant pense pire, « maman à la peau d’un singe. »

Sur le fauteuil jaune, Enfance, va-et-vient entre la mère, qu’on craint de ne pas assez aimer, et le père ; entre le russe et le français aussi.

Sur le fauteuil jaune, (re)commencé Tristes tropiques dans la Pléiade Lévi-Strauss, où malgré la première phrase (« Je hais les voyages et les explorateurs. »), les talents de conteur de l’auteur se remarquent facilement ainsi que son ironie quand il est question des conférences ethnographiques de sa jeunesse.

Sur le fauteuil jaune, Enfance, toujours cette extrême attention aux mots : « Elle est bête » (à propos de la compagne du père) (on retrouve ce type de remarque dans Vous les entendez ?) (la petite Nathalie entend tout).

Sur le fauteuil jaune, chapitre 2 de Tristes Tropiques, deux traversées de l’Atlantique, avant et pendant, la guerre, le luxe puis la déchéance : « Le pauvre homme voyait encore en moi un ambassadeur au petit pied de la culture française ; moi, je me sentais déjà gibier de camp de concentration. »

Sur le fauteuil jaune, Enfance, des détails, semble-t-il, des lettres qu’on écrit à la mère, le père qui nous sert dans ses bras, des moments cruciaux.

Sur le fauteuil jaune, avec Haydn et Glenn Gould, Enfance, la petite fille perdue entre 2 parents que des milliers de kilomètres séparent et cette petite sœur qui naît (demi-sœur) et prend toute la place.

Sur le fauteuil jaune, Michael Haydn et Enfance, cette parole de la bonne, « chez ta mère » et l’enfant qui sait qu’elle n’est pas tout à fait chez elle.

Sur le fauteuil jaune, fini la première partie de Tristes Tropiques, entre Antilles et États-Unis, mais en passant par le Brésil et d’autres lieux, tout étant sans cesse comparé afin de trouver un semblant de sens (une structure commune).

Sur le fauteuil jaune, Tristes Tropiques, formation intellectuelle de l’auteur, rejet de la philosophie de l’époque (« l’enseignement philosophique exerçait l’intelligence en même temps qu’il desséchait l’esprit »), découverte de Freud et de Marx puis tentative de penser autrement (Lévi-Strauss dit avoir l’esprit « néolithique ») qui le pousse vers l’ethnologie.

Sur le fauteuil jaune, Tristes Tropiques, un coucher de soleil un peu lourd puis le Nouveau Monde qui approche avec le souvenir de Christophe Colomb.

Sur le fauteuil jaune, Enfance, où à propos de la dictée, il y a cette phrase : « Je ne suis rien d’autre que ce que j’ai écrit. »

Sur le fauteuil jaune, Tristes Tropiques, arrivée à Rio, souvenir de Jean de Léry, impression qu’il n’y a pas de différence entre le dedans et le dehors.

Sur le fauteuil jaune, Enfance, le père et la fille face aux problèmes mathématiques, l’algèbre contre l’arithmétique.

Sur le fauteuil jaune, avec Michael Haydn, Enfance, le plaisir d’écrire « mon premier chagrin d’enfance » et de l’inventer, bien sûr, même si ici, dans Enfance, les chagrins semblent réels.

Sur le fauteuil jaune, Enfance : Nathalie joue les maîtresses d’école, interroge des élèves imaginaires (un peu comme la voix qui parfois l’interrompt dans le livre).

Dans le train Cousset-Fribourg, American psycho, une soirée de réveillon qui tourne au glauque, puis les sempiternelles marques de vêtements.

Dans le train Fribourg-Cousset, American psycho, une sorte de bar, des filles décrites comme idiotes, le besoin de coke, une rencontre (cette fille, il l’avait torturée), cela semble banal, c’est oppressant.

Sur le fauteuil jaune, avec Gustav Holst, Enfance, le retour de la mère, ses mots toujours aussi blessants, comme si elle partait à une adulte, encore un départ, à cause de la guerre qui arrive.

Sur le fauteuil jaune, avec Arthur Honegger, terminé Enfance, fin abrupte, « — Pourquoi maintenant tout à coup, quand tu n’as pas craint de venir jusqu’ici ? » Elle n’a plus envie. L’enfant prend le tramway. C’est peut-être là que s’arrête l’enfance pour Sarraute (et qu’elle commence pour Claude Simon).

Sur le fauteuil jaune, Tristes Tropiques, découverte du Brésil (Rio et Sao Paulo), description de paysages, qui ne devient intéressante que quand est enclenchée la machine comparative et interprétative.

Sur le fauteuil jaune, Tristes Tropiques, Sao Paulo, une ville où l’on s’étonne que certains bâtiments aient 50 ans et qualifiée de sauvage.

Dans le train Cousset-Fribourg, American psycho, toujours plus horrible, Bateman tue un collègue/concurrent à coups de hache en pleine gueule (que fait la police ?)

Dans le train Fribourg-Cousset, American psycho, monotonie, soulagement du crime, soulagement transitoire puis retour à la normale, dîner avec un frère arrogant (c’est de famille).

Journal de lecture : 2026, semaine 43

Dans ce quarante-troisième journal de lecture de l’année 2026, je passe en revue mes lectures. En plus de la vidéo ci-dessous, vous trouverez les notes prises après chaque moment de lecture, sur un fond de couleur différent pour chaque livre.

1:24 Chanouga, Narcisse

8:09 Raymond Queneau, Exercices de style

14:09 San-Antonio, Entre la vie et la morgue

16:47 Bret Easton Ellis, American Psycho

20:24 Eugène Ionesco, Présent passé Passé présent

24:20 Nathalie Sarraute, Enfance

31:59 Patrick Boucheron (sldr), Histoire mondiale de la France


Sur le fauteuil jaune, en écoutant une version à la Liszt de l’hymne national suisse (donc un exercice de style), quelques Exercices de style de Queneau, parodie de comédie en 3 actes ou fantomatique récit issu des temps anciens. Les meilleurs exercices sont ceux qui jouent sur les lettres (à mon goût), comme les paréchèses : « Sur la tribune bustérieure d’un bus qui transbahutait vers un but bucolique… »

Sur le fauteuil jaune, trois Exercices de style, philosophique (saturé de références), apostrophe et maladroit (où Queneau s’efforce de mal écrire même si « c’est en écrivant que l’on devient écriveron. »)

Sur le fauteuil jaune, fond jazz parfaitement adapté, Exercices de style, désinvolte, partiel, sonnet puis le début des 5 sens, olfactif et gustatif (ça a quel goût, un autobus ?).

Sur le fauteuil jaune, terminé Entre la vie et la morgue, où la révélation finale confirme ce que me disait mon petit doigt et où une certaine madame Pranmoitoux porte bien son nom.

Sur le fauteuil jaune, Exercices de style ou comment inventer sans cesse. Parfois on n’y pige plus rien, on est perdu, puis on retrouve quelque chose d’une histoire qu’on connaît par cœur.

