Schuiten & Peeters : Les Cités obscures

Étranges lieux que ces Cités obscures, que dessine François Schuiten sur des scénarii de Benoît Peeters pour les éditions Casterman. En 1985, La Fièvre d’Urbicande s’empare de toute une ville à partir d’un petit cube de rien du tout. En 1987, c’est jusqu’au sommet de La Tour qu’on monte, pour y découvrir quoi ?

En 1988, on s’envole sur La route d’Armilia. En 1992, on découvre une nouvelle Brüsel. En 1999, il se passe d’étranges histoire à cause de L’ombre d’un homme.

Journal du 7 au 10 juin 2024

Ce que j’ai lu

Entre ironie et dystopie ou comment dire le monde qui est et le monde qui vient en gardant ses distances (de plus en plus, il est nécessaire de prendre ses distances avec le monde) : dans Silo, on commence à comprendre que vivre enfermé n’est pas normal ; dans Les cités obscures, on voit qu’à force de construire à n’en plus finir on détruit ; dans la correspondance des dernières années de Gustave Flaubert, on s’efforce de tout regarder avec l’ironie du désespéré qui s’acharne à jouer les Bouvard et Pécuchet.

Ce que j’ai vu

Toujours Les 100 : et si sur une autre planète on trouvait la paix ? Ils débarquent du ciel, sont émerveillés de découvrir un monde où la vie est encore possible, mais ce n’est bien sûr qu’une illusion. Dès que l’humain foule une terre, il la souille.

Ce que j’ai entendu

Avec philosophie, s’interroger sur le tragique (Racine, Shakespeare, Nietzsche, les anciens). Nous vivons une époque tragique mais nous faisons tout pour nier la tragédie (existentielle, climatique, politique, j’en passe). Il faut faire semblant de croire que tout est encore sauvable alors que nous mourrons (c’est la tragédie existentielle), que la vie sur terre devient de plus en plus impossible (c’est la tragédie climatique), que le RN est aux portes du pouvoir chez nos voisins français (c’est l’une des tragédies politiques, avec le grand retour de Trump et le maintien des Xi Jinping, Poutine, Modi, Erdogan, Maduro, Orban et j’en passe). Bref, l’optimisme est (Voltaire l’avait déjà vu) une supercherie dangereuse dans un monde qui s’effondre.

Ce que j’ai fait

Étant donné la tragédie, que faire ? S’acharner à écrire et à faire de la musique (surtout cela, faire de la musique, chanter, jouer de la clarinette, proposer un peu de beauté pour survivre quand la laideur se pavane).

Journal du 1er au 6 juin 2024

Ce que j’ai lu

Entre deux dissertations, nécessité de s’aérer l’esprit, mais c’est pour s’enfermer dans un silo qui entre en guerre (ce livre, Silo, j’accroche de plus en plus, me disant que je devrais lire plus de science-fiction) ou c’est pour imaginer des ombres en couleur dans une cité obscure, bref entrer dans des mondes impossibles où on n’a pas à disserter à n’en plus finir sur les énergies renouvelables, la science et les jeunes, l’effondrement de la civilisation (même si Silo, c’est bien cela).

Ce que j’ai vu

Il fallait choisir entre le truc en plus et le bizarre. J’ai choisi le bizarre : Furiosa, un film de la saga Mad Max dont pourtant je ne connais rien, mais on m’explique que de toute façon ça se passe avant le film précédent et que donc je ne devrais pas trop être perdu et que de toute façon, le principe est simple, on se bat sur des grosses machines, des motos, des camions, des monstres mécaniques, sauf que l’intérêt du film n’est pas (que) là, il est dans ce monde postapocalyptique, devenu désert, sauf à un endroit que tout le monde cherche, et me revoilà dans mes obsessions du moment, me revoilà dans Silo et dans Les 100 et dans ce sujet de dissertation sur l’effondrement de la civilisation. Pourquoi tant de postapocalyptique soudain ? Parce qu’on sent bien que c’est ce qui nous attend (on force le trait, j’espère, mais n’empêche que…)

Ce que j’ai entendu

Des grondements de moteurs (dans Furiosa) mais aussi Mauvais genre et ce lieu de rêve (si loin des cauchemars postapocalyptiques et dissertationnels), le palais idéal du facteur Cheval dont la visite sonore me laisse sur ma faim : je veux y aller, dans ce lieu, cette véritable utopie (qui n’en est plus une puisque le lieu existe vraiment, ce que je peine à croire, tant ça a l’air génial ; il faut que je me dépêche, avant que des Américains le déplacent dans le Massachussetts, comme ils n’ont pas manqué de le proposer, ou que l’apocalypse nous enferme dans des silos, des navettes spatiales ou des monstres mécaniques).

Ce que j’ai fait

Corriger des dissertations, certes, mais étoffer mon répertoire de chansons que je sais (mal) jouer à la guitare, répertoire qui atteint le chiffre de deux (Santiano et Le gorille). Il y a aussi eu une procession (la saison des cérémonies s’achève bientôt) et des gammes (c’est pour mon bien, qu’elle me répète sans cesse, je feins de la croire, pour lui faire plaisir ; elle prétend qu’après, tout devient facile ; mais bien sûr…).