Au cœur des livres : Denis Diderot – Pour une morale de l’athéisme

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Texte : Denis Diderot, Pour une morale de l’athéisme, Entretien d’un philosophe avec la maréchale de *** (1776), éditions Mille et une nuits, 2007.

Musique : Jean-Philippe Rameau, Air des démons de Castor et Pollux, par l’Orchestre du 18ème siècle, sous la direction de Frans Brüggen .

Illustration : ChatGPT images.

Au cœur des livres : Denis Diderot – Le neveu de Rameau

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Texte : Denis Diderot, Le neveu de Rameau (1762), Librio, 1995.

Musique : Ludwig van Beethoven, troisième mouvement Tempo di Minuetto du Septuor opus 20, par les Swiss Chamber Players.

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Au cœur des livres : Denis Diderot – Supplément au voyage de Bougainville

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Texte : Denis Diderot, Supplément au voyage de Bougainville (1772), Gallimard, 2002.

Musique : Johann Sebastian Bach, deuxième mouvement largo du Concerto en la mineur pour 4 clavecins, BWV 1065, par The English Consort sous la direction de Trevor Pinnock.

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Au cœur des livres : Denis Diderot – La religieuse

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Texte : Denis Diderot, La religieuse (1796), Garnier-Flammarion, 1968.

Musique : Franz Joseph Haydn, Finale (Allegro molto) de la Symphonie n°39 en sol mineur, par The English Concert & Trevor Pinnock.

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Au cœur des livres : Denis Diderot – Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient

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Texte : Denis Diderot, Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient (1749), Gallimard, 1951.

Musique : Chet Baker, There’s a Small Hotel.

Illustration : ChatGPT images.

Notes d’écoute : L’universel et Delerm

Antoine Lilti, L’universalisme des lumières, cours 6

Max Weber : les juifs sont des parias, peuple paria à degré suprême de la religiosité

Hannah Arendt : reprend Max Weber, acceptation de la marginalité à utopie

La figure du paria fait ressortir les ambivalences de l’universalisme :

  • Sécession assumée ?
  • Rébellion ?
  • Question de l’émancipation des groupes discriminés (jeter l’universalisme avec l’eau du bain)
  • Revendication d’une destinée propre du groupe paria

Bernardin de Saint-Pierre à l’origine de la réflexion, l’infamie des parias pour les Indiens (et des nègres, le mot est dit, même si l’histoire force à dire des horreurs, mais n-word, c’est terriblement faux-cul)

Bernardin s’oppose à l’esclavage (ça semble aller de soi, mais non)

Retour critique (européen) sur sa propre culpabilité, mais par le spectacle de l’horreur, le sentiment (Paul et Virginie n’est pas qu’une bluette, c’est une dénonciation du colonialisme) (et ce n’est pas le seul : Condorcet, par exemple).

Reprendre ses notes pour en renouer les fils, travail d’étudiant que je ne maîtrise plus, surtout quand on a cessé de prendre des notes après cinq minutes. Que retenir de ce propos ? Que la notion d’universalisme est complexe, qu’elle n’a pas de définition unique et que c’est en observant, à l’époque des Lumières et à la nôtre, comment sont traitées les minorités qu’on peut en saisir les enjeux, à travers la figure du paria (qui devient celle du juif, celle de l’esclave, celle – il y viendra plus loin – de la femme). Cette réflexion est à prendre avec la plus grande des prudences, les anathèmes fusant très vite, contre l’universalisme qui ne serait qu’une forme de domination coloniale cachée sous des voiles humanistes ou contre le soi-disant wokisme (Elon Musk allant jusqu’à dénoncer, ce c-word (ce con, il faut appeler un chat un chat), l’Encyclopédie (l’héritière de Diderot et D’Alembert) Wokipedia) qui au nom de divers communautarismes bornés seraient les ennemis de l’universel. Bref, tout n’est pas si simple, et c’est précisément cela que permet la pensée des Lumières, éclairer la complexité du monde et des discours sur le monde. Quant à relire Paul et Virginie, je ne suis pas encore prêt.

