Plutôt que de tout noter, me fier à ma mémoire, ne conserver que ce qui revient sans effort (et si rien ne revient sans effort, l’évacuer).
Ce que j’ai lu
Kampuchéa, Patrick Deville, l’aventure et l’histoire, le temps et l’espace qui s’entremêlent, le fleuve Mékong, les Khmers rouges, des explorateurs et des colonisateurs, des livres qu’on emporte en voyage et qui imprègnent tant le livre qu’on écrit qu’ils en deviennent le livre lui-même, comme si ces noms propres prenaient vie (si je ne me fie qu’à la mémoire, que je laisse le livre dans la pièce d’à côté, ne restent que les noms de ceux que je connaissais déjà : Pol Pot, Pierre Loti, Doutch, André Malraux, un certain Pavie aussi, que je ne connaissais pas, et l’aller-retour entre la France et le Cambodge, les crimes, les procès, les cigarettes qu’on fume en compagnie d’écrivains dont on a oublié qu’ils sont morts le soir dans le bar d’un hôtel de Phnom Penh).
Ce que j’ai vu
Dans Les 100, il est question d’intelligence artificielle, c’est à la mode (quand je demande à DALL-E) de me dessiner la pension de madame Vauquer, c’est propre, terriblement propre, et quand je lui demande d’imiter le mois de février à manière d’Eugène Ionesco, il n’a pas la réf, n’a ni lu ni vu Les Chaises, il fait du surréalisme à la Magritte).
Ce que j’ai entendu
Les musiques défilent, on les oublie à mesure, il y a eu de la musique classique, bien sûr, toujours, puis Fip, déclinée en métal, en groove, en jazz, en ambiances plus ou moins propices à la lecture.
Ce que j’ai fait
Préparation de l’audition. Gerber (non, ne pas penser à l’émoji proposé par son nom) qui m’assomme de bémols (ré bémol et soudain je panique, les doigts ne savent plus quoi faire, comme à la guitare, où je progresse trop lentement, comme pour tout). Écriture ? Bribes. Ouverture d’un carnet d’insomnie : la première nuit, une vache hurle à la mort et le stylo (ne jamais dormir avec un écran à portée de main) me lâche ; la seconde nuit je dors). Tentation de rouvrir mes écritures de Fribourgs.