Sur le fauteuil jaune, Exercices de style où il suffit d’un rien pour être inventif. Dans « épenthèses », mine de rien, Queneau invente le pronom « iel ».

Sur le fauteuil jaune, un exercice de style, tout bête, « parties du discours ». On classe les mots selon leur catégorie grammaticale (intéressant à refaire en classe, on risque d’avoir des surprises) (mauvaises).

Sur le fauteuil jaune, commencé Histoire mondiale de la France, ouverture par Patrick Boucheron pour essayer de relier « mondial » et « France » en montrant (et c’est cela qui m’intéresse) que la France est dans le monde (et que donc lire son histoire depuis la Suisse, c’est aussi lire notre histoire).

Sur le fauteuil jaune, quelques Exercices de style qu’on est presque obligé de lire à haute voix (le javanais, les italianismes).

Sur le fauteuil jaune, American psycho, étrange chapitre sur Genesis, sorte de chronique musicale sensible au milieu des ignominies (genre Very good trip au milieu de very bad trip).

Sur le fauteuil jaune, avec du jazz, presque terminé les Exercices de style, livre potentiellement infini (mais trop court).

Terminé, sur le fauteuil jaune, les Exercices de style avec « inattendu ». Comment créer, après 100 fois ou presque la même histoire, de l’inattendu ? Raymond Queneau y parvient et il y parviendrait sans doute encore après 100 autres versions.

Sur le fauteuil jaune, (re)commencé Enfance de Nathalie Sarraute, le seul livre que j’avais déjà lu d’elle. Ce qui frappe, c’est la continuité avec ce qui précède : le dialogue avec un double puis les mots qui déclenchent l’écriture, mots allemands comme le « Ich sterbe » de L’Usage de la parole.

Sur le fauteuil jaune, avec Händel, quelques pages d’Enfance, où la scène est classique, celle de l’enfant qui ne veut pas manger ce qu’on lui sert, mais à nouveau c’est le langage qui est premier ; un médecin a dit « tu dois mâcher les aliments jusqu’à ce qu’ils deviennent aussi liquides qu’une soupe », or ils ne le sont pas, il faut continuer à mâcher.

Sur le fauteuil jaune, chapitre 2 de Narcisse, « Terra nullius », où le naufragé blanc petit à petit est initié à la culture locale et devient indigène, presque (la couleur de la peau, bien sûr, ne change pas, et quand les Anglais débarquent ils croient le sauver des sauvages (mais ce sont eux les sauvages, bien sûr).

Sur le fauteuil jaune, Narcisse (ou Amglo) doit revenir en France (sa maman l’y attend depuis 17 ans) et on l’appelle le « sauvage blanc ». On l’a sauvé ? Non, bien sûr, on l’a arraché à ce qu’il était devenu. Qui est-il désormais ? Narcisse ou Amglo ? Qui voit-il dans sa glace ?

Sur le fauteuil jaune, avec Haydn et Schubert, Enfance ; les scènes se succèdent au présent, sans qu’on comprenne toujours ce qu’il s’y déroule, on y lit le souvenir en train de naître et les questions qu’il pose.

Sur le fauteuil jaune, terminé Narcisse, le « sauvage blanc » qui incarne tous les paradoxes de la colonisation à lui tout seul, homme perdu entre deux mondes qui lui sont tous deux étrangers et auxquels il appartient néanmoins.

Sur le fauteuil jaune, Présent passé passé présent, ce scandale du temps qui passe qu’on devrait refuser : vieillir non merci. Je suis un enfant (mais emprisonné dans un corps d’adulte.

Journal de lecture : 2026, semaine 40

Dans ce quarantième journal de lecture de l’année 2026, je passe en revue mes lectures. En plus de la vidéo ci-dessous, vous trouverez les notes prises après chaque moment de lecture, sur un fond de couleur différent pour chaque livre.

1:25 Patricia Highsmith, La rançon du chien

8:13 Bernard Droz, Evelyne Lever, Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962

13:20 Nathalie Sarraute, L’Usage de la parole

20:48 Paul-Louis Courier, Pamphlets politiques

24:22 Corbeyran & Bordier, Elfes 4. L’Élu des semi-Elfes

26:32 Hadrien & Ma Yi, Elfes 5. La Dynastie des Elfes noirs

28:48 Italo Calvino, Le Vicomte pourfendu

35:00 Emmanuel Carrère, Kolkhoze


Sur le fauteuil jaune, Histoire de la guerre d’Algérie, passage en revue des positions politiques en métropole : renaissance de l’extrême-droite (dont un certain J.-M. Le Pen) et confusion partout ailleurs.

Dans le train Cousset-Fribourg, La rançon du chien ; où Clarence logera-t-il ? Telle semble être l’obsession de tout le monde (et le meurtre qu’il a commis ?).

Dans le train Fribourg-Cousset, La rançon du chien, l’étau se resserre autour de Clarence et sa petite amie n’en peut plus. J’attends le drame final, qui ne peut que survenir, mais comment ? Nouveau meurtre ? Arrestation ? Suicide ?

Sur le fauteuil jaune, la guerre d’Algérie se transforme en crise institutionnelle : les gouvernements se succèdent, les militaires désobéissent, le général de Gaulle joue les divas puis, sans que personne sache vraiment ses intentions sur l’Algérie, se laisse octroyer les pleins pouvoirs tout en jurant ne pas vouloir commencer à 67 ans une carrière de dictateur…

Sur la terrasse, Histoire de la guerre d’Algérie, le général de Gaulle tergiverse ; personne ne sait ce qu’il pense ; il temporise, il dit « je vous ai compris » mais personne ne comprend ce qu’il veut dire en disant cela.

Sur le fauteuil jaune, avec Steevie Wonder, Elfes 4. L’élu des semi-Elfes, « tout a commencé par du sang », une exécution, un prophète à la tête tranchée qui annonce l’élu, un peuple esclave qui se libère, puis des légendes, des trahisons, la guerre (les semi-Elfes sont aussi humains).

Sur le fauteuil jaune, Elfes 5, La Dynastie des Elfes noirs, une histoire sombre, celle d’un Elfe bleu choisi pour devenir un assassin, un Elfe noir, maudit, cruel, sans merci, presque une bête sauvage, s’il survit (ce qui est pire que mourir).

Au lit, La rançon du chien, Clarence est chassé de chez Ed, qui se dit que loger un assassin n’est pas prudent, puis un nouvel interrogatoire a lieu. Clarence ne craque pas. Pas encore. Arrivent Ed, Marylin, d’autres témoins. La tension monte. La fin approche. Quelle fin ?

Dans le train, entre Corcelles-Sud et Palézieux-Village, La rançon du chien. Les voilà qui frappent Clarence, qu’ils appellent ses « amis » au milieu de la nuit, qu’ils font tout pour le faire avouer. Tout est raconté du point de vue de Clarence, qui est certain de ne pas craquer. Le lecteur est plus dubitatif.

