Lewelyn & Lereculey : Les 5 Terres

Un mélange de Game of Thrones et des fables de La Fontaine, voilà à quoi ressemble la série de bandes dessinées Les 5 Terres, scénario de Lewelyn, dessin de Jérôme Lereculey, couleur de Dimitris Martinos, publiée aux éditions Delcourt.

Dans le premier cycle, on se trouve sur l’île d’Angleon, le centre du pouvoir, qui est bien sûr entre les mains des félins, mais pas des lions. Les albums du premier cycle sont :

  1. De toutes mes forces (2019)
  2. Quelqu’un de vivant (2020)
  3. L’Amour d’un imbécile (2020)
  4. La Même Férocité (2020)
  5. L’Objet de votre haine (2021)
  6. Pas la force (2021)

Dans le deuxième cycle, on s’en va à Lys, le royaume des singes et plus encore des guenons. En voici les albums : L’heure du cadeau (2021), Plus morte que morte (2022), Ton rire intérieur (2022), Réapprendre la peur (2023), Tomber vraiment (2023) et La première à mourir (2023).

En attendant le troisième cycle, on en découvre un peu plus sur Demeus Lor, personnage important du premier cycle, dans un album scénarisé par Lewelyn, dessiné par Sylvain Guinebaud et colorisé par Dimitris Martinos, publié en 2024 aux éditions Delcourt.

Journal du 3 au 4 mai 2024

Ce que j’ai lu

Lecteur amateur de bande dessinée, je feuillette un album des 5 Terres. Cela se passe dans un monde de singes où ce sont les femelles qui dominent, un monde de clans et de gangs, un pseudo-Japon fantasmé. Non seulement c’est de la bande dessinée mais c’est aussi de la fantasy, genre dont je suis également peu familier. Lire en amateur, qu’est-ce que ça signifie, quand on est aussi un professionnel de la lecture ? Est-ce condamner la bande dessinée et la fantasy à ne demeurer que des divertissements ? Lit-on autrement qu’en amateur ? Je lis sur mon fauteuil à oreilles tout et n’importe quoi. Je ne lis qu’en amateur. Ce n’est qu’après que ma lecture se professionnalise parfois (et encore).

Ce que j’ai vu

Dans ses cours au Collège de France de l’année 2021, Patrick Boucheron part en quête de la peste noire. Il la traque d’abord par la fiction, abordant l’Histoire d’une façon qui semble s’écarter de la démarche historique pour mieux y revenir au moment où l’on ne s’y attendait plus. Il passe par Antonin Artaud, par Samuel Beckett, par le Festival d’Avignon et soudain : 1348, dans le port de Marseille, un bateau venu d’Asie ; 1720, dans le port de Marseille, un bateau venu d’Asie ; 1983, la peste s’appelle SIDA et elle tue Michel Foucault. On peine à suivre Patrick Boucheron qui pense devant nous (les rares qui suivaient le cours en direct, les autres qui tombent dessus plus tard) mais on aime se sentir perdu devant une telle pensée.

Ce que j’ai entendu

Nico, The End : ce souvenir, dans ma voiture, en 2016. J’avais audition de clarinette juste après. Un coup fil : le décès de mon grand-père (on est le 4 mai, il aurait eu 102 ans aujourd’hui même). Il y a bien un moment où c’est la fin. La musique sert aussi à ça, repenser à celles et ceux qui ne chanteront plus (une semaine avant sa mort, il chantait encore, mon grand-père, Galé Gringo) et écouter Nico avec en surimpression les Armaillis de la Gruyère, c’est une expérience assez déstabilisante.

Ce que j’ai fait

Celsius, c’est relancé. La création collective, c’est enthousiasmant. Ça devait avoir lieu en 2020, en 2022, etc. Ce sera pour 2026. Une histoire de monde qui meurt et qui renaît, une histoire qui rappellera celle de notre monde (pour l’instant, il meurt, notre monde, et nous l’y aidons grandement). Retrouver la chaleur humaine (celle du monde d’après, qu’ils disaient), ce sera le message de Celsius. En espérant qu’il ne soit pas trop tard.