Journal du 2 au 10 juillet 2024

Ce que j’ai lu

Papillonnage de début de vacances, entre Silo, Les naufragés du Wager, Albert Camus, Jacques Chessex, Hergé (ce Quick et Flupke que m’a prêté une gamine de deux ans et demi) et autres réflexions sur la fin du travail, la sécession et que sais-je encore. Rien ne se cristallise, je lis comme dans un apéritif dînatoire, sans plat de subsistance (au fond, c’est bien Quick et Flupke, la lecture qui convient en de telles circonstances, ça dure deux pages, ça n’est pas compliqué à comprendre, c’est marrant et ça te prend pas la tête, mais le problème, c’est que c’est court et qu’il faut déjà que je demande à cette petite si elle n’a pas d’autre album à me prêter).

Ce que j’ai vu

Miroir… Mon beau reflet. Ce sont des jeunes qu’on dit en rupture ou en souffrance ou inadaptés, mais ils sont plus beaux que le reflet que la société en donne. Sur scène, ils sont bourrés de talents, ils dansent, ils (elles surtout) chantent, ils font des acrobaties et c’est avec leurs propres mots et leurs propres dessins intérieurs, que nous les voyons dire ce que la violence du monde voudrait taire, révélant que s’ils ont l’air inadaptés c’est peut-être d’abord parce que la société elle-même est inadaptée.

Le Comte de Monte-Cristo. Lui aussi, la société lui fait payer le prix fort. La société, ce sont trois hommes : un capitaine sans honneur, un procureur ambitieux, un jaloux. On connaît la suite : l’île d’If, l’évasion, la vengeance. Le film vaut-il le livre ? Question sans fin (d’autant plus quand on a un peu oublié le bouquin). Ce qui est réussi, c’est l’incarnation d’Edmond Dantès par Pierre Niney , qu’on voit petit à petit s’assombrir sans perdre son panache. Le reste est classique, mais ne boudons pas notre plaisir (même si le livre permet de plonger plus profond, toujours).

Ce que j’ai entendu

Des vies de peintres (Berthe Morisot, Claude Monet, Edgar Degas, Francis Picabia, Paul Gauguin…) ou comment dire la peinture sans la montrer. J’écoute (parfois d’une oreille) et j’imagine, refusant la facilité d’aller voir. Regarder la peinture sans les tableaux, regarder la peinture avec une seule oreille (il n’est pourtant pas question de van Gogh), en rester à l’impression qu’on peut en avoir sans avoir rien vu (une sorte d’impressionnisme au carré).

Ce que j’ai fait

Rattraper le retard pris dans les quarante jours d’écriture, écrire en vrac, un peu de tout, reprendre sans vraiment la reprendre cette histoire de Séraphine à laquelle il faudra bien un jour que je me confronte à fond, mais le reste du temps continuer mes papillonnements, mes petites chansons et mes grattages. Rien ne mobilise toute l’énergie. On se laisse aller à créer un peu, à inventer en dilettante, à n’être qu’un écrivain et un musicien du dimanche.

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