Dans le train, entre Palézieux-Gare et Châtillens, terminé La rançon du chien. Ça se termine mal, bien sûr, mais de manière malgré tout surprenante (et il y a quelque chose de pourri dans la police de New York).

Dans le train, entre Châtillens et Cousset, commencé Le Vicomte pourfendu d’Italo Calvino, conte qu’on dirait voltairien teinté de fantastique : un militaire coupé en deux qui survit, son retour au pays où les poires et les champignons aussi sont coupés en deux (il le faut pour la poire, dit-on) (et pourquoi le Vicomte donne-t-il à son neveu un panier de demi-champignons vénéneux ?).

Sur la terrasse, La guerre d’Algérie s’enlise. Le général de Gaulle penche de plus en plus, sans le dire, vers l’indépendance, et les militaires poursuivent ce qu’ils appellent la pacification. Côté algérien, entre les politiques et les militaires, c’est tendu aussi, mais des deux côtés il semble, en 1959, que les politiques reprennent la main.

Sur la terrasse, Paul-Louis Courier ne veut pas payer pour qu’on installe à Chambord, tout près de chez lui, le duc de Bordeaux, un bébé qui aurait plus besoin d’une école que d’une cour que Courier dépeint comme corruptrice de la jeunesse, dépravée, fainéante, à admirer seulement à bonne distance.

Sur le fauteuil jaune, dans l’Histoire de la guerre d’Algérie, me voilà au grand tournant, celui où se pose la question de l’autodétermination, c’est-à-dire véritablement de l’indépendance et où de Gaulle doit rappeler aux militaires qu’il est leur chef.

Sur le fauteuil jaune, dans L’Usage de la parole, Nathalie Sarraute décortique « Et pourquoi pas » : « Des mots qui ont ce pouvoir de se glisser sous un argument de poids, une objection écrasante, de la soulever, de la faire voltiger, insaisissable, inconsistante, et celui qui l’a avancée, pour la rattraper se tend, s’étire, bondit… »

Sur le fauteuil jaune, cette phrase terrible, reprise par Sarraute, qui ne lui prête pas l’oreille mais la lui donne : « Si tu continues, Armand, ton père va préférer ta sœur. »

Sur le fauteuil jaune, avec Händel, L’Usage de la parole, ou quand des mots qui flottent dans l’air retiennent soudain l’attention, changent tout, le mot amour, le mot esthétique qui gâche tout ou ce « mon petit » qui nous a échappé. « Hé bien quoi, c’est un dingue. » se dit-on et Nathalie Sarraute nous prend aux mots.

Au lit, Paul-Louis Courier se retrouve au tribunal pour avoir dépeint la cour sous un mauvais jour. Comment s’en défend-il ? En écrivant que le gouvernement l’accuse « d’offense à la morale publique, pour avoir écrit un discours contre la débauche. »

Dans le train Cousset-Fribourg, Le Vicomte pourfendu : c’est la mauvaise moitié du Vicomte qui est revenue, celle qui condamne à tout va (pour le grand plaisir du charpentier en potences).

Dans le train Fribourg-Cousset, Le Vicomte pourfendu, où le narrateur joue les Candide et où le Vicomte mauvaise moitié cherche à piéger les huguenots puis tombe amoureux (et arrache donc la moitié des pétales des fleurs).

Sur le fauteuil jaune, La guerre d’Algérie s’emballe. Le général de Gaulle parle d’autodétermination et les Français d’Algérie, qui se sentent abandonnés, commencent à se préparer à l’insurrection. Quant à l’armée, elle est de plus en plus divisée.

Sur le fauteuil jaune, L’Usage de la parole, « Ne me parlez pas de ça », une expérience psychologique fictive, 2 groupes, ceux qui peuvent dire cette phrase et ceux qui ne le peuvent pas, mais pourquoi ? Petit à petit, les groupes se mélangent.

Au lit, Courier relate son procès et accuse son accusateur de ne pas savoir discourir convenablement. Le style manque et tout est dépeuplé.

Dans le train Cousset-Fribourg, Le Vicomte pourfendu, ambiance à la Tim Burton (ça donnerait quoi en film ou en dessin animé ? cela existe peut-être), amours impossibles d’un monstre et d’une bergère, balade au milieu des lépreux, tout cela raconté avec légèreté.

Dans le train Fribourg-Cousset, Le Vicomte pourfendu soudain se met à faire le bien, à soigner les malades, à aider les pauvres. Que lui arrive-t-il ? C’est que l’autre moitié, la bonne, est de retour. À quand l’affrontement des deux Vicomtes ?

Au lit, suite des Pamphlets de Courier et de son procès où le discours d’un certain Jean Broë se trouve détruit par l’auteur tant il n’a rien compris aux propos incriminés.

Sur le fauteuil jaune, La guerre d’Algérie, au début de l’année 1960 : insurrection des défenseurs de l’Algérie française (l’armée hésite à les soutenir) puis tentatives de négociations qui rapprochent toujours plus les Algériens de l’autodétermination.

Sur le fauteuil jaune, L’Usage de la parole, presque la fin, cette idée qui nous échappe dans le discours de l’autre et l’impossibilité de dire « je ne comprends pas » (on l’a tous vécu).

Sur le fauteuil jaune, L’Usage de la parole, « je ne comprends pas » (on a la tentation de dire cela quand on lit Sarraute, mais c’est plus compréhensible qu’il ça en a l’air).

Sur le fauteuil jaune, commencé Kolkhoze d’Emmanuel Carrère par l’enterrement de sa mère académicienne, la pompe républicaine, la plume de Macron, qui ne transpire jamais.

Dans le fauteuil jaune, Histoire de la guerre d’Algérie : le général de Gaulle évoque enfin l’indépendance ; colère chez les Français d’Algérie, violence aussi ; le FNL, de son côté, commence à organiser son futur gouvernement.

Au lit, dans le procès intenté à Courier, parole à la défense : on l’accuse d’attenter à la morale publique, mais personne ne définit ce qu’est la morale publique…

Sur le fauteuil jaune, Histoire de la guerre d’Algérie, « Une guerre qui s’éternise », l’économie qui s’enlise malgré un plan ambitieux, l’opinion qui se lasse, des procès qui permettent aux opposants à la guerre de se faire entendre et côté Algérie française création de l’OAS.

Journal de lecture : 2026, semaine 38

Dans ce trente-huitième journal de lecture de l’année 2026, je passe en revue mes lectures. En plus de la vidéo ci-dessous, vous trouverez les notes prises après chaque moment de lecture, sur un fond de couleur différent pour chaque livre.

0:47 Alexandre Correa, En pierre

5:52 Alix Cléo Roubaud, Journal

11:10 Patricia Highsmith, La rançon du chien

14:45 Jean-Claude Carrière, La paix

19:39 Bernard Droz, Evelyne Lever, Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962

22:12 Paul-Louis Courier, Pamphlets politiques

25:30 Nathalie Sarraute, L’Usage de la parole

29:08 Peru & Bileau, Elfes 3. Elfe blanc, cœur noir

Sur la terrasse, des deux dernières lettres de Courier au Censeur, pour dénoncer la censure (la dernière ne fut pas publiée) (c’est que l’ironie, ces messieurs du ventre ne l’apprécient guère) (le ventre, en politique, c’est le centre).

