Notes d’écoute : mythes

Pourquoi ça vaut le coup, les mythes ? | Quand les dieux rôdaient sur la terre

Si le mythe parle, séduit, c’est parce qu’il fait agir des êtres singuliers. Mythe = le monde : on entre dans le mythe, en se retirant du monde normal ; immersion dans un passé lointain, contrepoint du présent. Aujourd’hui : le passé, le vrai, contient déjà tout ; révélation religieuse qui dit tout : idolâtrie du passé à l’emprise puissante, contraire de la liberté. Mythes = faisaient [heminer ? je n’arrive pas à me relire] librement.

Les mythes ne sont pas l’Histoire, ils jouent avec elle. Est-ce que l’on croit aux mythes ? On voudrait bien mais on n’est pas dupe, alors que de l’Histoire, oui, on est dupe. On idolâtre non pas le passé réel mais une vision du passé qui nous arrange. Les mythes ne nous arrangent pas toujours. Les dieux n’y sont pas parfaits, les hommes non plus. Et on est libre d’heminer si on veut heminer, parce qu’un mythe n’énonce pas le sens qu’il faut lui donner. Il raconte et nous rêvons.

Fabrizio Dori : Le dieu vagabond

Quand la bande dessinée s’empare des religions, surtout quand il s’agit de Fabrizio Dori, déjà rencontré dans Le divin scénario, c’est pour mieux la mettre à distance, comme dans ce satyre égaré en un temps où l’on ne croise plus guère de dieux grecs, dont les aventures nous sont racontées dans Le dieu vagabond, publié aux éditions Sarbacane en 2019.