Ce que j’ai lu
Allongé sur la terrasse, au soleil, en vacances, je lis le numéro d’été du magasine L’Histoire, La violence et la guerre. On peine à comprendre l’humanité quand tout va bien, qu’il fait beau et qu’on s’entend avec ses voisins, on lit avec sidération toutes les horreurs dont nous sommes capables, on dresse des listes macabres. Tout commence au paléolithique, puis César tue un million de Gaulois, puis il s’agit, à l’autre bout du monde, des Samouraïs qui coupent des têtes à tout va, puis de l’annihilation de Magdebourg pendant la guerre de Trente ans, puis des guerres coloniales, où tout est permis, puis de la brutalisation de la Première Guerre mondiale, puis des Einsatzgruppen qui tuent du juif comme du gibier à la chasse, puis des mères hutus qui tuent leurs propres enfants nés de père tutsi, puis … (la liste est à la fois arbitraire, incomplète et interminable). Et ça continue. Et on est là, sur sa chaise longue, et on fait comme si de rien n’était.
Ce que j’ai vu
La guerre, encore et toujours : Gaza devenu enfer. Et la fin de la série Les 100, avec ce problème insoluble : faut-il sauver l’humanité ou la détruire ? est-elle digne de transcender ? Est-elle capable de cesser de se battre ? Ne révélons pas le dénouement, mais l’humanité, pour s’autodétruire, est fortiche.
Ce que j’ai entendu
Dans Le cours de l’histoire, il est question d’esclavage, parce quand on ne s’entretue pas on se domine les uns les autres, voilà ce que nous sommes (cette chronique devient terriblement déprimante, ne l’alourdissons pas plus).
Ce que j’ai fait
Je n’ai tué ni mis en esclavage personne, c’est déjà pas mal. J’ai écrit un peu, j’ai chanté cette chanson blues délirante que je viens de commettre, j’ai assemblé pour la première fois mes textes de l’atelier. Bref, je n’ai certes pas fait grand-chose mais ça me rassure : on peut vivre heureux sans sombrer dans la violence.