Journal du 13 au 18 janvier 2024

Ce que j’ai lu

Deux livres empruntés à la bibliothèque, deux mondes, celui de la vie automatique chez Christian Oster, celui de la survie et de l’exil chez Eric Bulliard. Et cette idée commune : partir, changer de vie. Le narrateur de La vie automatique met le feu à sa maison, rencontre une vieille actrice, emménage chez elle, suit le fils de cette actrice jusqu’au Japon, sans qu’on sache pourquoi il fait tout cela. Les protagonistes de L’adieu à Saint-Kilda vivent loin de tout, dans une île sans arbre, survivent en capturant des oiseaux, puis le monde arrive à eux, les décime en leur refilant ses maladies, les christianise, et les pousse à s’en aller, parce que leur vie ce n’est pas une vie, et les voilà à rêver d’Australie, de Californie (l’appel de l’or, obsession chez les auteurs suisses, depuis Cendrars) (j’y ai moi aussi cédé). Le hasard d’un côté, la nécessité de l’autre. Ce sont celles et ceux de Saint-Kilda qui m’ont fasciné, pas celui qui erre un peu partout sans se sentir concerné par quoi que ce soit (à la manière des héros de Jean-Philippe Toussaint première manière, vie en salle de bain, alors qu’à Saint-Kilda, il n’y en a jamais eu, de salle de bain).

Ce que j’ai vu

Cette série, Les 100, je crois que je croche (malgré le côté ado), sans doute parce qu’il est question de la survie de l’humanité et qu’il faudra bien un de ces jours se la poser, cette question de la survie de l’humanité, et se poser aussi la question de l’échec, puisque tout semble échouer dans ce monde, cette question dont parle Claro dans son dernier livre (encore un livre qu’il faudrait lire, un de plus).

Ce que j’ai entendu

Tant de noms notés, tant d’inconnus que les algorithmes me proposent (toujours à partir de ces compositrices que je vais chercher en demandant à Clara), ces gospels à foison à partir d’un nom, Doris Akers, en lisant La vie automatique, étrange moment (qui aurait plu, je suppose, à Christian Oster), et ces podcasts où s’entremêlent divas italiennes et contes de fées, puis la mort de la reine Astrid, qui met fin brutalement aux rêves de l’enfance. Si même les reines s’aplatissent contre des poiriers…

Ce que j’ai fait

Écriture ? Phase de reprise, peut-être (une seule phrase dans Grottes mais avec l’idée de m’y remettre à l’aide de l’atelier de François Bon) (une chanson nouvelle, Les filles de la piscine, peut-être quelqu’un pour les harmoniser, ces chansons, il y en a combien, une dizaine ?) (des vidéos sur les livres lus, encore et toujours, une nouvelle musique d’ouverture pour le numéro 300, histoire de me renouveler un peu) (de la musique avant toute chose : près de trois heures de clarinette le même soir, avec un souci, c’est qu’il faudrait y passer plus de temps les autres jours, pas seulement pendant les cours et les partielles, mais on fait tant de choses, par exemple acheter La guitare pour les nuls et tourner en boucle mais pas assez longtemps trois accords et ne pas oublier le piano mais là aussi en dilettante, bref qui veut trop embrasser mal étreint).