Journal du 13 au 15 juin 2024

Ce que j’ai lu

Achevé Silo avec comme un goût d’inachevé (il y a deux autres tomes). On ne sait toujours pas pourquoi ils sont enfermés dans ce silo. Mais n’est-ce pas notre lot commun ? Nous sommes enfermés dans des lieux absurdes sans espoir d’en sortir sinon les pieds devant (ce qu’ils appellent dans le silo le nettoyage) (ce monde de Silo me fait penser à celui, plus terrible parce que plus mécanique et condensé, du Dépeupleur de Beckett) (ce sont des allégories de ce monde, le nôtre, sur lequel nous avons si peu de prise).

Ce que j’ai vu

Ce monde, le nôtre, celui des voisins, la politique française regardée avec fascination, sidération et enthousiasme par un petit Suisse pépère qui rêve que chez lui aussi naisse un front populaire (mais le peuple suisse n’est pas le peuple français, ce qu’il aime, le peuple suisse, c’est la tranquillité, le gazon bien tondu, la propreté, l’ennui) (pas de grand récit en politique suisse, l’éloge permanent de la mollesse) (je surfe au hasard pour piger un peu leur épopée, à nos voisins, leur sentiment permanent d’écrire l’histoire, leur grandiloquence et leur sens du spectacle) (voilà que Mélenchon purge son parti, paraît-il, parce que deux jours d’union de la gauche c’est trop, semble-t-il, parce que perdre la main, jamais, semer le bordel, toujours) (pendant ce temps-là, en Suisse, c’est un syndicaliste socialiste qui démantèle la Poste).

Ce que j’ai entendu

Dans un tel brouhaha, peut-on encore entendre quelque chose ? Je peine à me concentrer sur la musique que j’écoute, comme si trop de mots saturaient l’espace (il y a eu un peu de Verdi, je crois, Offenbach peut-être, Gustav Mahler).

Ce que j’ai fait

Quant à faire des choses, là aussi, attendons que le calme soit de retour (on peut attendre un moment). Je me suis inscrit à l’atelier d’été de François Bon, ai écouté la proposition de prologue, me suis vaguement souvenu de ce que j’avais écrit la première fois, n’arrive pas à m’y recoller. Sinon, il reste la musique à faire, mais mes anches de clarinette sont trop faibles et la seule boutique qui en vend dans le coin est fermée. On joue quand même, à petites doses.