Au lit, Elfes, 3. Elfe blanc, cœur noir, les mépris des Elfes pour les hommes : « Les hommes ne sont pas des êtres de lumière. Ils écrivent leur vie dans les ténèbres. » Cela commence ainsi puis deux Elfes blancs pistent un dragon, blanc lui aussi, un être des temps très anciens. Mais le destin vient rattraper les Elfes s’ils font trop confiance aux hommes (on ne s’en méfie jamais assez, des hommes).

Sur le fauteuil jaune, en attendant les invités de la Bénichon, La paix, Chapitre 20, Cedant arma, soudain on tombe l’arme, un oncle est mort, on l’oublie (cette voix dehors, c’est une onde, bien vivant) (les invités commencent à arriver), joie de la paix, enfin.

Au lit, une lettre de Courier où il cherche à prouver qu’il habite à son domicile et qu’il a donc le droit de voter (les tracas administratifs ne sont pas une nouveauté).

Dans le train Cousset-Fribourg, En pierre, ou quand la vie nous rattrape (AVC, burn-out, enfance envolée).

Dans le train Fribourg-Cousset, En pierre, Salvatore vieillit et il rencontre l’enfant qu’il était (et est resté), il rencontre aussi une certaine Camille, puis une ellipse ; tout le monde est vieux désormais (et bien sûr le lecteur se sent mélancolique, ça me fait le coup à chaque fois).

Sur la terrasse, La paix, qu’ils reposent en paix, dit-on aux morts, tout en craignant les flammes de l’Enfer, une paix dont ils ne pourront jamais jouir ; et « la paix des braves », ça existe ? L’auteur raconte sa guerre d’Algérie (qu’on disait ne pas être une guerre) et cette paix dite des braves (dont on ne sait pas qui ils désignent) qui n’était pas vraiment une paix.

Sur le fauteuil jaune, La paix, impossible sans égalité et sans attention aux autres (dans les cinémas américains, on applaudit à chaque meurtre dans Le Parrain), impossible non plus sans se vaincre soi-même en comprenant que toute victoire est une défaite. Quant à la paix des étoiles, elle semble hélas elle aussi impossible.

Sur le fauteuil jaune, La paix, chez soi, à l’intérieur, qu’on me foute la paix, mais être en paix avec soi-même ne peut s’atteindre qu’après un long combat. Une guerre ?

Commencé au lit L’Usage de la parole de Nathalie Sarraute, Ich sterbe, dit Tchekhov en mourant, il dit qu’il meurt mais il ne le dit pas dans sa langue : « Ich sterbe… Vous m’entendez ? Je suis arrivé tout au bout… Je suis tout au bord… Ici où je suis est le point extrême… C’est ici qu’est le lieu. » (1980, année de l’autre bord, pour moi, année de ma naissance) (Sarraute a 80 ans). Puis « À très bientôt » quand deux amis se quittent, belle méditation sur l’amitié (ce mot, méditation, Sarraute en aurait fait quoi ?).

Terminé dans le train Cousset-Fribourg, sous les cris des enfants, En pierre, où Salvatore vieux sculpte. Le monde et lui sont reliés par ces statues, ces moaïs qui permettent au livre de se clore poétiquement (dans les bribes finales, est-il question de vie ou de mort ? peu importe, les enfants dans le train partent à l’aventure, suivons-les.)

Dans le train, entre Lutry et Cousset, La rançon du chien, le kidnapping d’un chien (dognapping ?), la police de New York s’en fiche (elle a d’autres chats à fouetter) sauf un flic, jeune, idéaliste, qui ne sait pas dans quel guêpier il met les pieds (devine-t-on).

Terminé sur la terrasse La paix, chapitre 29, « Sans fin ? » (la guerre ou la paix) (on ne la trouve jamais vraiment, la paix) (ici, sur cette terrasse, une paix rien que pour moi, loin des fracas du monde).

Sur la terrasse, le Journal d’Alix Cléo Roubaud, photos d’elle-même et de Jacques, son double dans le miroir, pensées sur la mort, sur l’amour : « Que nous soyons la chambre noire l’un de l’autre. »

Sur la terrasse, le Journal d’Alix Cléo Roubaud, on entre dans l’intimité d’une femme par les mots, les photos, le flou, les langues superposées (l’anglais, le français), on ne sait pas si on a le droit d’être là.

Sur le fauteuil jaune, le Journal ; Alix sent la mort en elle, elle écrit qu’elle mérite la mort, elle avale des médicaments, ne sait pas pourquoi elle a fait ça, trouve belle la lumière, écrit à Jacques Roubaud « À très bientôt » (comme Nathalie Sarraute, la même année, celle de ma naissance).

Sur le fauteuil jaune, le Journal d’Alix Cléo Roubaud, journal d’insomnie, d’alcool, d’amour, de photographie, de poésie (si je lis cela, c’est parce qu’elle est morte et que l’homme qu’elle aimait lui a survécu) (il est désormais mort lui aussi) (à très bientôt).

Commencé au lit L’Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962 de Bernard Droz et Evelyne Lever, un livre déjà ancien (1991 pour la version révisée) sur une histoire encore chaude. Cela commence par la colonisation, dont les horreurs ne sont qu’évoquées.

Dans le train Cousset-Fribourg, La rançon du chien, on entre dans l’esprit du criminel, qui prend du plaisir à faire peur à ceux qu’il croit riches.

Dans le train Fribourg-Cousset, La rançon du chien, l’enquête semble facile, le corbeau avoue du premier coup puis réclame du fric, mais mon petit doigt me dit que ça risque de déraper.

Sur le fauteuil jaune, le Journal d’Alix Cléo Roubaud, tantôt en anglais, tantôt en français, « la photographie est vraiment une forme de silence », puis le verbe penser, noter sans s’arrêter tout ce qui le suit (il y aurait ici pour moi aussi matière à écrire).

Au lit, La rançon du chien, le jeune flic n’est pas très doué, semble-t-il, et le kidnappeur de chien non plus (ce sont des amateurs tous les deux, ai-je l’impression).

Dans le train Cousset-Fribourg, aller-retour, La rançon du chien où petit à petit le malaise s’installe. Le flic a foiré. Il va voir ses parents. Sa mère lui donne l’ordre d’aller au lit. Policier, ce n’est peut-être pour lui…

Dans le train Cousset-Fribourg, La rançon du chien, où on commence à voir que la police de New Yoork n’est pas au-dessus de tout soupçon (et que les criminels le savent et en jouent) (je regarde en ce moment la série Person of Interest, où c’est bien pire) (mais le bouquin est loin d’être terminé).

