Ce que j’ai lu
Terminé les Nouvelles exemplaires de Cervantes en me demandant en quoi celles-ci sont exemplaires. Quels exemples donnent-elles ? Le temps ayant passé sur elles, sans doute l’exemple qu’elles cherchaient à montrer ne colle plus ; on n’épouse plus des laveuses de vaisselle qui s’avèrent par miracle grandes dames, on ne se bat plus dans les rues à l’épée, les chiens ne parlent plus dans la langue des philosophes (c’est le contraire désormais : les philosophes aboient, la caravane passe). Pas d’exemple donc dans ces Nouvelles exemplaires. On ne lit pas (du moins je ne lis pas) pour puiser des leçons de vie (d’où mon ennui à la lecture de ce bouquin, Traité de morale pour triompher des emmerdes, trouvé dans un grenier, plus poussiéreux que Cervantes).
Ce que j’ai vu
Toujours Les 100 : naissance et épreuve de la barbarie. Que s’est-il passé dans ce bunker pour que… Que se passerait-il si nous devions passer plusieurs années confinés… L’épreuve récente a été trop courte pour aboutir à la barbarie. Mais ce n’est sans doute que partie remise.
Ce que j’ai entendu
Ce que j’aime, dans ces entretiens À voix nue, c’est précisément la nudité de la voix. Quelqu’un a des choses à dire et on les lui laisse dire, on lui laisse raconter sa vie ou ce qu’il veut de sa vie, on le relance sans agressivité, on découvre une femme, on découvre un homme, on le regarde différemment quand on le connaissait déjà, à l’instar de Salman Rushdie, l’écrivain qu’on résume à la fatwa et qui, malgré l’horreur vécue, raconte sa vie avec humour, son enfance à Bombay au temps béni où cette ville ouverte s’appelait encore Bombay, puis l’écriture. Il y a eu aussi Sebastião Salgado, un photographe dont je n’ai pas encore vu les photos (comme si l’entendre les décrire suffisait, l’imagination les reconstituant comme on les rêve), et François Molins, procureur des attentats de 2015, au service d’une justice toujours à défendre.
Ce que j’ai fait
Toujours cette impression de ne rien faire alors qu’on s’agite dans tous les sens. Cette chanson sur l’intelligence artificielle, le problème, c’est que je ne sais pas comment la terminer, par un bug sans doute, le grand collapse, celui qui mène à des histoires comme celle des 100. Erreur 404.