L’adieu de la conversation littéraire
Rapport à soi, creuser, puis l’offrir aux autres. Lire soi-même = exposer son corps. Atelier d’écriture : pratique du corps ; théâtre : mettre en jeu le corps, mise en voix fait exister le texte différemment ; « Je lis toujours à haute voix » ; quand j’adresse une phrase à quelqu’un, je vois ce qui ne va pas. Textes collectifs : les choses se déploient après avoir été recroquevillées, la littérature est adressée à aventure collective : on s’adresse les uns aux autres. Lire à haute voix, c’est complètement différent : quelque chose arrive, on détecte certaines choses : « J’écris tout haut », scansion à chaque fois différente ; « Écrire à haute voix, j’aime beaucoup cette expression. » (Mathias Enard)
Moi aussi, est-ce que j’écris à haute voix ? Cela peut arriver mais l’écriture va trop vite pour la voix. Quant aux ateliers d’écriture, je n’y ai participé qu’en ligne, où les voix sont plus lointaines, comme étouffées par la distance. Adresser l’écriture ? Toujours, même si l’adresse reste floue (quelques amis, ça me suffit). Pratique du corps ? Le problème, c’est qu’on écrit assis. Il faudrait se lever. Creuser mon rapport à moi-même puis l’offrir aux autres ? Oui, même si les autres souvent ne saisissent pas l’importance de ce don. S’ils écrivent aussi, c’est plus facile, peut-être.