Dans le train Fribourg-Cousset, La rançon du chien, Clarence (le flic) voit insidieusement à cause d’une affaire assez anodine les fondements de sa vie s’effondrer (sa copine, son boulot) (cela tombe sans coup férir mais la mécanique ne va pas s’arrêter, sans doute).

Sur le fauteuil jaune, le Journal d’Alix Cléo Roubaud, cette fragilité mise à nu, l’alcool (elle semble cesser), la photographie (elle cesse aussi) et des mots étalés sur la page qui cèdent la place au blanc.

Sur le fauteuil jaune, Alix Cléo Roubaud tente de mettre des mots et des photographies sur un mal de vivre qui s’entête. Elle passe soudain du je au elle (son double en photo ?), se trouve grosse (la photo dit le contraire), lit elle aussi Patricia Highsmith, se dit « sensible à l’extrême à ces histoires de culpabilité. »

Sur le fauteuil jaune, Alix Cléo Roubaud tente à nouveau de se suicider (« on aimerait tant qu’un suicide soit un meurtre ») puis ses photos, Si quelque chose noir où les humains sont des ombres. Elle se remet de ses malheurs mais tout autour les hommes meurent (Jean Eustache, Georges Perec).

Journal de lecture : 2026, semaine 35

Dans ce trente-cinquième journal de lecture de l’année 2026, je passe en revue mes lectures. En plus de la vidéo ci-dessous, vous trouverez les notes prises après chaque moment de lecture, sur un fond de couleur différent pour chaque livre.

1:22 Wajdi Mouawad, Anima

10:20 Violaine Bérot, Comme des bêtes

15:13 Bryan Talbot, Grandville Mon Amour

18:55 Jean-Luc Istin, Duarte et Saito, Elfes, 1. Le Crystal des Elfes bleus

24:02 Léon Tolstoï, Le Diable

29:53 Jean-Luc Chaubert, L’assassinat de Guillaume l’Enfant et autres histoires broyardes

34:34 Nathalie Sarraute, “disent les imbéciles”

38:29 Clément Viktorovitch, Le pouvoir rhétorique, Apprendre à convaincre et à décrypter les discours

Sur le fauteuil jaune, « disent les imbéciles » (c’est peut-être une imbécilité que de le mentionner à chaque fois, ce fauteuil jaune), toujours le surgissement des mots et leur ressassement, « debout les mots » (ou les Maures), « un monstre d’orgueil » et cette idée dont on ne sait que faire ; les mots nous torturent, ils sont toujours compris de travers (drame de la vie avec d’autres êtres de parole) (c’est peut-être pour cela que certains parlent aux animaux).

Concerto pour piano de Grieg, sur le fauteuil jaune, Anima : les chevaux libérés sèment la panique et la mort sur l’aire d’autoroute. Vu du ciel par pandion haliaetus carolensis, on dirait « une éclosion de fleurs éparses, nées comme par magie sous l’effet des ruades. »

Toujours « disent les imbéciles » sur la terrasse. Les mots qu’ils disent ? Des imbécilités : « Tous tels qu’ils sont. Tels que Dieu les a faits. Que voulez-vous, il est ce qu’il est, vous ne changerez pas. Je le connais. Si vous le connaissiez comme moi. » Tout est en place puis Sarraute fait tout s’écrouler. Une phrase est dite (par qui ? pour qui ?), « c’est vous que ça juge » et les pages qui suivent cherchent tout ce qu’une telle phrase dit et ne dit pas. Aucune parole n’est simple (et cette phrase-là aussi, il faudrait la décortiquer).

Une page de Sarraute sur le fauteuil jaune avant le souper. Soudain, c’est violent, brutal : « Je tourne autour de lui, je bondis, je mords, j’arrache des lambeaux, une odeur écœurante s’en dégage, un liquide poisseux dégouline sur moi… » (les mots débordent).

Anima, dans le fauteuil jaune, la rencontre avec l’assassin aura lieu bientôt, peut-être, mais le chat ne le sait pas.

Anima, sur le fauteuil jaune avec Bach et Couperin, jeu du chat et de la souris. Pendant que le chat se repaît, l’assassin s’approche. Son corps tatoué d’animaux impose sa loi, pire que la loi de la jungle.

Grandville Mon Amour, au lit, thriller animalier en République anglaise (oui, oui, les rois, c’est fini) puis dans une France qui renoue avec la Révolution. Le chien premier ministre anglais ressemble à Churchill, mais un tueur en série s’est échappé… La frontière entre les humains et les animaux s’estompe (pas vu d’humains dans ce deuxième volume).

Anima, sur le fauteuil jaune (je m’y filme), deux hommes s’entretuent au fond des bois devant les animaux terrorisés.

Anima, train Cousset-Fribourg, fini la deuxième partie, chant des lucioles : « Nous n’abandonnerons pas. Nous luirons. » Commencé la troisième partie, Canis lupus lupus, changement de dispositif, ce sont désormais les lieux qui donnent leur titre aux chapitres. Un chien-loup suit l’homme. Il découvre la ville. Pourquoi suivre cet homme ? « Mon museau a frôlé ses lèvres, j’ai humé l’odeur des animaux morts et, dans l’arc opaque de ses yeux, j’ai aperçu mon reflet. Il a incliné la tête. J’ai appuyé mon front contre son front et j’ai lié ma vie à la sienne. » (parce ce que c’était lui, parce que c’était moi) (amitié).

« disent les imbéciles » sur le fauteuil jaune, toujours les mots qui se cherchent, cet homme n’est pas un imbécile, « c’est quelqu’un », ce n’est pas n’importe qui, ce n’est pas rien que quelqu’un.

Fauteuil jaune, Händel, orage, Anima : errance de l’homme et du chien, ils prennent des trains et à chaque arrêt de la violence (des hommes). Le chien sait fidèlement l’homme qui fuit mais qui retrouve une photo de Chatila, le massacre originel.

Au lit, Grandville Mon Amour, une histoire rocambolesque et sanglante d’animaux à corps d’hommes, Le Brock, le héros, lit Voltaire tout en se musclant le biceps et la République socialiste d’Angleterre a d’étranges chefs. Des humains ? Deux bandits au détour d’une case, Gastro (Lagaffe) et Luce (Lucky).

Lu dans le train Cousset-Fribourg un chapitre terrible d’Anima, un combat de chiens raconté par celui qu’on décrit comme un monstre (alors que les monstres, ce sont les humains).

Anima, train Fribourg-Cousset, le chien-loup adopte un nouvel animal humain, blessé, une jeune fille, Winona : « Insecte, oiseau, chien et humain, ont par moments plus à voir l’un avec l’autre que chacun avec ses propres semblables. Wahhch et Winona étaient mes semblables. » Le lieu : Protection, Kansas.

