Ce que j’ai lu
Correspondance de Flaubert (1879, un an avant sa mort) : il se casse la guibole, se plaint de ses lectures métaphysiques (pour Bouvard et Pécuchet) et de ce que tout le monde lui écrit les mêmes mots. La vie du monde ? Il s’en éloigne, l’ironie confinant au cynisme. On rit et on souffre avec lui. On aime.
Ce que j’ai vu
Le dernier Tarantino (si je n’ai rien loupé), Once upon a time in Hollywood, un film certes pour cinéphile averti mais j’avoue n’avoir pas été trop déstabilisé par mon ignorance : ça se regarde bien, on plonge dans les années soixante, les vieux westerns, les stars qui dépriment, les hippies de la famille sous l’emprise d’un psychopathe, et on est gratifié à la fin d’une scène bien gore où le sang pisse à grand flot comme il se doit (et toujours cette distance, chez Tarantino, qui crée le rire et le malaise).
Ce que j’ai entendu
Brève cure de Géopolique, histoire de sonder un peu l’ignominie du monde, écouter Gaza, écouter l’Ukraine, écouter Trump à petites doses, tenter d’y comprendre (c’est peine perdue) quelque chose (l’actualité immédiate, l’écume, je n’écoute plus, c’est trop déprimant) et se sentir proche de Flaubert retiré à Croisset qui se perd dans des imbécilités métaphysiques plutôt que dans des horreurs terre à terre.
Ce que j’ai fait
Pas grand-chose : sempiternels accords de guitare et gammes de clarinette, écriture de silence (ce serait une sorte d’idéal : écrire le silence) (mais quand l’idéal reste infiniment loin, le spleen revient, forcément).