Fabrice Midal : Traité de morale pour triompher des emmerdes

La morale comme remède à tous nos soucis ? Fabrice Midal propose, dans son Traité de morale pour triompher des emmerdes publié en 2019 aux éditions Flammarion / Versilio, des retournements dans notre façon de vivre (mais qui est ce nous qui doit retourner sa morale ?).

Journal du 25 au 26 mai 2024

Ce que j’ai lu

Le Traité de morale pour triompher des emmerdes de Fabrice Midal. Pourquoi ce livre me laisse-t-il sceptique ? Peut-être parce que je suis moi-même plus sceptique qu’aristotélicien, mais n’est-ce pas la philosophie elle-même ou plutôt son utilité qui me laisse sceptique ? Fabrice Midal procède à ce qu’il nomme des retournements, par exemple celui-ci : La peur est l’écho de ta bravoure. Écoute-la (c’est le titre du chapitre 10). Or ces retournements sont des ordres. Peut-être (écrit le sceptique) est-ce cela qui me pose problème : l’impératif. Je préfère la forme interrogative et me méfie des réponses (celles de Fabrice Midal ne sont d’ailleurs pas sans intérêt mais son côté gourou a tendance à les rendre insatisfaisantes à celui qui remet toujours tout en cause).

Ce que j’ai entendu

Restons dans la veine philosophique. Avec philosophie s’attaque à Kant (que d’aucuns voudraient piger en moins d’une heure par semaine et en un mois…). Je renonce à commenter une telle pensée (à l’impossible nul n’est tenu) mais je retiens qu’il s’agit de penser par soi-même et de penser sa propre pensée (Kant dit cela, ou pas tout à fait cela, et de manière beaucoup plus précise). Suis-je kantien ? Fidèle au principe énoncé plus haut, je ne répondrai pas : qui peut se targuer de répondre à une telle question ?

Ce que j’ai vu

(Je me rends compte que j’ai inversé l’ordre de mes chapitres) (je devrais le faire plus souvent). Deux émissions d’Arte, deux questions à propos de l’intelligence artificielle : perdons-nous le contrôle sur l’IA ? l’IA menace-t-elle la démocratie ? On pourrait rassembler les deux questions (philosopher, c’est peut-être d’abord ça : changer les questions) : qui a le contrôle sur l’IA ? qui est ce nous de la première question ? comment rendre ce nous démocratique ? Hugo Micheron montre que les ennemis de la démocratie commencent à utiliser l’IA pour nous déstabiliser : nous pouvons interagir avec une IA saturée de discours salafistes qui nous endoctrinera sans que personne ne nous parle. Alors, qui sommes-nous ? Des humains et il ne tient qu’à nous de ne pas perdre le contrôle sur ce que nous avons créé (ce n’est pas l’IA qui m’inquiète, c’est l’humain, intelligence artificielle mais connerie naturelle).

Ce que j’ai fait

Cette chanson sur l’IA, justement, je crois qu’elle est terminée (en queue de poisson, comme il se doit). La prochaine ? Juste un titre : Marin des Alpes. Il s’agirait de fusionner la tradition de la chanson de marins à celle (la mienne) de la chanson d’armaillis. J’ai compté onze chansons dans ce cahier vert plein de ratures mais des chansons dans un cahier sont-elles des chansons ? Sous la douche, elles le sont déjà plus mais il reste là aussi à trouver un nous : avec qui leur donner vie, à ces chansons ?

Journal du 16 au 19 mai 2024

Ce que j’ai lu

Terminé les Nouvelles exemplaires de Cervantes en me demandant en quoi celles-ci sont exemplaires. Quels exemples donnent-elles ? Le temps ayant passé sur elles, sans doute l’exemple qu’elles cherchaient à montrer ne colle plus ; on n’épouse plus des laveuses de vaisselle qui s’avèrent par miracle grandes dames, on ne se bat plus dans les rues à l’épée, les chiens ne parlent plus dans la langue des philosophes (c’est le contraire désormais : les philosophes aboient, la caravane passe). Pas d’exemple donc dans ces Nouvelles exemplaires. On ne lit pas (du moins je ne lis pas) pour puiser des leçons de vie (d’où mon ennui à la lecture de ce bouquin, Traité de morale pour triompher des emmerdes, trouvé dans un grenier, plus poussiéreux que Cervantes).

Ce que j’ai vu

Toujours Les 100 : naissance et épreuve de la barbarie. Que s’est-il passé dans ce bunker pour que… Que se passerait-il si nous devions passer plusieurs années confinés… L’épreuve récente a été trop courte pour aboutir à la barbarie. Mais ce n’est sans doute que partie remise.

Ce que j’ai entendu

Ce que j’aime, dans ces entretiens À voix nue, c’est précisément la nudité de la voix. Quelqu’un a des choses à dire et on les lui laisse dire, on lui laisse raconter sa vie ou ce qu’il veut de sa vie, on le relance sans agressivité, on découvre une femme, on découvre un homme, on le regarde différemment quand on le connaissait déjà, à l’instar de Salman Rushdie, l’écrivain qu’on résume à la fatwa et qui, malgré l’horreur vécue, raconte sa vie avec humour, son enfance à Bombay au temps béni où cette ville ouverte s’appelait encore Bombay, puis l’écriture. Il y a eu aussi Sebastião Salgado, un photographe dont je n’ai pas encore vu les photos (comme si l’entendre les décrire suffisait, l’imagination les reconstituant comme on les rêve), et François Molins, procureur des attentats de 2015, au service d’une justice toujours à défendre.

Ce que j’ai fait

Toujours cette impression de ne rien faire alors qu’on s’agite dans tous les sens. Cette chanson sur l’intelligence artificielle, le problème, c’est que je ne sais pas comment la terminer, par un bug sans doute, le grand collapse, celui qui mène à des histoires comme celle des 100. Erreur 404.

Fabrice Midal : Suis-je hypersensible ?

L’hypersensibilité est une notion à la mode. Mais est-ce qu’elle me concerne ? De toute évidence, oui. Alors enquêtons : qu’est-ce qu’être hypersensible ? Fabrice Midal propose dans Suis-je hypersensible ? Enquête sur un pouvoir méconnu, publié en 2021 aux éditions Flammarion, des réflexions intéressantes sur l’hypersensibilité.