Sur la terrasse, terminé « disent les imbéciles ». De quoi parle ce livre ? Il se pose sans cesse la question. Qui parle ? Il se la pose aussi. Qui parle à qui ? Quelle est l’idée ? Est-il intelligent ? Est-ce une imbécilité ? Les questions restent ouvertes quand le livre se referme…

Anima, sur la terrasse. Wahhch est en quête de son passé (on en a presque oublié que c’est le loup qui parle), il se remémore Chatila et déjà les chevaux (qu’il vengera en ouvrant la bétaillère) qui meurent avec les humains, sa famille, dans le purin.

Sur le fauteuil jaune, deux brefs chapitres d’Anima ; ils passent par Hebron, New Mexico (après Genesse, Ulysses, Virgil (l’enfer), Bloody Valley, Carthage, Oran, Cairo, Lebanon et j’en passe, le voyage est initiatique, presque mythique).

Au lit, commencé L’assassinat de Guillaume l’Enfant et l’Enfant et autres histoires broyardes de Jean-Luc Chaubert, de brefs récits qui font revivre des héros d’ici dans des lieux familiers. Luna et Ourso à Gletterens au village des pseudo-lacustres, et à Avenches des militants gauchistes qui voudraient, étrange idée, interdire les combats de gladiateurs. Et aussi Alibas le Sarrasin qu’il faudra aller affronter tout près, au Creux-de-la-Chettaz.

Sur le fauteuil jaune, un chapitre d’Anima, une cérémonie religieuse interdit au chien et des enfants qui s’amusent : « … il y a la meute et ceux qui, à jamais, se tiennent à l’extérieur de la meute. » (Ce livre raconte ceux de l’extérieur.)

Sur le fauteuil jaune, sur fond de chanson corse, Anima se rapproche de son dénouement. Ce nom étrange, Wahhch Debch, on saura bientôt ce qu’il porte : Wahhch Debch, Le Monstre Brutal, Maroun, le père (encore une fois la sauvagerie humaine).

Anima, fauteuil jaune, musique groove et des horreurs humaines de plus en plus extrêmes. L’horreur de Sabra et Chatila et cette phrase hélas d’actualité : « Les Palestiniens étaient comme des instruments de musique entre nos mains et chacun essayait de faire sortir une note de douleur qu’on n’avait encore jamais entendue. » La description qui suit est insupportable.

Terminé Anima dans le fauteuil jaune. Un livre puissant, violent, bestial, où l’homme et l’animal s’entremêlent dans la sauvagerie. Les charognards dévorent un corps humain qui n’a rien d’humain. Un chien-loup erre au nord. L’homme qui l’accompagne est-il encore homme ?

Au lit, L’Assassinat de Guillaume l’Enfant, thriller médiéval sur fond de querelles politiques, le tout juste à côté d’ici. Le moine Tibauld veut découvrir la vérité, mais à Rome, l’Église se fiche de la vérité. On a trouvé aux Arbognes des types à pendre. Affaire classée.

Dans le train Cousset-Fribourg (aller-retour), commencé Le Diable de Léon Tolstoï, un petit bouquin avec un gros sein en couverture. C’est évidemment sous ce sein que se cache le diable. Histoire banale : un homme à femmes se marie, mais ce n’est pas à son épouse que ce sein si attirant appartient.

Au bord de la piscine, Le Diable. Eugène est marié. Son épouse est une maîtresse de maison épatante. Elle attend un enfant. Mais voilà que Stépania revient. Elle travaille chez Eugène. Il la voit. En pensée, tout est déjà fichu.

Lu sur la terrasse, Le Crystal des Elfes bleus, premier album d’Elfes, de l’heroic fantasy dans la plus pure tradition, avec Orks et talismans, magie de l’eau, massacres et traitrises.

Au lit, une histoire broyarde bien connue, la Vierge qui revient toute seule à Tours, un miracle, ma racontait-on jadis. C’était sans compter sur une certaine Adeline… Une deuxième histoire, celle du siège de Payerne en 1283, récit historique assez classique avec une vague romance.

Dans le train Cousset-Fribourg, Le Diable. Petit à petit, cela s’insinue en lui. Plus il veut qu’elle s’éloigne, plus il pense à elle et plus ça se voit. Mécanique implacable.

Terminé, dans le train Fribourg-Cousset, Le Diable de Tolstoï. Eugène s’enferme dans la culpabilité et dans le désir interdit : « Il savait que seule la honte vis-à-vis d’elle et de lui-même le retenait. Et il savait qu’il recherchait les circonstances dans lesquelles cette honte passerait inaperçue : l’obscurité, ou bien un attouchement qui submergerait la honte sous la pression bestiale. » La fin, brutale, sonne dur (et rejoint un drame bien réel qui rôde dans mon esprit en ce moment).

Sur le fauteuil jaune, Le pouvoir rhétorique. Clément Viktorovitch (Clémovitch pour ses followers, dont je suis) distingue la rhétorique, art de convaincre, de la stylistique (les fameuses figures de style que je m’apprête à infliger à mes élèves), de l’éloquence, de la négociation et de la manipulation. La rhétorique est un outil utile dans toutes ces situations mais ne se résume pas à celles-ci.

Sur le fauteuil jaune, Le pouvoir rhétorique, fin du chapitre 1, qui définit les termes, notamment les dynamiques (monologique, délibérative, compétitive et conflictuelle) et début du chapitre 2 « Choisir les arguments », qui peuvent être rigoureux ou efficaces pour être bons.

Au lit, quelques histoires broyardes, Theobald de Montagny tue un moine (que j’avais transformé en chien) et Estavayer est en feu. Ces drames ont eu lieu. Ici. Tout près. Les gens qui les vécurent sont des gens ordinaires, paysans, joueurs de flûte, religieuses amoureuses.

Sur le fauteuil jaune, Le pouvoir rhétorique, toujours le chapitre 2, « Choisir les arguments », deux types d’arguments à éviter : le bon sens (très efficace mais rarement rigoureux, qui ici l’auditeur à ne pas trop réfléchir et endort son esprit critique) et l’argument par l’exemple, s’il ne constitue pas l’illustration d’une généralité.

Commencé à la piscine Comme des bêtes de Violaine Bérot (roman acheté, je crois, en même temps qu’Anima, sur les conseils de la même libraire) ; les fées font de la poésie puis il est question d’un homme sauvage, un ours, et d’une petite fille. Se peut-il que celui qui ne savait parler que par grognements soit le père de cette enfant ?

Journal de lecture : 2026, semaine 33

Dans ce trente-troisième journal de lecture de l’année 2026, je passe en revue mes lectures. En plus de la vidéo ci-dessous, vous trouverez les notes prises après chaque moment de lecture, sur un fond de couleur différent pour chaque livre.

3:08 Nathalie Sarraute, Vous les entendez ?

