Journal du 2 au 7 octobre 2024

Ce que j’ai lu

Où ai-je entendu (ou lu) qu’il est bon parfois de lire avec distraction ? J’entre dans Le veilleur du jour de Jacques Abeille ainsi, sur la pointe des pieds, surpris par l’orage et par cette servante dans ce lit d’auberge, pris soudain dans une rêverie où se mêlent mes pensées du jour et mes obsessions de la nuit. Qu’ai-je lu ? Les pages se tournent toutes seules et ce n’est que bien tard qu’on apprend le nom du personnage : Barthélémy Lécriveur. Déjà un nouveau songe m’emporte. Ce cauchemar, l’autre nuit, est-ce que n’était pas uniquement le souvenir d’une page de bande dessinée ?

Ce que j’ai vu et entendu

Henry Lehman débarque à New York. Il ouvre une boutique de coton. Son frère le rejoint, puis un autre frère, la tête, la main et la patate. Les frères Lehman grandissent. Ils deviennent Lehman Brothers, bank of Alabama. Les fils des frères Lehman grandissent, ils gonflent, ils sont à deux doigts d’exploser, ils investissent dans le pétrole, le train, la télévision, les subprimes, puis c’est 2008, la faillite, la crise mondiale, le capitalisme décapité. Cette histoire, a priori, ne donne pas trop à rêver. Il y est question de gros sous, de chiffres, de chiffres et de chiffres encore auxquels personne ne comprend rien sinon que ça n’a aucun sens, mais voilà qu’un certain Stefano Massini s’en empare, écrit un livre à ce sujet, et que Thierry Romanens transforme ce livre en épopée, en délire musical, en fable, et qu’on ressort de l’histoire de ces banquiers juifs à la fois épaté, outré et léger.

Ce que j’ai fait

Je toilette mes chansons. Elles sont quinze. J’en suis presque content. Il reste à passer le témoin (mais qui en voudra ?). Je commence aussi à trouver le ton de mes nouvelles écritures de 17h17, une photo puis vingt lignes, pile vingt lignes, avec un je qui cherche à s’émanciper de moi. L’an prochain, on prendra des photos à des heures plus aléatoires.

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