Journal du 16 au 19 juin 2024

Ce que j’ai lu

Pourquoi me replonger dans l’œuvre d’Albert Camus ? Peut-être par nécessité de résistance et d’humanisme ou par sentiment que l’absurde on y revient (sans l’avoir jamais quitté tout à fait). Le théâtre de Camus me semble un peu trop bavard (je veux dire par là : philosophique) (les écrivains-philosophes me séduisent quand ils savent cacher leur philosophie) (Camus sait mieux le faire, me semble-t-il, dans ses récits) (mais je ne les ai pas encore relus).

Ce que j’ai vu

L’IA peut-elle faire de la philosophie ? Pour Raphael Enthoven, il est évident que non : l’IA ne sait pas formuler de problématique et d’ailleurs lui-même (Enthoven) a battu ChatGPT à l’épreuve du bac et en tire comme conclusion que même dans mille ans (le philosophe lit dans une boule de cristal, il sait qu’en philosophie il n’y a jamais de progrès) (c’est un rousseauiste plutôt qu’un voltairien) (dans le débat que j’ai lancé en classe d’informaticiens l’autre jour, Voltaire s’en sortait plutôt bien) l’IA ne sera pas capable de faire de la philosophie. C’était sans compter sur Monsieur Phi, qui déglingue en règle les élucubrations du philosophe de plateau télé (il y a quelque chose de jouissif à déconstruire les beaux discours vides des beaux parleurs qui épatent les journalistes).

Ce que j’ai entendu

Cette chanteuse, au Passion Vinyl Festival, j’ai déjà oublié son nom (sa musique, je l’oublierai vite aussi) (des reprises, un peu funk) (pas ma tasse de thé). Sinon ? Hors-saison : des chansons de Noël.

Ce que j’ai fait

Le prologue de l’atelier d’été, introspectif mais pas trop (il y des points qu’on préfère se contenter de frôler) (c’est le cas aussi dans mes écritures de 17h17, où le silence gagne sur l’écriture) (viendront des paroles fortes, déchirantes, craintes).

Journal du 30 avril au 2 mai 2024

Ce que j’ai lu

Michel Desmurget, La fabrique du crétin digital : écrivant ici, est-ce que j’y participe ? Osons espérer que non. La démonstration est pourtant convaincante : les écrans envahissent nos vies et ce n’est pas pour notre bien. Ce n’est surtout pas, selon Desmurget, pour le bien des digital natives, parce que malheureusement ce n’est pas sur ce blog qu’ils tombent, et que les écrans empêchent, à l’âge où c’est crucial (avant six ans, martèle-t-il, tout écran est à proscrire), l’interaction avec d’autres humains. Après, ça continue de nuire, ça entrave l’apprentissage de la langue et la réussite scolaire, ça favorise le tabagisme, l’alcoolisme, l’obésité et la dépression. Alors que faire ? Tout couper ? Sans doute pas, mais continuer à lire des livres en vrai, et en parler ici dans le but de donner envie aux accros de l’écran de parfois y échapper, à ces satanés écrans.

Ce que j’ai vu

Les séries, c’est du temps d’écran néfaste, si j’en crois Michel Desmurget. Les 100 n’échappe pas à la règle : violence à outrance et corps humains monstrueux (femmes anorexiques sauf de la poitrine et hommes aux torses de taureau qu’on ne croise que dans les salles de sport, et encore, une petite piquouze est bien souvent nécessaire pour gonfler de la sorte). Pourtant, je continue à consommer cette série et à y trouver mon compte (histoire de dopamine sans doute mais peut-être aussi allégorie de notre monde).

Ce que j’ai entendu

Very good trip : de la musique rock ou actuelle, histoire de ne pas être trop largué, même si j’oublie à mesure le nom des groupes (sauf Nirvana qui me ramène à mon adolescence : c’était la musique que mes copains écoutaient, mais pas moi) (trop décadent pour le sage môme que j’étais) (pourtant le désespoir de Kurt Cobain, son mal de vivre, ça aurait pu me parler) (sauf que je n’y pigeais rien, à ce romantisme-là).

Ce que j’ai fait

Cette chanson sur l’intelligence artificielle, je l’aimerais très bête mais pas trop cliché, tout en en étant bourrée, de clichés. Quadrature du cercle. Il ne s’agit pas de mettre le livre de Desmurget en musique mais pas non plus de faire l’apologie de ChatGPT (à qui je pourrais faire écrire un couplet, mais je crains que l’intelligence artificielle ne comprenne pas la consigne sois le plus con possible).