8:26 Franck Bonnet, Ann Bonny, La louve des Caraïbes, livre 2

13:38 Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions

21:26 Éric Pessan, Quichotte, Autoportrait chevaleresque

28:33 Jules Vallès, L’Argent et choix d’articles

À la piscine, Quichotte, autoportrait chevaleresque (p.91-107) (c’est sur une plage des Canaries que j’avais achevé ma première lecture de DQ) (cette femme, sur le linge d’à côté, avec ses mômes, c’est, je crois, celle qu’en ce temps-là je prenais pour Dulcinée du Toboso). Quichotte et Sancho naissent à notre monde. L’auteur n’en peut plus, de ce monde. Réussiront-ils à le transformer ? (Sinon le monde, du moins l’auteur, et le lecteur) Ce n’est pas gagné : « Deux pas dans la rue, ce sont les noces de Cana, la guérison des sourds à l’aide d’appareils auditifs, celles des aveugles par la chirurgie de l’œil et le miracle de la pêche miraculeuse en même temps que toutes les douleurs accumulées dans les cercles concentriques des Enfers imaginées par Dante. »

Sur ma terrasse, toujours Quichotte (p.128-150), ses enfants, la litanie des injustices qui poussent à la rue, la guerre, souvent, ou le travail. « Ce qu’il faut d’héroïsme », autre litanie (les héros du quotidien, qu’on ne célèbre jamais) ; et l’auteur qui a besoin d’écrire pourquoi il écrit ce livre : « J’ai envie d’écrire, j’ai envie d’essayer cette structure, j’ai envie de la frotter au Quichotte, j’ai envie de faire vivre ma bibliothèque (moi aussi), j’ai envie de shooter dans ce qui m’étouffe, de prendre le réel entre deux mains et de le tordre jusqu’à en faire un nœud, comme les athlètes de cirque le font d’une barre de fer. »

Toujours Quichotte, au bord d’une autre piscine, à la maison (p.150-160) (il est question de ceux qui dorment dans la rue, sous tente, et je me prélasse en lisant cela), toujours la question de l’héroïsme. Qui sont les héros d’aujourd’hui ? Comment ne pas les confondre avec les lâches ?

Rousseau, Les Confessions, livre 11 (sur la terrasse, au calme, dans la nature), voilà enfin le malheur dont il est question en permanence, voici le complot, l’arrestation, la fuite, suite à la publication de l’Émile et du Contrat social. Mais quelle est la vraie raison de l’hostilité des autorités ?

Encore deux chapitres de Quichotte, sur la terrasse, au crépuscule, les 48 et 49 (p.160-167) où l’auteur ouvre le journal puis le regrette (je fais de même) puis où Don Quichotte jure qu’il va terrasser le dragon (le capitalisme, ai-je envie d’écrire) (Don Quichotte vote Mélenchon).

Commencé, en écoute de la musique de chambre dans mon fauteuil jaune, L’Argent de Jules Vallès, Lettre à M. Jules Mirès, histoire de prendre le contrepied de mes autres lectures. Ça commence fort : « J’ai fait de la littérature, j’ai perdu à ce métier-là deux viscères, le cœur et l’estomac… » S’ensuit un éloge de l’argent, de la bourse, une diatribe contre les pauvres qui aurait ulcéré Don Quichotte. Quant à Rousseau, s’il est « triste, ennuyeux, méchant », c’est parce qu’il est pauvre.

Sur le fauteuil jaune, fini la première partie et commencé la seconde du Quichotte (Éric Pessan reprend la structure de Cervantès, s’arrêtant 9 jours au lieu de 9 ans) ; les moulins à vent sont devenus des éoliennes, Trump est élu président, Don Quichotte humilie un chefaillon qui vient de licencier une femme qui s’effondre sur un quai de gare. Cette deuxième partie, l’auteur veut qu’elle soit une fête. J’aime l’idée : la lecture comme fête (et ça me fait penser qu’il faut que je réorganise bientôt un apéro).

Toujours sur le fauteuil jaune, L’Argent de Vallès, apologie de la Bourse par un futur communard, cite Proudhon : « La Bourse est le monument par excellence de la société moderne » (fond sonore : une sonate d’Alberto Nepomuceno, brillante, comme l’or) (quand la Bourse s’effondre, la société la suit de près) (bientôt la bulle IA pour confirmer cela).

Sur la terrasse, Quichotte (comme dans le bouquin de Pessan, faire surgir l’ingénieux hidalgo pour punir les salauds, et Kafka et Faulkner, invités pour l’apéro).

Rousseau, livre 12 des Confessions, sur la terrasse, exil neuchâtelois, obsession du complot de plus en plus forte. Il manque des lettres à la correspondance qu’on lui envoie, un coup de d’Alembert, imagine-t-il.

Don Quichotte à la piscine (pas en vrai, mais pourquoi pas ?). Litanie des actes héroïques du chevalier errant réactualisés. Mon préféré (p.224) : la prostituée nigériane dont le proxénète est humilié devient reine d’Abyssinie chevauchant Rossinante.

Quichotte sur la terrasse (c’est avec Sancho que je voudrais boire un coup), Cervantès dans le jardin de l’auteur, qui écrit lui aussi sur les livres : « Je lis pour abolir la frontière entre la vie et la littérature. » Et il écrit pour la même raison, sans doute. Don Quichotte pourfend les conférenciers ultra-libéraux et les chirurgiens voleurs de reins. Si seulement la vie devenait littérature…

Jules Vallès, L’Argent, dans le fauteuil jaune en écoutant Fauré ; description de la Bourse (on rêve d’y voir débarquer le Don Quichotte d’Éric Pessan) (je pense en lisant à Zola, qui lui aussi écrit L’Argent, roman de la bourse où se jouent des drames que Vallès feint d’ignorer).

Quichotte sur le fauteuil jaune (ce n’est pas son style). Pessan fait l’inventaire des strates de sa bibliothèque (je suis dans la mienne, c’est le meilleur endroit pour lire). Chapitre XXXII (si vrai, hélais) : « Ce qu’il faut d’héroïsme pour développer une pensée critique contre la société, peaufiner ses arguments, analyser et approfondir et rechercher et disséquer et prospecter, pour au final glisser ses intimes convictions dans un livre qui ne sera lu que par les gens qui partagent le même point de vue. » (Il faut lire les livres de ceux dont on ne partage pas le point de vue).

Fini, sur le fauteuil jaune en écoutant des Motets de Galuppi L’Argent de Vallès, sans trop savoir ce que j’ai lu (la Pléiade caviarde une bonne partie de l’ouvrage sous prétexte qu’elle n’est pas écrite par Vallès). Fin : « … l’argent pèse plus que le fer dans la balance de l’avenir. » (C’est leur alliance, le problème). Commencé ses chroniques dans la revue Le Présent, titre significatif, Vallès rejetant les vieux romantiques. Nous sommes en 1857, année pivot, celle des Fleurs du Mal et de Madame Bovary.

