Le point J – Faut-il supprimer les notes à l’école ?
Faculté de médecine de Fribourg : pas de notes. Historienne de l’éducation, Sylvianne Tinembart : traces de notes au 17e dans les collèges jésuites, 6 appréciations (comme 1 à 6 aujourd’hui en Suisse). 19e : développement de l’instruction publique, filières plus exigeantes ; dictée : pur produit pour assigner des notes (1860-1870) ; archive 1972 : on n’ose pas faire signer le carnet.
Tentatives de suppression des notes, abandonnées ; notation socialement facile à comprendre. Notes : profitent en terme de communication plus qu’en terme d’apprentissage. Dictée : mélange tous les types de fautes, donc on ne peut pas cibler. Prof : ne croit pas à l’objectivité de la note. Rédaction : le correcteur oublie l’objectif, construire un texte. Proportion de mauvais résultats toujours la même. Evaluation critériée : système formatif, objectifs (on regarde ce que l’élève arrive à faire). Sans évaluer de manière chiffrée, on peut mettre le doigt sur ce qu’il faut travailler avec les élèves ; moins de tensions, détend le climat. Ville de Lucerne supprime les notes. Vincent et Pierre : master en médecine à Fribourg, pas de notes mais des évaluations avec des corrigés. Feed-back. Notes : moteurs pour travailler mais quand on s’approche du monde professionnel,c’est moins nécessaire.
Vieux débat que celui de la note ? Cela s’appelle, avais-je appris, la docimologie, science (ou art, ce serait plus juste) de l’évaluation. Certes la note est un point de repère pour savoir où l’on se situe, si on a atteint les fameux objectifs dont on nous bassine depuis des années, mais si on se contente de la note, on ne peut en effet pas progresser. La dictée n’a d’intérêt que dans la phase de correction. Quant à l’évaluation critériée, elle est, me semble-t-il, devenue la norme. Le problème, c’est que supprimer les notes dans un monde qui passe son temps à tout noter et à tout chiffrer, c’est aller à contre-courant, ce qui est tentant mais la voie de l’évaluation qui permet à toutes et tous de progresser est une voie tortueuse qu’il n’est pas toujours aisé de suivre.