Dans ce trente-neuvième journal de lecture de l’année 2026, je passe en revue mes lectures. En plus de la vidéo ci-dessous, vous trouverez les notes prises après chaque moment de lecture, sur un fond de couleur différent pour chaque livre.
0:49 Alix Cléo Roubaud, Journal
7:45 Patricia Highsmith, La rançon du chien
12:35 Bernard Droz, Evelyne Lever, Histoire de la guerre d’Algérie 1954-1962
17:28 Paul-Louis Courier, Pamphlets politiques
Sur la terrasse, terminé le Journal d’Alix Cléo Roubaud, « assister, incrédule, au temps ». Il est question d’une maladie dont elle guérira, et sur la dernière elle est assise, pensive, alors que Jacques, au lit, lit le journal.
Sur la terrasse, deux lettres particulières de Paul-Louis Courier, où il raconte comment fut accueilli Benjamin Constant (bien par le peuple, mal par les nobles) : « Ils lui demandaient raison. Je vois bien, leur dit-il, que c’est ce qui vous manque » ; il raconte aussi les « élections » où il obtint 4 voix.
Sur le fauteuil jaune, deux textes sur la photographie en appendice au Journal d’Alix Cléo Roubaud : « Toute photographie est un souvenir […] Les seules vraies photographies sont les photographies d’enfance […] La photographie, c’est le vol. »
Sur la terrasse, Histoire de la guerre d’Algérie, on exproprie, on exproprie, on exproprie.
Dans le train Cousset-Fribourg, La rançon du chien, la mécanique avance inéluctablement : la petite amie se barre, le coupable est relâché, tout va de mal en pis.
Dans le train Fribourg-Cousset, La rançon du chien, où la perversité du Rowajinski se déploie non plus du côté des possesseurs du chien mais du flic, qu’il attaque par son point faible : sa petite amie.
Dans le fauteuil jaune, Histoire de la guerre d’Algérie ; après avoir affirmé que « la politique d’assimilation fut en fait une politique de soumission », le chapitre 2 décrit la rupture des grands équilibres coloniaux dans la première moitié du vingtième siècle et la naissance de mouvements nationalistes, parfois très modérés, issus de la maigre élite musulmane (Ferhat Abbas), parfois nettement plus engagés, autour de Messali Hadj.
Sur le fauteuil jaune, « L’Algérie en 1954 », pays où les inégalités explosent entre colons et indigènes et où les nationalistes ont deux possibilités : l’action légale ou l’insurrection. Le problème : l’action légale, on a beau essayer, ça ne marche pas, le peuple s’appauvrit et la révolte gronde.
Dans le train Cousset-Fribourg, La rançon du chien, le flic pète les plombs, il menace physiquement le kidnappeur de chien, qui en profite pour se remettre aux lettres anonymes. Ça risque de mal finir…
Sur le fauteuil jaune, la guerre d’Algérie est déclenchée par l’insurrection du 1er novembre 1954, assez désordonnée mais suscitant une réaction sans pitié des autorités françaises qui arrêtent à tout va des gens qui n’ont rien à voir avec les attentats (le ministre de l’Intérieur, un certain Français Mitterrand, ne fait pas de quartiers).
Dans le train Cousset-Fribourg, La rançon du chien, ce policier, Clarence, on aimerait avoir de la sympathie pour lui, mais il accumule les bourdes. Tout le monde le lâche. Autre impression désagréable : le racisme latent. On appelle le méchant le Polonais et quand un viol a lieu, l’auteur est noir et Clarence (ou l’autrice ?) déclare : « Dommage que New York ait été envahi de Noirs et de Porto-Ricains plutôt que de représentants d’une race plus évoluée qui auraient peut-être amélioré la situation. »
Dans le train Fribourg-Cousset, La rançon du chien, où cette fois il y a mort d’homme (il a fallu 230 pages…) et où ne sait plus qui sont les bons et qui sont les méchants.
Sur le fauteuil jaune, Histoire de la guerre d’Algérie, gouvernement Coustelle, d’abord ouvert à la discussion puis laissant de plus en plus le champ libre à la répression (au août 1955, ça pète à nouveau).
Dans le train, entre Cousset et Belfaux, La rançon du chien, cette fois ça tourne au roman policier classique sauf que le flic n’est pas tout à fait innocent.
Dans le train Fribourg-Cousset, La rançon du chien, l’étau se resserre, le monde s’écroule, mais Clarence fait comme si tout pouvait s’arranger.
Dans le train Cousset-Fribourg, La rançon du chien, Clarence peine à se rendre compte qu’il est devenu un meurtrier et que ça pourrait choquer les gens.
Sur la terrasse du Café du Midi, La rançon du chien, on s’invite entre gens de la bonne société et l’on cause du meurtre commis par l’un des invités (malaise…).
Dans le train Fribourg-Cousset, La rançon du chien, tout se précipite puis on fait comme si. Soudain, Clarence se rend compte de son crime.
Sur le fauteuil jaune, La guerre d’Algérie semble stagner, mais les forces politiques indigènes se rapprochent et optent pour l’indépendance pendant qu’en métropole on mobilise les troupes.
Sur le fauteuil jaune, Histoire de la guerre d’Algérie, en 1956, on négocie, on complote, on s’enlise, la discorde règne au sein du gouvernement Guy Mollet mais aussi du FLN, et en plus, la crise s’internationaliste, avec Suez, où la France perd le peu de crédit international qui lui restait.
Sur le fauteuil jaune, la guerre d’Algérie, en 1956-57, devient un sujet international, le FLN trouvant des alliés un peu partout. La France continue la répression, ce qui n’empêche pas ses ennemis de se réunir en congrès et d’y prôner la collégialité (théorique).
Sur la terrasse, la bataille d’Alger fait rage ; le FLN en sort vaincu, mais l’armée française n’en sort pas grandie.
Sur la terrasse, Histoire de la guerre d’Algérie, chapitre 3, « Les réalités d’une guerre », la torture, bien sûr, mais aussi l’économie (à la baisse) et les quelques sympathisants français au FLN.