Dernier rush de boulot, on en viendrait presque à oublier la lecture et la culture, mais pour mieux s’y replonger dès demain. Saisir ici néanmoins quelques bribes.
Ce que j’ai lu
Franck Thilliez : thriller à la française. Comment traduire thriller ? Je découvre que les puristes écrivent thrilleur comme s’il s’agissait de trier des pommes de terre dans la cave alors que dans les caves des romans de Franck Thilliez on découvre de plus horribles choses issues de cervelles psychopathes et sadiques (les deux à la fois, des espèces de monstres au carré). Pourquoi lire de telles dégueulasseries ? L’instinct pervers, le penchant voyeuriste, patati, patata (dans la cave, chez nous, il n’y avait que cela, des patates à dégermer, aucune peau d’aveugle à tanner, aucun cochon à revêtir d’une robe à fleurs, aucun suspect à torturer, peut-être que c’est pour ça qu’on lit des thrilleurs, pour échapper à la corvée de patates).
Ce que j’ai vu
Rien vu. La mémoire n’a rien retenu. Rien ? Vu la pluie tomber.
Ce que j’ai entendu
Il était question de Fauré, qu’elle s’obstinait à nommer Forêt, et le puriste en moi, celui qui désormais écrit thrilleur, s’énervait de cet appauvrissement des voyelles dans la langue française, dont bientôt ne resteront que les naissances latentes. Déjà qu’entre pâtes et pattes ils n’entendent pas que ça n’a rien à voir mais même si les è et les é ils confondent, où va-t-on ? Et, par exemple, on nous apprenait qu’il fallait dire é pour ne pas mélanger avec est, qu’on prononçait è, alors que les jadis on disait lè, mais (qu’on prononce mè parce qu’on n’est pas encore au mois de mé) après l’énervement du linguiste vient l’apaisement du musicien quand ne reste que la simplicité des airs de Fauré.
Ce que j’ai fait
Écriture ? La source n’est pas tarie mais ce n’est qu’un filet qui coule. Il y a cette chanson, Journal intime, mais puisqu’il s’agit d’un journal intime (pas le mien, le sien), je ne peux rien en dévoiler, et il y a cette autre chanson, la première en français que j’essaie à la guitare, une chanson qui revient en boucle depuis l’enfance jusque dans mes granges les plus intimes avec dedans un prénom qui revient souvent lui aussi.