Quichotte encore, fauteuil jaune idem, ce roman est aussi (d’abord ?) un livre sur l’écriture et sur la lecture (c’est identique) : « On se forge des sensibilités à fleur de peau parce que l’on a besoin de croire en quelque chose et que la littérature apparaît comme une croyance un peu moins stupide que d’autres. » (p.284)

Chroniques de  Vallès, 8 août 1857 (fauteuil jaune, Dvorak), voilà ce qu’il écrit à propos des Fleurs du Mal : « Sans doute Les Fleurs du Mal exhalent un parfum étrange, mais ce n’est qu’un parfum, pas un poison, et d’ailleurs sont-ils bien à craindre, ces vers savamment écrits, infernalement composés, que peuvent goûter seuls, comme des fruits rares, les lettrés purs, c’est impurs que je voulais dire, des raffinés qu’il est bien difficile de corrompre, je le crains fort ! » (je suis de ces raffinés impurs).

Quichotte, sur la terrasse, nécessaire et essentiel, parce qu’il fait, juste cela, il fait, et il ne renonce pas. C’est lui qui sauve les astronautes de la catastrophe.

Fauteuil jaune, fond d’orgue, fin de la chronique du 8 août de Vallès, des cancans à propos de gens oubliés, des chiens témoins lors d’un duel, un peintre sans toile ni pinceaux, cela part dans tous les sens (c’est le principe de la chronique).

Toujours Vallès et le fauteuil jaune, mais les Rolling Stones pour accompagner ses chroniques des 16 août et 1er septembre 1857, « à la bonne franquette », avec les petits et grands (surtout les petits) évènements du (petit aussi) monde littéraire : la mort d’Eugène Sue, des peintres qu’on expose, des légions d’honneur qu’on remet, des Académiciens ridicules, ce théâtre parisien qui n’en finit pas de crevoter (on ne sait s’il est comique ou tragique).

Au lit, Rousseau s’enfonce dans le malheur. On le chasse. Il ne comprend pas pourquoi. Il écrit dans la confusion. « Je fus prêché en chaire, nommé l’Antéchrist, et poursuivi dans la campagne comme un loup-garou. »

Pendant que je lis Quichotte sur le fauteuil jaune, le chevalier a fort à faire (l’histoire a lieu en 2017, Trump à peine installé, bloque des milliers de gens dans les aéroports (entre autres avanies). Mais le philosophe, dans l’histoire, c’est Sancho, observant à l’aube dans les bureaux le bal des femmes de ménage : « Les gens que nous voyons, pourquoi ai-je donc l’impression qu’ils sont les seules personnes réelles à traverser ces bureaux ? » (p.337).

Dans le train Cousset-Concise (je m’arrête aux portes du pays de Neuchâtel qui chasse Jean-Jacques à coups de cailloux) poursuivi Les Confessions. Rousseau, à la fois naïf et parano, aussi combatif que Don Quichotte, mais fatigué, rêve d’un lieu loin de tout, croit le trouver sur l’île Saint-Pierre. « Il me semblait que dans cette île je serais plus séparé des hommes, plus à l’abri de leurs outrages, plus oublié d’eux, plus livré, en un mot, aux douceurs du désœuvrement et de la vie contemplative. » Mais…

Train retour, fini Les Confessions. Jean-Jacques une nouvelle fois chassé. J’avais un a priori négatif sur Rousseau, n’étais pas arrivé au bout de La nouvelle Héloïse, avais été agacé ses si plaintives Rêveries. Ai-je changé d’avis ? Sans doute, parce que Rousseau avait raison de se plaindre, que c’était un pur noyé au milieu des torves et que ses livres n’ont pas été compris, qu’on en a tiré la conclusion que Jean-Jacques était un danger parce qu’il prétendait révolutionner l’éducation (l’Emile, à lire) et la politique (Le Contrat social, à relire). 16 ans après ma mort, Rousseau entre au Panthéon. Son œuvre est donc révolutionnaire (même si je dois bien avouer que je m’y suis souvent ennuyé).

Quichotte au bord de la piscine : Sancho essaie de lui expliquer la démocratie (à la française) : « On voit des hommes qui pleurent en votant pour un candidat qu’ils n’aiment pas afin d’empêcher l’élection d’un candidat qu’ils aiment encore moins. » (C’est écrit en 2017, ça pourra l’être en 2027).

Sur ma terrasse, je m’approche gentiment de la fin de Quichotte, mais Don Quichotte n’a pas de fin. « Ce qu’il faut d’héroïsme… » Jolie impulsion pour un atelier d’écriture (sur les héros) (une autre proposition, ce serait Hérault, héraut, erre haut avec Nathalie Sarraute). L’économie mondiale s’effondre. Don Quichotte a tué le dragon. Il lui manque une dent à offrir à sa Dulcinée.

Dans sa chronique du 8 septembre (lue dans le fauteuil jaune), Vallès compare à Paris les provinciaux et les Anglais, ceux-ci se taisant et ceux-là qui « s’en donnent à qui mieux mieux » (lui-même est provincial) (il n’y a que des provinciaux à Paris). Il évoque ensuite les sorties théâtrales (toutes oubliées) et les procès (c’est la même chose), se dit que ce n’est pas joyeux, ajoute une anecdote assez glauque pour terminer (tout cela montre bien l’ambiance d’une époque, c’est ce qui rend cette lecture à la fois intéressante et parfois ardue, étant donné que 1857 s’est bien éloignée).

Journal de lecture : 2026, semaine 32

Dans ce trente-deuxième journal de lecture de l’année 2026, je passe en revue mes lectures, dont surtout :

1:14 Emil Cioran, Sur les cimes du désespoir

9:18 Éric Pessan, Quichotte, Autoportrait chevaleresque

14:30 Franck Bonnet, Ann Bonny, La louve des Caraïbes, livre 1

17:01 Jacques Serena, Esprit de corps

20:01 Nathalie Sarraute, Vous les entendez ?

24:43 Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions

Journal de lecture : 2026, semaine 30

Dans ce trentième journal de lecture de l’année 2026, je passe en revue mes lectures, dont surtout :

1:08 Emmanuel Kant, Critique de la raison pratique

11:01 Gaspard Koenig, Humus

19:57 Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions

28:28 Nathalie Sarraute, Entre la vie et la mort

35:33 Éric Fouassier, Le Chant maléfique, Le Bureau des affaires occultes, 4

Journal de lecture : 2026, semaine 29

Dans ce vingt-neuvième journal de lecture de l’année 2026, je passe en revue mes lectures, dont surtout :

1:03 Gaspard Koenig, Humus

9:21 Anouk Ricard, Fabienne

13:14 Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions

21:40 Nathalie Sarraute, Entre la vie et la mort

29:30 San-Antonio, San-Antonio met le paquet

Journal de lecture : 2026, semaine 28

Dans ce vingt-septième journal de lecture de l’année 2026, je passe en revue mes lectures, dont surtout :

1:07 David Jamet, Le combat du Livre contre l’IA, Comment reconquérir l’intelligence “Par le livre seul” ?

13:08 Nathalie Sarraute, Les Fruits d’or

24:24 Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions

31:58 Gaspard Koenig, Humus

39:48 Rodhain, Alcante & Grande, Whisky San

43:20 Éric Fouassier, Les Nuits de la peur bleue, Le Bureau des affaires occultes, 3