CD Vincent Delerm, Kensington Square

Deutsche Grammophon : Alessandro Scarlatti pour corriger des copies (quoi de surprenant ?). Je suis un mec Deutsche Grammophon. Le souvenir émouvant de ce premier mouvement (une fille Harmonia Mundi) (une fille qui ne fréquente pas Disneyland, le rêve) (le pire, c’est que j’en connais) (une fille Jean-Xavier Lefèvre) Je ne repense à elle… Du Henri Dutilleux quand elle relit… Bourdieu (soudain érotique)

Gare de Milan :

  • Des rues de Paris (Boulevard Voltaire, c’est où exactement ?)
  • Toujours des premiers soirs dans des appartements, des halls de gare, des cafés, la chambre 23
  • « Nos yeux différents regardent à travers une empreinte effacée déjà » (la musique si mélancolique prend le dessus, le chant se tait, il est dans la lune, repense à… à qui au juste ? à quoi ?) (et moi, je pense à qui, à quoi, au juste ?) (des prénoms en suspension… des premiers soirs en sursis) (des verres de Grimbergen) (ardet nec consumitur)

Delerm le bobo, tellement mieux le fils que le père, parce qu’il est des légèretés que la chanson supporte et qui enfermées dans des livres les font tomber des mains. La musique classique, que j’ai tant arpentée, rend la première chanson étrange à mes oreilles, comme si j’étais moi-même la fille de la chanson, ces noms, Alessandro Scarlatti, Henri Dutilleux, Francis Poulenc, m’étant plus familiers que les groupes de rock évoqués, même si je n’en suis pas encore à relire Bourdieu (lu une fois, certains livres, avec difficulté) et que le tas de copie m’attend, juste à côté mais pour demain, avec cette question : « Faut-il toujours être un spécialiste pour apprécier et porter un jugement sur quelque chose ? ». Quant à la gare de Milan, je ne la connais pas. Et le boulevard Voltaire, c’est dans le onzième arrondissement de Paris et c’est là que la gauche défile quand elle n’est pas contente (et la gauche n’est jamais contente) (elle a raison de ne pas l’être) (mais on s’éloigne de l’ambiance nostalgique de la chanson).

Cd Vincent Delerm, Quinze chansons

Tous les acteurs s’appellent Terence : chanson pour cinéphile (pas pour moi). Toutes les actrices s’appellent Betty. Quarante ans après. Toujours la même chanson, celle du temps qui passe, « le whisky et les comprimés », « ultraviolet botox », l’envers du décor, « une vie entièrement consacrée à l’anecdote du canapé », la voix d’une actrice (Betty comment ?)

Allan et Louise : Un homme une femme ; ils s’étaient revus quelques fois ; toujours la même histoire, encore.

  • Comment se fait-il que nous …
  • … rencontré quelqu’un … c’est tout ce qu’il fallait pour moi …

Revoir celles de ce temps-là, non, décidément, ne pas se laisser avoir :

  • À cet instant, elle m’aimait, moi … (trop tard) (une petite mélodie entêtante, embêtante)

Je pense à toi : (c’est vrai, mais le toi n’est pas très sûr) Hier soir j’ai trouvé ça bien… Je n’irai pas dans les musées : le tout début d’une histoire est meilleur qu’un vieux Godard (à bout de souffle, il est, ou fou, le Pierrot)

(des noms de groupes qui me sont inconnus) bateau-moucher, jolie invention verbale, mais les débuts d’une histoire se laissent désirer (ça laisse à désirer, c’est comme ça qu’on dit ?)

Martin Parr : Est-ce que c’est le nom de quelqu’un qui existe pour de vrai ?

Casino désert… cheveux bleus grand-mère… (des mots qui se suivent)

Les cœurs des volleyeuses bat plus fort pour les volleyeurs : (tout est dit)

Chez Vincent Delerm, les noms propres parfois me submergent. Il étale un peu sa culture (sans doute sans le faire exprès, parce que c’est la culture de son milieu, parisien, branché, un monde de fils d’écrivains et de chanteurs sans voix). Rattrapons-nous un peu : Betty White, Betty Buckley, Betty Ross Clarke, Betty Field, Betty Lynn (je les aurai oubliées dans cinq minutes). Quant à Allan et Louise, on comprend, à la fin de la chanson que cela se passe le 11 septembre 2001, et ce que l’on prenait pour une banale chanson d’amour perdu devient tragédie. Et Godard, tu connais ? Certes, je ne suis pas tout à fait inculte, mais les deux films que je cite sont les seuls que j’ai vus (et le mépris ? oui, aussi le mépris). Et Martin Parr ? C’est un photographe et en effet ice-cream, balnéaire, plastique, caissière (ces mots entendus deviennent images vues) (quelqu’un s’est amusé à faire un montage, tout pourri) (quelque chose d’à la fois banal et tragique, encore, dans ces photos du quotidien). Quant au cœur des clarinettistes, est-il semblable au cœur des volleyeuses ?

