Notes d’écoute : le savant et le politique

Face à l’immigration, le savant et le politique – François Héran (2025) | Leçon de clôture

Migration internationale : phénomène multidisciplinaire ; écart se creuse entre les discours et les pratiques. 2017 : programme qui met chaque année en avant une autre discipline (manque : langue et migration ; éthique et migration). Collègues abordent cette question : Quintana-Murci, Didier Fassin. Conviction profonde : migrer entre les disciplines, sociologie, anthropologie, démographie, … Murs entre les disciplines ≠ murailles = murets. Première discipline : philo, puis redescendre sur terre, anthropologie sociale et historique (1973), puis s’astreindre à la statistique. Enquêtes de sociologie rurale en Andalousie ; les paysans migraient dans toutes les directions. Fin de carrière : deux circonstances poussent à diversifier, Institut Convergences Migrations, concours où entraient en compétition toutes les disciplines, laboratoire externe pour la chaire ; 2. Article 34 du Collège de France : « Renouveler le contenu chaque année. »

Et pendant que le savant s’épuise à démêler le nœud complexe d’un phénomène global, les politiques disent n’importe quoi, suivant le sens du vent mauvais qui les entraîne vers les pires décisions, afin de mettre fin à l’explosion imaginaire de l’immigration et à un grand remplacement fantasmé que le pauvre François Héran a beau chercher sur ses graphiques mais en vain parce que les faits sont têtus : l’immigration réelle n’a rien à voir avec l’immigration telle qu’elle est racontée par les politiques que relaient bêtement les médias. C’est que les politiques, comme les faits, sont têtus. Quand ils ont une idée en tête, rien ne peut l’en déloger, surtout quand cette idée leur rapporte des voix. Les politiques ne regardent pas les mêmes graphiques que François Héran (qu’ils traitent au passage de wokiste, histoire de le disqualifier aux yeux de leurs électeurs) : ils constatent que la peur incite à voter pour eux, même si cette peur ne repose sur aucun fait. Alors, les faits, au fond, se disent-ils, c’est relatif. Les savants continuent pourtant à s’accrocher à la réalité, jusqu’à ce que les politiques le leur interdisent.

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