Journal du 29 septembre au 2 octobre 2024

Ce que j’ai lu

Des livres où l’on plante des couteaux ou des tournevis, des livres où l’on tire, où l’on tue et où cela ne va pas de soi. Salman Rushdie a survécu au couteau mais un homme est mort à cause d’un coup de tournevis, ce n’est, disent-ils qu’Un fait divers, autour duquel tourne François Bon, et voilà un autre meurtre, cette page si lue et relue qu’on en oublie la sidération, cet homme qui un tue un autre sur une plage, ce couteau de l’Arabe et les quatre coups de feu de Meursault. Il tue à cause du soleil, affirme-t-on, mais tuer un Arabe, en Algérie, ce n’est pas tuer n’importe qui, et le soleil a bon dos. Je lis aussi un livre sur l’empathie (on ne passe pas tous notre vie à tuer les autres et au chevet de Salman Rushdie il y a des gens du monde entier).

Ce que j’ai vu et entendu

Trop (et jamais assez) de propos politiques, se boucher le nez devant la fachosphère, le déni de démocratie, l’extrême-droite partout hurlante, la biodiversité piétinée, mais ne pas se boucher les oreilles. Le monde qui crie et qui geint, les femmes qu’on viole, les enfants assassinés. Je n’arrive pas à écouter vraiment. Je mets à distance. Je ne sais pas quoi faire.

Ce que j’ai fait

Je boutique dans mon coin, je fais mes petites affaires, tiens un carnet de bribes, chante sans voix, essaie de parler de poésie. On fait ce qu’on peut, dit-on, mais on peut peu.

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