Antoine Lilti, L’universalisme des lumières, cours 7

Résumé des épisodes précédents :

  • Universalisme des Lumières = fiction historiographique
  • Pas de définition consensuelle de l’universel
  • Morale de l’universel :
    • Église
    • Pouvoir absolu

à ont perdu leur monopole

Cosmopolitisme (Bayle, Lessing, Kant)

Civilisation (accès différencié à l’état de civilité, Voltaire, Condorcet)

Critique (de la domination) à dignité de tout être humain

≠ courant de pensée

  • Répertoire d’arguments, métaphores, langages de l’universel

« Je ne crois pas qu’il y ait de bon ou de mauvais universalisme » (tous sont mauvais) (tous sont bons)

Passons aux choses sérieuses : texte fondateur, Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, 1789 à ça claque (dit Lilti)

  • La France a donné au monde entier la formule universelle de la modernité politique.

On voit bien, dans ces quelques notes, que le problème de l’universel, c’est qu’il est français (selon les Français), et que s’il est français il ne peut pas être totalement universel et même pire, il contient en lui les germes de la colonisation et justifie tous les abus commis en son nom. Faut-il à cause de cela renoncer à l’universel ? D’aucuns sont tentés mais renoncer à l’universel revient à renoncer à l’idéal des droits de l’Homme et à l’égalité entre les humains et peut donc justifier également les actes les plus épouvantables. Antoine Lilti propose (et je crois que c’est la seule position tenable même si cela tient de l’équilibrisme) de penser non pas un universalisme mais plusieurs, et de les faire dialoguer, car s’il est une pratique à retenir des Lumières, c’est bien celle-ci, le dialogue, l’écoute de l’autre qui n’empêche pas qu’on s’exprime aussi soi-même.

Journal du 26 janvier au 2 février 2024

Ce que j’ai lu

XY, de l’identité masculine, Elisabeth Badinter, et Washington Square, Henry James, la question des rapports entre les hommes et les femmes, de ses transformations actuelles (même si le livre de Badinter a plus de trente ans) et des pressions que pouvaient subir les filles de bonne famille entre prétendants vénaux et pères rigides. L’identité masculine, qu’est-ce que c’est ? Question que de nombreux hommes, dirait-on, ne se posent pas, tant la réponse leur semble évidente : un homme, c’est une non-femme. Et pourtant, dans XY, il y a X, dans le masculin il y a du féminin, et un homme c’est aussi un peu une femme, on ferait bien de s’en rappeler (les héros d’Henry James aussi).

Ce que j’ai vu

Des cours de William Marx sur des cours de Paul Valéry : peut-être entrer un peu dans l’œuvre d’un auteur dont je dois bien avouer qu’il ne m’attire que bien peu. Tout cela m’a l’air si sérieux, si académique (des cours sur des cours sur La poétique), mais à écouter William Marx me dire que je me trompe peut-être, que Paul Valéry, c’est peut-être autre chose qu’un poète pour poètes professionnels et pour professeurs d’université. À creuser…

Ce que j’ai entendu

Puisque décidément il est toujours question de littérature, cette série du Cours de l’histoire à propos de Raymond Radiguet (la jeunesse éternelle de l’écrivain à scandale contre la vieillesse tout aussi éternelle du poète officiel). Peu de musique : Dibouk, le disque acheté lors que cette antique escapade de clarinettiste, la musique klezmer, ce qu’elle charrie de drames et de joies (avec tout ce monde juif revenu au cœur de l’actualité, cette larme qui coule sur les joues des enfants du kibboutz et, celle, la même, qui coule sur les joues des enfants de Gaza).

Ce que j’ai fait

Séminaire musical dans cette vieille baraque brinquebalante, entre Copacabana et jeux de cartes osés sur fond de grippe. Déchiffrer en petits groupes puis rassembler les groupes, commencer à comprendre ce que ça pourrait donner, sauter de mesures irrégulières en mesures de quinconce (merci monsieur Cesarini). Sinon ? Des cours à donner : les Lumières (une bougie sur le pupitre pour éclairer le Supplément au Voyage de Bougainville), nous sommes trop loin de Tahiti pour tout saisir. Encore des histoires de rapports entre les hommes et les femmes mais avec en plus de la religion dedans, pour compliquer le tout. Et m’acharner à frotter mes doigts à la guitare.