François Nicolas : Duelle
Elles te font peur, ces nuits (une voix couvre la voix parlée) (on ne comprend pas) abandonné (ce qu’elles disent) (piano, violon) et toi, pas un regard sur (ou pour) toi, il n’a de regard sur rien … insupportable … crucifixion … tu m’agaces avec ta foi … infranchissable … deux solitudes croisées (la voix chantée, c’est en allemande, je crois) Sternen … (je n’arrive pas à retranscrire d’autres mots) silence … ton ennemi … je me souviens … nul n’a raison d’accepter l’inacceptable … un jour (c’est une autre voix, peut-être la voix chantée, mais qui parle, une alto ou une mezzo) (il y a aussi du clavecin, semble-t-il) il ne peut plus le perdre, je le sais … frontière, il me fait danser … cette indifférence … nous sommes deux … (la voix chantée est passée au français, mais je n’y comprends pas un mot de plus qu’en allemand) caresse … sans pitié (musique de François Nicolas).
Ces voix, ces mots, ces langues qui se mélangeaient, que me faisaient-elles ? Était-ce à moi que ça parlait, que ça chantait ? J’écoutais et j’essayais de comprendre, mais elles ne voulaient pas, ces voix, que je les comprenne, là n’était pas l’enjeu. Où était-il, l’enjeu ? Cela n’avait rien d’un jeu, il était question de quelque chose d’insupportable et d’indifférence. La musique ne m’était ni insupportable ni indifférente mais elle m’échappait. Les voix s’échappent sans cesse, tentent de trouver leur âme sœur, croient y parvenir, se rendent compte trop tard qu’elles ne parlent pas la même langue. Alors, sans pitié, elles se taisent. Crucifixion des voix. Elles me font peur, ces nuits … je ne comprends pas … ça parle allemand dans ma tête.