Notes d’écoute : bilan, douleur, archéologie

François Bon #2024 #2025 | je fais le bilan

Voilà une heure qu’il parle de ce qu’il fait et il fait beaucoup et parle beaucoup, parle de ses deux chaînes YouTube :

La 2ème est devenue la première

Journal de près, uniquement pour les abonnés Patreon

« Qu’est-ce que je me suis planté » (pourquoi ?) (il est question de littératube) (les chaînes à 25 abonnés passent à 28) (Facebook peu efficace) (sortir la tête de l’eau du web) « t’essaies, t’essaies, t’essaies », ne pas rendre compte de livres publiés (je fais le contraire)

Moi aussi, j’essaie, j’essaie, j’essaie. J’ai un peu plus que 28 abonnés (2427 pile au moment où j’écris, une goutte d’eau dans l’océan du web, mais pas rien, 2450 au moment où je transvase sur mon blog). François Bon expérimente, il ouvre des chantiers pharaoniques que je peine à suivre (Lovecraft, Balzac, ateliers d’écriture, je vois passer, je me dis qu’il faudrait aller y voir, y vais de temps en temps, mais c’est déjà la proposition 4 alors que j’ai à peine esquissé un truc pour la zéro, celle de mise en route, alors tant pis, on suit des chemins parallèles, je tente mes propres trucs, lis Derborence, parcours une fois par semaine mes lectures du moment, prends des photos à heure double (ne pas oublier, aujourd’hui, à 11h11), trouve un titre inspirant pour écrire je ne sais quoi (cela s’appellerait L’apéro-fantôme, et cela me rappelle que demain, j’ai invité des gens pour un apéro véritable et que les projets d’écriture devront attendre) (il y aura sans doute des traces de l’apéro en chair et en noce dans L’apéro-fantôme).

François Hadji- Lazaro, Fais-moi mal, Johnny

La violence conjugale, devenue purement masculine (Boris Vian, pour une telle chanson, serait cloué au pilori).

Le masochisme n’est plus à la mode, mais le sadisme oui, ce qui crée un certain déséquilibre. Entre hommes consentants, tout est permis, a-t-on envie de penser, mais on hésite, il y a des limites, non ? N’étant ni sado ni maso, je ne sais pas. La série noire, je la lis, c’est tout.

Nouveaux moyens, nouveaux financements, nouvelles problématiques en archéologie – Jean-Paul Demoule

… Moyen-Âge : identité ethnique des textes contredite par les tombes ; période de révolution industrielle (urbanisation) ; archéologie jusqu’au 20ème (conflits, vie quotidienne) ; évolution du climat sur la très longue durée ; relations entre l’idéel et le matériel ; question des identités nationales ; rapport avec l’au-delà et les représentations ; naissance des inégalités et de la violence (qu’on peut dater) : tout ça est traité par l’archéologie.

(et aussi : les poubelles du monde contemporain très intéressantes, plus que la sociologie) (j’exagère)

Archéologie ≠ Indiana Jones

Les archéologues de demain, qu’inféreront-ils de ce qui jonche les sols d’aujourd’hui ? Ils risquent, si tout n’est pas pulvérisé, de crouler sous la masse des choses qui partout prolifèrent et les questions que se posent les archéologues d’aujourd’hui leur paraîtront bien maigres en face de l’océan d’étrangetés qu’ils découvriront sans rien y comprendre sinon que cette civilisation n’a pas cessé de produire tout et n’importe quoi, des choses, des choses et encore des choses et que c’est sans doute pour cela, feront-ils l’hypothèse, que tout s’est effondré. Quant ils tomberont sur Indiana Jones, ils seront à plat ventre de rire.

Perdu dans ma bibliothèque

un petit bout de ma bibliothèque

La question était déjà posée par Georges Perec dans Penser/Classer : comment ça se classe, une bibliothèque ? Complétons : quand cela cela se classe-t-il, une bibliothèque ? Réponse : quand on la déménage. Mais voilà qu’un autre problème se pose : ce livre que je sais se trouver quelque part dans ma bibliothèque, ce livre précis que je sais avoir lu, où se trouve-t-il ? Mon classement : hybride, mi-genre, mi-alphabétique, mi-éditeurs, mi-taille-des-bouquins, mi-lu-pas-lu. Mon classement : une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Bref, il me faut pour pas plus tard qu’avant-hier Et c’est ainsi qu’Allah est grand d’Alexandre Vialatte. Réfléchissons :

  1. Genre : chroniques littéraires, mais il est certain qu’il n’y a pas dans ma bibliothèque un lieu pour les chroniques littéraires, cela doit donc se trouver dans la littérature inclassable, car Alexandre Vialatte est un auteur inclassable, et c’est ainsi qu’Allah est grand.
  2. Alphabétique : V, soit vraisemblablement tout près de Vian, Boris, lui-même éparpillé (je retrouve L’arrache-cœur puis L’écume des jours puis L’herbe rouge et En avant la zizique à trois endroits différents, et je ne parle même pas de J’irai cracher sur vos tombes qui ne se trouve pas sous Boris Vian mais sous Vernon Sullivan) mais nulle trace de Vialatte à côté de Vian, et c’est ainsi qu’Allah est grand.
  3. Éditeur : aucune idée de qui a édité Vialatte, Internet me dit Presses Pocket mais ne me dit pas où trouver Presses Pocket dans ma bibliothèque, d’autant plus qu’il me semble que ce n’est pas en poche que j’ai lu Vialatte (erreur de jugement, puisque c’est bien en Pocket que finalement je le retrouverai, et c’est ainsi qu’Allah est grand).
  4. Taille des bouquins : comme je suis persuadé que ce n’est pas un livre de poche, je cherche parmi les gros bouquins, et ce n’est pas ainsi qu’Allah est grand.
  5. Lu-pas-lu : lu, c’est certain, mais la bibliothèque des livres lus est beaucoup plus vaste que celle des livres pas lus, et ce n’est toujours pas ainsi qu’Allah est grand.

Bref, au bout d’une demi-heure, je retrouve le bouquin et pour ne pas l’avoir sorti pour rien, en voici un extrait :

Les chats sont des sales bestioles qui lacèrent les fauteuils et font pipi au milieu des salons, après quoi ils vont s’établir sur les genoux d’une dame respectable, une présidente de confrérie, une grand-mère de parents d’élèves, une lauréate de jeux floraux infiniment maigre et savante. Tel est l’avis de plusieurs personnes autorisées. Ce sont des choses qu’on ne permettrait même pas à un vieux général en retraite tout couvert de décorations, ou au premier vicaire d’une paroisse distinguée. À un igame, à un banquier utile, à un diplomate en fonction. Et que font les dames ? Elles disent : “Minou, minou, minou.” On voit par là combien le mal est profond.

Alexandre Vialatte, Et c’est ainsi qu’Allah est grand, Julliard, 1979.

Et puisqu’en cherchant Vialatte, je suis tombé sur Vian, le voici :

Et pour les retrouver, ces objets-là, on fait comment ?