Journal du 1er au 2 mars 2024

Ce que j’ai lu

Lire ce que c’est que lire, Faites-les lire ! Michel Desmurget cherche à en finir avec le crétin digital (son livre vedette que j’ai acheté mais pas encore lu). Il démontre, études à l’appui, les bienfaits de la lecture, après avoir constaté et déploré la baisse à la fois du temps et du niveau de lecture dans nos sociétés envahies par les écrans. Il insiste sur la lecture partagée, sur le rôle de la famille, sur l’acquisition d’un vocabulaire consistant, sur les difficultés posées par l’apprentissage de la lecture. Bref, on lit ce livre en étant rassuré sur soi-même, grand lecteur, espèce en voie de disparition, mais en étant inquiet pour nos jeunes, pour qui lire et écrire deviennent (le prof que je suis ne peut que confirmer le diagnostic) de plus en plus une pratique étrangère à leur quotidien. Faire lire, plus que jamais nécessaire (je n’avais pas besoin d’être convaincu, j’ai maintenant de nouveaux arguments).

Ce que j’ai vu

La femme du boulanger de Pagnol, à Équilibre : tous les clichés de la Provence début de siècle, avè l’assent, le pauvre boulanger que sa femme trop belle trompe avec un berger piémontais, tout le village qui cherche à consoler le pauvre cocu, une histoire simple mais qui vieillit mal (ce gros type un peu nunuche, si j’avais été sa femme, je crois que moi aussi, le berger piémontais qui chante la sérénade, j’aurais été tentée, et le sempiternel débat du curé et de l’instituteur, que tout cela me semble daté, mais le public, daté lui aussi, apprécie, et moi aussi, je passe un moment agréable).

Ce que j’ai entendu

Toujours le hasard des algorithmes, taper le nom d’une compositrice, Vania Angelova, écouter un titre d’elle, puis laisser la machine décider de la suite : Pearl Django, Avishai Cohen, Gypsy Swing Revue, Opo Tsupa, Armik, Cesaria Evora, Al Marconi, Duo Gadjo. Ambiance jazzy, manouche ou tropicale, je lis Faites-les lire ! en cette charmante compagnie musicale et aimerais demander au professeur Desmurget ce que l’alliance de la lecture et de la musique fait à notre cerveau.

Ce que j’ai fait

Concert annuel de la Concorde : prestation honorable, même si toujours la même frustration technique, les doigts qui peinent, les traits qui ripent, le départ de la Sérénade qui foire (en ce qui me concerne ; l’ensemble s’en sort mieux que chaque instrumentiste individuel). Difficile néanmoins de prendre du plaisir à l’exercice (quinze ans d’apprentissage et d’acharnement à la clarinette pour un résultat toujours aussi laborieux alors que chanter, sans jamais avoir pris de cours, ça vient tout seul, et pourtant, ces temps, je ne chante plus).

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